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La nuit du jas­min — Par­tie 4

La nuit du jas­min — Par­tie 4

La tem­pête arri­va sans pré­ve­nir, comme arrivent toutes les choses impos­sibles à Assouan. Il ne pleut pas à Assouan. C’est un fait cli­ma­tique, une cer­ti­tude géo­gra­phique, une loi de la nature que les habi­tants de la ville répètent avec la fier­té de ceux qui vivent dans un endroit où même le ciel a renon­cé à ses droits.

La nuit du jas­min — Par­tie 4

La nuit du jas­min — Par­tie 3

La police arri­va à huit heures dans une auto­mo­bile noire qui tous­sait de la pous­sière et du mécon­ten­te­ment. L’ins­pec­teur Mah­moud Saf­wan était un homme d’une qua­ran­taine d’an­nées, petit, tra­pu, avec une mous­tache si épaisse qu’elle sem­blait avoir été col­lée sur sa lèvre supé­rieure par un acces­soi­riste distrait. 

La nuit du jas­min — Par­tie 4

La nuit du jas­min — Par­tie 2

Il arri­va le sur­len­de­main, par le bateau du matin. Ceci­ly le vit depuis la ter­rasse — elle avait pris l’ha­bi­tude d’y prendre son petit-déjeu­ner, non pas pour le pam­ple­mousse décou­pé en étoile ni pour le thé tiède, mais parce que la ter­rasse était le poste d’ob­ser­va­tion le plus effi­cace de l’hô­tel, le lieu où tout conver­geait, où les lignes de force se croi­saient, où les masques glis­saient un ins­tant avant d’être rajustés.

La fosse aux cobras — Cha­pitres 9 à 12

Elle arri­va un ven­dre­di de février, par la porte vitrée, avec un sac à dos trop gros pour son corps et un car­net Moles­kine ser­ré contre sa poi­trine comme un bouclier.

La fosse aux cobras — Cha­pitres 5 à 8

Il arri­va un jeu­di de décembre, par le vol de Franc­fort, avec deux valises, un sac en ban­dou­lière bour­ré de cahiers et une barbe de trois jours qui lui don­nait l’air d’un homme qui a ces­sé de se sou­cier de son appa­rence depuis suf­fi­sam­ment long­temps pour que cette négli­gence soit deve­nue un style.

La fosse aux cobras — Cha­pitres 1 à 4

Le pla­teau n’é­tait pas en argent. Étain, peut-être, ou un alliage que per­sonne n’a­vait jamais su nom­mer, mais Nong l’ap­pe­lait le pla­teau d’argent parce que c’é­tait ain­si que le Dr. Henn l’a­vait appe­lé la pre­mière fois, en 1974, quand elle avait dix-huit ans et ne com­pre­nait pas un mot d’anglais.

L’o­deur de l’o­range — Cha­pitres 7 à 10

Le mer­cre­di, ils firent l’a­mour. Ce ne fut pas bru­tal, ce ne fut pas lent — ce fut quelque chose entre les deux, quelque chose qui avait la pré­ci­sion d’un geste répé­té mille fois en pen­sée et la mal­adresse d’un geste accom­pli pour la pre­mière fois.

L’o­deur de l’o­range — Cha­pitres 4 à 6

Il faut remon­ter. Il faut quit­ter jan­vier 2011, quit­ter la pous­sière du Majes­tic et les sirènes et les vidéos trem­blantes sur les écrans de télé­phone, il faut remon­ter le temps comme on remonte un escalier

L’o­deur de l’o­range — Cha­pitres 1 à 3

La pluie de jan­vier à Tunis n’est pas une vraie pluie. C’est autre chose — un voile gris, tiède encore, qui tombe sans convic­tion sur les façades de l’a­ve­nue de Paris et donne aux trot­toirs cet éclat trouble.

Sai­son humide — Cin­quième partie

Il avait plu toute la nuit. Une pluie régu­lière, obs­ti­née, sans colère — pas un orage, pas un déluge, juste la mous­son dans sa ver­sion la plus pure, la plus constante : un rideau d’eau conti­nu qui tom­bait du ciel comme si le ciel avait déci­dé de se vider et n’a­vait fixé aucune date limite.

Sai­son humide — Qua­trième partie

L’homme s’ap­pe­lait Del­vaux. Ou Devaux. Ou quelque chose comme ça — il mar­mon­nait son nom dans sa barbe comme s’il n’y tenait plus, comme si le nom n’é­tait qu’un vête­ment usé qu’on porte encore par habitude.

Sai­son humide — Troi­sième partie

Ils prirent l’ha­bi­tude des temples à midi. C’é­tait l’heure morte de Luang Pra­bang, l’heure où la cha­leur attei­gnait son paroxysme et où la ville entière se repliait sur elle-même comme un ani­mal qui cherche l’ombre.

Sai­son humide — Deuxième partie

La pluie avait un voca­bu­laire. Il leur fal­lut quelques jours pour l’ap­prendre, mais ils l’ap­prirent — non pas avec la tête, mais avec le corps, les oreilles, la peau.