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Dernières nouvelles du mondeLe bichon de l’Hôtel Paříž — LUNDI
LUNDI — Où l’inspecteur Prunelle arrive à Prague, découvre l’Hotel Paris, et se trouve mêlé bien malgré lui à une affaire de la plus haute importance.
Traverser Ispahan — Chapitre 7
Godard vint le trouver le surlendemain, à l’aube. Bahram était dans le jardin, comme chaque matin depuis qu’il avait trouvé la miniature, car il ne dormait plus guère, car les nuits étaient peuplées de rêves étranges où Mostowfi lui parlait dans une langue qu’il ne comprenait pas.
Traverser Ispahan — Chapitre 6
« Vous êtes trempé, Nahavandi. » La voix venait de l’ombre des arcades, et Bahram se figea, la miniature serrée contre sa poitrine, l’eau du bassin ruisselant de ses vêtements sur les dalles de pierre. André Godard sortit de l’obscurité.
Traverser Ispahan — Chapitre 5
Le cri vint de l’aile est. C’était un cri de femme, aigu, déchirant, un cri qui traversa les murs épais de l’Abbasi et fit lever les têtes sur la terrasse du thé, où les clients prenaient leur petit-déjeuner dans la lumière dorée du matin, et Bahram, qui était assis seul à sa table avec un verre de thé et un morceau de pain, sentit quelque chose se glacer dans sa poitrine.
Traverser Ispahan — Chapitre 4
Le lendemain matin, Bahram décida de quitter l’hôtel. Non pas de partir, non pas de faire ses valises et de reprendre la route vers Persépolis ou Téhéran, mais simplement de sortir, de marcher dans la ville, de retrouver Ispahan au-delà des murs de l’Abbasi, car il sentait qu’il avait besoin de respirer un autre air, de voir d’autres visages.
Traverser Ispahan — Chapitre 3
Arthur Upham Pope arriva sur la terrasse du thé à cinq heures précises, comme s’il avait attendu derrière une porte que l’horloge sonnât, et son entrée fut remarquée de tous, car Pope ne savait pas entrer quelque part sans être remarqué, c’était au-dessus de ses forces, c’était contraire à sa nature même, et d’ailleurs il n’aurait pas voulu entrer autrement.
Traverser Ispahan — Chapitre 2
Le lendemain matin, Bahram se réveilla avec l’appel à la prière. Ce n’était pas le muezzin de la mosquée voisine qui l’avait tiré du sommeil — celui-là chantait trop loin, sa voix arrivait assourdie, filtrée par les murs épais de l’Abbasi — mais un autre, plus proche, dont le chant montait d’une petite mosquée de quartier que Bahram ne connaissait pas.
Traverser Ispahan — Chapitre 1
L’hôtel Abbasi avait été bâti pour accueillir les caravanes. C’était au temps de Shah Abbas le Grand, au début du dix-septième siècle, quand Ispahan était la capitale du monde et que les marchands de la route de la soie avaient besoin d’un lieu où déposer leurs ballots de tissus précieux.
Le déluge au Baron d’Alep — Partie 3
Thirion resta inconscient pendant deux heures. On l’avait transporté dans sa chambre, et le médecin appelé par Mazloumian avait diagnostiqué une commotion sans gravité. Il se réveillerait avec un mal de crâne et un trou dans la mémoire, mais rien de plus.
Le déluge au Baron d’Alep — Partie 2
L’inscription araméenne disait : « Ceci appartient à la maison de Nabû-kudurri-usur, que nul ne le prenne. » Nabû-kudurri-usur. Nabuchodonosor, en grec. Le roi de Babylone, celui qui avait détruit Jérusalem et déporté les Juifs, celui dont le nom résonnait encore dans les malédictions bibliques. Mathilde avait relu ses notes trois fois pour être certaine.
Le déluge au Baron d’Alep — Partie 1
Le train de Taurus entra en gare d’Alep avec trois heures de retard, ce qui n’étonna personne. Mathilde Verdier descendit sur le quai dans la lumière déclinante de novembre, sa valise à la main, son sac de travail en bandoulière. Elle portait un tailleur gris qui avait été élégant au départ de Beyrouth et qui ne l’était plus.
La cantatrice du Kämp — Chapitres 10 à 12
Helsinki. 1955. Elle trouve le portrait le lendemain de sa visite à Sibelius. C’est par hasard. Elle se promène dans les couloirs du Kämp, ces couloirs qu’elle connaît par cœur et qu’elle redécouvre, changés et identiques.
La cantatrice du Kämp — Chapitres 7 à 9
Berlin. 1923.L’inflation est folle. Un dollar vaut quatre billions de marks. On transporte l’argent dans des brouettes pour acheter une miche de pain. Les gens brûlent les billets pour se chauffer — c’est moins cher que le bois.
La cantatrice du Kämp — Chapitres 4 à 6
Saint-Pétersbourg. 1910. Elle arrive par le train de nuit, celui qui part d’Helsinki à onze heures du soir et qui traverse la frontière à l’aube. La Finlande est encore russe, à cette époque. Un Grand-Duché de l’Empire, avec ses propres lois et sa propre monnaie, mais russe quand même. Le Tsar est le Grand-Duc. Les soldats russes patrouillent dans les rues. Et les artistes finlandais vont à Saint-Pétersbourg comme on va à la capitale, parce que c’est là que tout se joue.
La cantatrice du Kämp — Chapitres 1 à 3
Le ferry accoste à huit heures du matin. Novembre. Il fait encore nuit. Alma Löfgren descend la passerelle avec cette lenteur qu’elle a apprise à transformer en majesté. Soixante-quinze ans. Une canne à pommeau d’argent qu’elle n’utilisait pas il y a dix ans et qu’elle utilise désormais, non par nécessité mais par coquetterie — une canne de diva, une canne de femme qui a chanté Isolde et qui entend qu’on s’en souvienne.



