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Yogya­kar­ta sto­ries #3 : Embras­ser Boro­bu­dur du bout des lèvres

Yogya­kar­ta sto­ries #3 : Embras­ser Boro­bu­dur du bout des lèvres

Le réveil sonne à 3h00. Sur le coup, je me demande ce qui me prend d’avoir mis le réveil si tôt, mais un soup­çon de luci­di­té pas­sa­gère me rap­pelle que ce jour n’est pas un jour comme les autres. Ce jour est impor­tant, peut-être le plus impor­tant, car c’est aujourd’hui que je vais rendre visite au plus beau des temples de l’Indonésie : Borobudur.

Yogya­kar­ta sto­ries #2 : Pram­ba­nan, le temple vide

Yogya­kar­ta sto­ries #2 : Pram­ba­nan, le temple vide

J’ai l’impression d’avoir dor­mi des jours et des nuits entières, me réveillant dans un grand lit au milieu d’une chambre peinte en vert éme­raude comme si je sor­tais d’un cau­che­mar pois­seux, enfer­mé sous les pales d’un ven­ti­la­teur bruis­sant dans une lumière jaune. Las et four­bu, je peine à me lever, l’estomac criant famine. 

Yogya­kar­ta sto­ries #1 : La ville épique

Yogya­kar­ta sto­ries #1 : La ville épique

Bor­néo, Java, Suma­tra… Des noms qui sonnent comme l’essence même de l’exotisme. Je me sou­viens, gamin, avoir lu ces noms sur le vieil atlas de mes grands-parents, des noms étranges qui ne me disaient rien et que je voyais pla­cés sur de longues bandes de terre dont je ne com­pre­nais pas la posi­tion, dont je n’arrivais à ima­gi­ner la grandeur. 

Ubud sto­ries #12 : Bali sous un mau­vais jour, la cam­pagne et les rizières

Ubud sto­ries #12 : Bali sous un mau­vais jour, la cam­pagne et les rizières

Qua­trième jour sur l’île des Dieux. J’ai pas­sé une mau­vaise nuit, j’au­rais dû me méfier. Une scia­tique lan­ci­nante m’a empê­ché de dor­mir une bonne par­tie de la nuit et je n’ai réus­si à faire pas­ser la dou­leur qu’à coup de para­cé­ta­mol. Au réveil, sur le muret devant la chambre, juste à côté de la petite mai­son des esprits en pierre vol­ca­nique, une offrande a été dépo­sée par des mains déli­cates, accom­pa­gnée d’un bâton­net d’en­cens qui dif­fuse dans l’air satu­ré d’hu­mi­di­té une douce fra­grance entêtante.

Ubud sto­ries #11 : Gunung Kawi

Ubud sto­ries #11 : Gunung Kawi

J’ai pas­sé une bonne par­tie de ma jour­née à Tam­pak­si­ring, au Pura Tir­ta Empul, à pro­fi­ter de cette belle jour­née sans pluie, sous un soleil de plomb que les sources ont réus­si à rafraî­chir un peu. Je saute à nou­veau dans mon taxi pour rou­ler à peine plus de cinq minutes vers le temple de Gunung Kawi (le mont aux poètes).

Ubud sto­ries #10 : Pura Tir­ta Empul à Tampaksiring

Ubud sto­ries #10 : Pura Tir­ta Empul à Tampaksiring

Il faut envi­ron une demi-heure pour relier Goa Gajah à la ville de Tam­pak­si­ring où se trouve le lieu le plus emblé­ma­tique et cer­tai­ne­ment le plus connu de Bali. Nous sommes ici dans le vil­lage de Manu­kaya où l’on trouve ce lieu étrange et envoû­tant que sont les sources sacrées du Pura Tir­ta Empul (lit­té­ra­le­ment, temple des eaux sacrées). 

Ubud sto­ries #9 : Goa Gajah, la cave de l’éléphant

Ubud sto­ries #9 : Goa Gajah, la cave de l’éléphant

Le som­meil, le manque cruel de som­meil avec la fatigue du voyage encore pré­sente. Voi­là com­ment com­mence cette nou­velle jour­née. J’ai les cuisses endo­lo­ries, le front rou­gi par le soleil et le nez rous­si. Mais cela n’entache pas ma bonne humeur, bien au contraire. Ces petites contra­rié­tés font elles aus­si par­tie du voyage, elles vous rap­pellent que vous avez un corps et que vous ne pou­vez faire autre­ment que de le traî­ner der­rière vous comme un sac à patates.

Ubud sto­ries #8 :  Puri Saren Agung, le palais d’Ubud

Ubud sto­ries #8 : Puri Saren Agung, le palais d’Ubud

Puri Saren Arung. Un autre nom de la belle langue indo­né­sienne pour dési­gner ce qu’à peu près on désigne en anglais sous le nom de “Ubud Palace”. C’est un endroit qui donne sur la rue prin­ci­pale (Jalan Raya Ubud) et on peut réel­le­ment dire que c’est le cœur d’une ville dont on a du mal à voir les contours.

Ubud sto­ries #7 : Pura Taman Kemu­da Saras­wa­ti — Des monstres, des lotus et le Barong

Ubud sto­ries #7 : Pura Taman Kemu­da Saras­wa­ti — Des monstres, des lotus et le Barong

Ma déam­bu­la­tion dans la petite ville d’U­bud se pour­suit, pour cette pre­mière jour­née dans la touf­feur et la fatigue, sous un soleil qui hésite par­fois à se frayer un pas­sage au tra­vers d’une épaisse couche de nuages. Je dois d’a­bord pas­ser par le mar­ché pour m’a­che­ter un sarong (mot d’o­ri­gine malaise qui signi­fie “étui”), une pièce de tis­su qu’il suf­fit d’at­ta­cher sur elle-même par un nœud autour de la taille. 

Indian Goods — Deuxième partie

Novembre 1948. L’ap­par­te­ment de Chen occu­pait le deuxième étage d’un immeuble de la rue Joffre, dans la Conces­sion fran­çaise. Deux pièces — un salon qui ser­vait aus­si de bureau, une chambre à cou­cher — sépa­rées par un cou­loir étroit où s’a­li­gnaient des éta­gères de livres.

Indian Goods — Pre­mière partie

Octobre 1948. La brume mon­tait du Huang­pu comme une haleine de malade. Chen Wei­ming tra­ver­sa le lob­by du Cathay Hotel en rajus­tant le col de son man­teau, les semelles de ses chaus­sures cla­quant sur le marbre dans un silence inhabituel.

Tvøst — Dimanche

Il plut. Pour la pre­mière fois de la semaine, il plut. Pas la bruine féroïenne habi­tuelle — ce cra­chin hori­zon­tal que le vent trans­forme en aiguilles et qui n’est ni de la pluie ni du brouillard mais quelque chose entre les deux, une humi­di­té guer­rière — non, une vraie pluie.

Tvøst — Ven­dre­di et samedi

Il n’eut pas besoin du SMS. Il le sut en se réveillant. Quelque chose dans l’air — pas le vent, pas le silence, quelque chose d’autre, une vibra­tion, une fré­quence que son corps cap­tait avant son esprit, comme les chiens sentent l’orage une heure avant qu’il n’éclate.

Tvøst — Mer­cre­di et jeudi

Le vent chan­gea pen­dant la nuit. Bárður le sut avant de le sen­tir — il le sut parce que l’hô­tel chan­gea de voix. Les bâti­ments, aux Féroé, sont des instruments.

Tvøst — Lun­di et mardi

Il y a un moment, juste avant cinq heures, où la cui­sine n’ap­par­tient à per­sonne. Les plans de tra­vail sont froids. L’a­cier des hottes ren­voie un reflet gris qui n’est pas encore de la lumière.

La nuit du jas­min — Par­tie 4

La tem­pête arri­va sans pré­ve­nir, comme arrivent toutes les choses impos­sibles à Assouan. Il ne pleut pas à Assouan. C’est un fait cli­ma­tique, une cer­ti­tude géo­gra­phique, une loi de la nature que les habi­tants de la ville répètent avec la fier­té de ceux qui vivent dans un endroit où même le ciel a renon­cé à ses droits.

La nuit du jas­min — Par­tie 3

La police arri­va à huit heures dans une auto­mo­bile noire qui tous­sait de la pous­sière et du mécon­ten­te­ment. L’ins­pec­teur Mah­moud Saf­wan était un homme d’une qua­ran­taine d’an­nées, petit, tra­pu, avec une mous­tache si épaisse qu’elle sem­blait avoir été col­lée sur sa lèvre supé­rieure par un acces­soi­riste distrait.

La nuit du jas­min — Par­tie 2

Il arri­va le sur­len­de­main, par le bateau du matin. Ceci­ly le vit depuis la ter­rasse — elle avait pris l’ha­bi­tude d’y prendre son petit-déjeu­ner, non pas pour le pam­ple­mousse décou­pé en étoile ni pour le thé tiède, mais parce que la ter­rasse était le poste d’ob­ser­va­tion le plus effi­cace de l’hô­tel, le lieu où tout conver­geait, où les lignes de force se croi­saient, où les masques glis­saient un ins­tant avant d’être rajustés.

La nuit du jas­min — Par­tie 1

Le train cra­chait du sable. Pas de la fumée, non — du sable. Un sable fin, cou­leur d’os, qui s’in­fil­trait par les inter­stices des fenêtres et se dépo­sait sur les ban­quettes en velours râpé comme une pous­sière de mort très douce. Ceci­ly Graves n’a­vait pas dormi.