Registre de fla­geo­let

Registre de fla­geo­let

Registre de fla­geo­let

Voix de sif­flet

Registre de fla­geo­let… C’est ain­si qu’on appelle le registre de la voix le plus haut, plus haut que la voix de faus­set. On l’ap­pelle aus­si voix de sif­flet, ou petit registre. Si la voix de faus­set est obser­vable phy­sio­lo­gi­que­ment, il n’est pas pos­sible de le faire pour la voix de sif­flet puisque l’é­pi­glotte ferme le larynx.

Seules quelques chan­teuses sont capables de for­cer jus­qu’à obte­nir ce registre. Par­mi les plus connues, Mariah Carey, Yma Sumac et Aria­na Grande. Mais rien ne vaut la voix cris­tal­line de Bat­tis­ta Acqua­vi­va, une chan­teuse corse dont le psaume de David est un véri­table enchan­te­ment.

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Íslenskt svæði (zone islan­daise)

Íslenskt svæði (zone islan­daise)

Íslenskt svæði

(zone islan­daise)

L’é­trange lumière blanche venue d’Is­lande

Je n’ai jamais eu l’op­por­tu­ni­té de la voir de mes propres yeux, mais il paraît que l’é­trange lumière venue d’Is­lande a quelque chose de magique qu’on ne peut, bien évi­dem­ment, voir qu’à des lati­tudes où la nuit dure long­temps, bien que plus que la valeur d’une nuit humaine. Est-ce que l’Is­lande en dehors de l’hi­ver est une Islande heu­reuse ? Un jour, je le sau­rais cer­tai­ne­ment, j’en ai la convic­tion. Peut-être même que j’y pas­se­rai plus de temps que néces­saire, là-haut ou peut-être au large de la Nor­vège, à Hen­ning­svær, dans l’ar­chi­pel de Lofo­ten… Va savoir.

Je suis entré dans la nou­velle année en reve­nant du Viet­nam. En réa­li­té, j’ai fait un rêve, dans lequel j’é­tais dans une par­tie du Viet­nam que je ne connais pas ; le sud. Cer­tai­ne­ment Hô-Chi-Minh-Ville, mais rien n’est moins cer­tain. Tout ce que je sais, c’est qu’il y fai­sait chaud et humide et que j’é­tais à mille lieues de chez moi, ce qui en cette période de l’an­née, dans un cas comme dans l’autre, est tout sim­ple­ment impos­sible. Il en résulte que la longue nuit qui a don­né nais­sance à ce rêve s’est ter­mi­née dans un bien-être facile à recon­naître. Je suis retour­né aux lumières de mon inté­rieur, ne sou­hai­tant pas en sor­tir en atten­dant que la nou­velle année arrive ; j’ai allu­mé des bou­gies et pro­fi­té de ma jour­née en ne fai­sant rien d’autre que bou­qui­ner. Un soleil clair dans un beau ciel lumi­neux, clin­quant, lais­sait pré­sa­ger que la nuit qui allait nous emme­ner en 2020 allait être froide, ce qui arri­va effec­ti­ve­ment. J’ai lais­sé une bou­teille de Cham­pagne sur le per­ron, pour qu’elle soit à la tem­pé­ra­ture de dehors, ce qui est à mon sens la meilleure condi­tion pour plei­ne­ment en appré­cier la saveur. Trop froid, dirons les connais­seurs qui le pré­fèrent à 8°C, mais les connais­seurs ne me connaissent pas et ne savent pas que j’aime le Cham­pagne bien froid.

Mes nuits sont longues, res­semblent à celle d’un ani­mal hiber­nant, des nuits boréales, frag­men­tées sou­vent ; je fais des tours de cadrants comme si je ten­tais de battre un record de mar­motte ; j’ai rare­ment été aus­si peu actif, ce qui signi­fie que j’at­teins un point d’é­qui­libre par­fait, puis­qu’il est le signe avant-cou­reur d’autre chose.

J’ai dans la tête des petites musiques qui traînent et qui me suivent toute la jour­née. Mais je lis aus­si des polars, genre lit­té­raire que j’au­rais trai­té il y a quelques années de cela de sous-genre, mais c’é­tait sans avoir encore décou­vert les œuvres de Ragnar Jónas­sonn et d’Arnal­dur Indriða­son.

Et puis, il y a Björk. Björk mais aus­si tous les autres qui viennent de l’île boréale magique, celle qui s’ap­pelle terre de glace ; Óla­fur Arnalds, Sigur Rós, Múm, Amii­na, Jóhann Jóhanns­son, Ásgeir Traus­ti… autant de créa­ti­vi­té dans un aus­si petit pays paraît presque sus­pect. Seule­ment 332 000 habi­tants, dont 128 000 dans la capi­tale Reyk­ja­vik (la baie des fumées) et une toute jeune pre­mière ministre, Katrín Jakobsdót­tir, 43 ans et un sou­rire à se dam­ner… 

Pre­nez quelques ins­tants, déten­dez-vous et ima­gi­nez-vous assis sur un fau­teuil en face de l’At­lan­tique nord, il fait froid et sec, le pay­sage est blanc et ven­teux, mais incroya­ble­ment calme. Il n’y a rien d’autre que la nature et vous, et vous écou­tez Boga par le groupe Amii­na, sur l’al­bum Kurr… Et là, il n’y a plus rien d’autre, à part l’Is­lande…

Pho­to d’en-tête © Jon Flo­brant on Uns­plash

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Requiem pour Katri­na : lorsque la digue se rompt

Requiem pour Katri­na : lorsque la digue se rompt

Requiem pour Katri­na

Lorsque la digue se rompt

Un conte de la volon­té de Dieu

C’est un mot qui n’a pas besoin d’être tra­duit pour être com­pris… Levee… En anglais, c’est une digue, même si dans les tra­duc­tions en fran­çais de la série des Dave Robi­cheaux écrits par James Lee Burke, le mot levee est tra­duit par levée… Ce qui convient assez bien. En tout cas, moi, j’adhère…

Tout com­mence par un échange, je te donne une chan­son d’Ar­no qui parle d’Oos­tende, et tu me donnes un titre de Terence Blan­chard, Wading through… ça tombe appa­rem­ment sous le sens, mais rien n’est autant for­tuit que cette ren­contre. Je n’é­coute pas le titre tout de suite, je me le garde sous le coude comme pour le lais­ser matu­rer un peu. L’al­bum s’é­coute tout seul, même si quelques sono­ri­tés sont par­fois un peu rudes, un peu ardues. L’al­bum A tale of God’s will, est sor­ti chez Blue Note et dès la pre­mière écoute, je me rends compte que je suis face à quelque chose d’ex­cep­tion­nel, une album d’une superbe qua­li­té, bien équi­li­bré et recher­ché. On me confie que c’est la bande ori­gi­nale d’un docu­men­taire de Spike Lee datant de 2006, sur les ravages de l’oura­gan Katri­na, When the Levees Broke: A Requiem in Four Acts. Là aus­si, je n’ai jamais enten­du par­lé de ce docu­men­taire. A ce jour, je n’ai pas encore réus­si à le vision­ner dans une ver­sion de bonne qua­li­té, pré­fé­rant m’abs­te­nir que de me col­ti­ner une vieille copie à la défi­ni­tion plus qu’ap­proxi­ma­tive. When the levees broke…

Il suf­fit d’é­cou­ter quelques minutes, ou même les 8 minutes de ce superbe mor­ceau pour ima­gi­ner ce à quoi on peut s’at­tendre. L’am­biance de l’al­bum décrit tout à la fois quelques fon­da­men­taux de la Nou­velle-Orléans mais éga­le­ment quelque chose de tra­gique inhé­rent aux évé­ne­ments.

Lorsque la digue se rompt

On connaît plus ou moins bien l’his­toire de cette tra­gé­die qui a dévas­té La Nou­velle-Orléans et ses envi­rons en 2005 après la rup­ture des digues et du 17th Street Canal, et ce qu’en a fait Spike Lee a fait écho en moi avec un mor­ceau de musique que je n’a­vais pas écou­té depuis des lustres, When the levee breaks, sur le qua­trième album de Led Zep­pe­lin (IV). En me ren­sei­gnant un peu, je m’a­per­çois que la chan­son de Led Zep­pe­lin est en réa­li­té une reprise très lar­ge­ment rema­niée d’une chan­son écrite 1929 par deux stars du Del­ta Blues, Kan­sas Joe McCoy et Mem­phis Min­nie, qui écri­virent cette chan­son, comme beau­coup d’autres à l’é­poque pour racon­ter la grande crue du Mis­sis­sip­pi de 1927. His­toire de se faire plai­sir, on peut écou­ter ici la ver­sion ori­gi­nale… Mais aus­si une reprise du titre de Led Zep­pe­lin par Zep­pa­rel­la… sur­pre­nant, parce que vrai­ment fidèle.

If it keeps on rai­nin’, levee’s goin’ to break
If it keeps on rai­nin’, levee’s goin’ to break
When the levee breaks I’ll have no place to stay
Mean old levee taught me to weep and moan
Lord mean old levee taught me to weep and moan
It’s got what it takes to make a moun­tain man leave his home
Oh well, oh well, oh well
Don’t it make you feel bad
When you’re tryin’ to find your way home
You don’t know which way to go?
If you’re goin’ down South
They got no work to do
If you don’t know about Chi­ca­go
Cryin’ won’t help you prayin’ won’t do you no good
Now cryin’ won’t help you prayin’ won’t do you no good
When the levee breaks mama you got to move
All last night sat on the levee and moa­ned
All last

Lake Pont­char­train. Pho­to © Chris­tian Banck
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Mini­ma­liste du same­di matin : Conver­sa­tion avec Goethe

Mini­ma­liste du same­di matin : Conver­sa­tion avec Goethe

Mini­ma­liste du same­di matin

Conver­sa­tion avec Goethe

Il est 8h44, same­di matin. Une pre­mière semaine de tra­vail exci­tante, une semaine qui une fois ter­mi­née me fait me sen­tir comme après une bonne douche, délas­sé, déten­du. Il me fal­lait ça pour retour­ner à la vie, effa­cer le sou­ve­nir de ces der­niers mois minables. Mis sous la tapis, le vent balaie tout et la vie reprend ses droits.

Ma jour­née a com­men­cé tôt dans la lec­ture des pages d’un énième polar de Peter May, The run­ner, ridi­cu­le­ment tra­duit en fran­çais par Jeux mor­tels à Pékin

Ma vie est une course, rem­plie comme une outre en peau de mou­ton, tra­ver­sée par des signes que j’at­trape au pas­sage, ici le sino­gramme du feu (), ici celui du vent (), là une conver­sa­tion avec Goethe sur les Chi­nois, qui sont pareils à nous, ici la pho­to d’une mos­quée à Lahore, une page sur le Chi­na­town de Bang­kok, la musique envoû­tante de Kawai Ken­ji (川井 憲次) … Une mul­ti­tude de signes, l’oc­cu­pa­tion invo­lon­taire de l’es­prit, l’ex­ci­ta­tion intel­lec­tuelle d’une absence totale de filtre per­cep­tif, le monde qui me tra­verse en ins­cri­vant dans ma chair son empreinte, lais­sant à l’in­té­rieur comme des mil­liers de tatouages enche­vê­trés, l’in­tri­ca­tion sub­tile de pein­tures d’ocre, d’a­ni­maux cou­rant sur les parois d’une grotte et se mar­chant des­sus comme dans la transe d’une céré­mo­nie sacrée… Le temps de prendre une douche, un espace comme une paren­thèse, et je suis repar­ti sur la route, la vie comme une drogue intense qui brûle mon esprit par coup de flash, pas le temps de res­pi­rer, des hoquets, l’al­ter­nance subie et incom­pa­tible de sur­sauts et de nappes repo­santes, comme si j’é­cou­tais Equi­nox de John Col­trane.…

“ Durant ces jours où je ne vous ai pas vu, dit-il, j’ai beau­coup lu, notam­ment un roman chi­nois qui m’oc­cupe encore et qui me paraît très remar­quable.
- Un roman chi­nois ? fis-je, ce  doit être bien sin­gu­lier.
- Pas autant qu’on serait ten­té de le croire, répli­qua Goethe. Ces hommes pensent et sentent à peu près comme nous, et l’on s’a­per­çoit très vite qu’on est pareil à eux…
… — Mais, dis-je, peut-être ce roman chi­nois est-il un des plus excep­tion­nels ?
- Pas du tout, dit Goethe, les Chi­nois en ont des mil­liers de ce genre, et même ils en avaient déjà quand nos ancêtres vivaient encore dans les bois. ”

Conver­sa­tions de Goethe avec Ecker­mann, mer­cre­di 31 jan­vier 1827

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Motel de Moka / La fin des vacances

Motel de Moka / La fin des vacances

Motel de Moka

La fin des vacances

Voi­là, c’est fini, on sonne la fin de la récréa­tion, le temps des cerises n’est pas encore arri­vé, mais on ferme tout, le rideau de fer est bais­sé, on range les pin­ceaux, on rac­croche les gants, on se range des bagnoles, on coupe le son et on ouvre les mirettes, garez-vous sur le côté ma petite dame papiers s’il vous plaît mer­ci de cou­per la musique et de des­cendre du véhi­cule les mains sur le capot et le men­ton en l’air, remet­tez vos lunettes et chas­sez le spleen, retour­nez-vous et sau­tez trois fois autour de vous-même. A pré­sent, étei­gnez les lumières des­cen­dez quatre marches et sen­tez l’air frais ouvrez bien grand les narines et arrê­tez de vous tré­mous­ser. Pre­nez un café trois sucres qu’on jette par-des­sus l’é­paule pour conju­rer le sort un muf­fin aux fruits rouges regar­dez ce qui se passe sur Pread Street les bus qui passent toutes les deux minutes la bonne odeur du jus d’o­range frai­che­ment pres­sé et des scones au fro­mage. On range ses sty­los et ses cahiers on pré­pare son car­table pour le len­de­main on fait un bisou et au dodo.

Finies les vacances demain on retourne au bou­lot pas pour faire sem­blant pas pour rire pas pour du beurre c’est pour de vrai avec un gros maca­ron une boîte à goû­ter pour le quatre heures et puis on devient grand. Finis les bavar­dages au fond de la classe les com­mé­rages et les rumeurs les his­toires d’a­do­les­cents, allez hop, rideau.

Demain on retourne sur les che­mins de l’é­cole finies les vacances fini le temps de prendre le temps et de tour­ner en rond autour du pot fini cet hiver mal­heu­reux lais­sé loin der­rière soi. Alors, on monte le son, on ouvre les fenêtres et on regarde la course des nuages pous­sés par le vent, celui qui chasse tout, on appuie sur le bou­ton et on écoute ZIP, de Pop­no­name

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