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Scène de chasse en blanc

Une demi-heure après, leur thé ingurgité, mes trois visiteurs prenaient congés. Je m'activai dehors à casser du bois pour le feu. Soudain, venant du bois, des coups de fusil retentirent dans le lointain ; un d'abord, puis un autre. Des coqs de bruyère s'envolèrent,...

Les rillettes et la bière de Proust

Vous convoitez sérieusement les rayons des librairies afin que votre plume soit enfin récompensée de ses efforts par la publication de vos écrits ? Vous attendez depuis des années d'être certifié du label universel de "GRANTÉCRIVAIN" ? Ce petit livre aussi "à...

Julius Win­some

Julius Winsome (roman de Gerard Donovan) est un homme froid, isolé dans une cabane en bois au beau milieu de la forêt, presque à cheval sur la frontière, dans le Maine. Il vit dans un maison que lui a légué son père, une cabane aux murs recouverts de livres, et se...

Taman­ras­set-Thu­lé

Lorsqu'en 1948 Jean Malaurie apprend qu'il peut enfin partir au Groenland, il le raconte à la manière d'un de ces écrivains presque lyrique du dix-neuvième siècle. Il vient de recevoir un télégramme de l'ambassadeur de France à Copenhague et s'il veut embarquer, il...

Sukk­wan Island

David Vann a peut-être écrit le roman qui inaugurera une nouvelle ère de la littérature. Sukkwan Island décrit un huis-clos insoutenable sur une île perdue en Alaska, entre un père et son fils. Après une vie tumultueuse, deux mariages ratés, des échecs personnels...

Nul­lar­bor

Photo © Georg Holderied La terre de Nullarbor est un lieu d'absence, un désert sans arbre (nullus arbor : aucun arbre) sur la côte sud de l'Australie qui a la particularité de n'être qu'un immense bloc de calcaire planté sur le rivage de la grande baie. L'explorateur...

La fosse aux cobras — Cha­pitres 9 à 12

Elle arri­va un ven­dre­di de février, par la porte vitrée, avec un sac à dos trop gros pour son corps et un car­net Moles­kine ser­ré contre sa poi­trine comme un bouclier.

La fosse aux cobras — Cha­pitres 5 à 8

Il arri­va un jeu­di de décembre, par le vol de Franc­fort, avec deux valises, un sac en ban­dou­lière bour­ré de cahiers et une barbe de trois jours qui lui don­nait l’air d’un homme qui a ces­sé de se sou­cier de son appa­rence depuis suf­fi­sam­ment long­temps pour que cette négli­gence soit deve­nue un style.

La fosse aux cobras — Cha­pitres 1 à 4

Le pla­teau n’é­tait pas en argent. Étain, peut-être, ou un alliage que per­sonne n’a­vait jamais su nom­mer, mais Nong l’ap­pe­lait le pla­teau d’argent parce que c’é­tait ain­si que le Dr. Henn l’a­vait appe­lé la pre­mière fois, en 1974, quand elle avait dix-huit ans et ne com­pre­nait pas un mot d’anglais.

L’o­deur de l’o­range — Cha­pitres 7 à 10

Le mer­cre­di, ils firent l’a­mour. Ce ne fut pas bru­tal, ce ne fut pas lent — ce fut quelque chose entre les deux, quelque chose qui avait la pré­ci­sion d’un geste répé­té mille fois en pen­sée et la mal­adresse d’un geste accom­pli pour la pre­mière fois.

L’o­deur de l’o­range — Cha­pitres 4 à 6

Il faut remon­ter. Il faut quit­ter jan­vier 2011, quit­ter la pous­sière du Majes­tic et les sirènes et les vidéos trem­blantes sur les écrans de télé­phone, il faut remon­ter le temps comme on remonte un escalier

L’o­deur de l’o­range — Cha­pitres 1 à 3

La pluie de jan­vier à Tunis n’est pas une vraie pluie. C’est autre chose — un voile gris, tiède encore, qui tombe sans convic­tion sur les façades de l’a­ve­nue de Paris et donne aux trot­toirs cet éclat trouble.

Sai­son humide — Cin­quième partie

Il avait plu toute la nuit. Une pluie régu­lière, obs­ti­née, sans colère — pas un orage, pas un déluge, juste la mous­son dans sa ver­sion la plus pure, la plus constante : un rideau d’eau conti­nu qui tom­bait du ciel comme si le ciel avait déci­dé de se vider et n’a­vait fixé aucune date limite.

Sai­son humide — Qua­trième partie

L’homme s’ap­pe­lait Del­vaux. Ou Devaux. Ou quelque chose comme ça — il mar­mon­nait son nom dans sa barbe comme s’il n’y tenait plus, comme si le nom n’é­tait qu’un vête­ment usé qu’on porte encore par habitude.

Sai­son humide — Troi­sième partie

Ils prirent l’ha­bi­tude des temples à midi. C’é­tait l’heure morte de Luang Pra­bang, l’heure où la cha­leur attei­gnait son paroxysme et où la ville entière se repliait sur elle-même comme un ani­mal qui cherche l’ombre.

Sai­son humide — Deuxième partie

La pluie avait un voca­bu­laire. Il leur fal­lut quelques jours pour l’ap­prendre, mais ils l’ap­prirent — non pas avec la tête, mais avec le corps, les oreilles, la peau.