Sorting by

×
Eli­za­beth Sid­dal, le vam­pire de Highgate

Eli­za­beth Sid­dal, le vam­pire de Highgate

Dans le Londres bru­meux du XIXe siècle, une étoile rousse allait enflam­mer l’i­ma­gi­na­tion des plus grands artistes de son époque. Eli­za­beth Sid­dal naquit le 25 juillet 1829, des­ti­née à deve­nir bien plus qu’un simple visage immor­ta­li­sé sur toile. Sa pas­sion pour la poé­sie s’é­veilla de la façon la plus roman­tique qui soit : en décou­vrant par hasard des vers de Ten­ny­son sur un vul­gaire bout de papier jour­nal enve­lop­pant une motte de beurre. Cette ren­contre for­tuite avec la beau­té cachée dans le banal devien­drait la par­faite méta­phore de sa propre existence.

Citi­zen­four. Quelques jours avec Edward Snowden

Citi­zen­four. Quelques jours avec Edward Snowden

C’est un matin comme les autres, enso­leillé et froid, en plein cœur de l’automne. Il fait 6°C dehors et les jours pro­chains pro­mettent d’être plus froids encore et plu­vieux ; ceci me crie à la figure la pro­messe de moments pas­sés dans la cha­leur de mon inté­rieur. J’écluse mes livres. La pile de livres à lire s’étire en hau­teur comme les galeries…

Celui qui les mit tous à genoux : Võ Nguyên Giáp

Celui qui les mit tous à genoux : Võ Nguyên Giáp

Il est né en 1911 dans la cam­pagne de la pro­vince de Quảng Bình, dans ce qui était autre­fois l’Annam, la forme viet­na­mienne du nom chi­nois Annan, qui signi­fie Sud paci­fié, dimi­nu­tif du nom offi­ciel du pro­tec­to­rat, qui est « Pro­tec­to­rat Géné­ral pour Paci­fier le Sud » (An Nam đô hộ phủ), ins­ti­tué par la dynas­tie Tang…

Une ferme à Nha Trang

Une ferme à Nha Trang

Lancé dans la lecture d'un quatrième livre du même auteur, Patrick Deville, je plonge à corps perdu, lentement pourtant, avec précaution, dans les univers qu'il développe sous mes yeux. C'est le genre de lecture qui ne se dévore qu'à grandes lampées qu'on garde...

Han­ni­bal après Zama. La deuxième vie d’un vaincu

De Car­thage à la côte de Bithy­nie, en pas­sant par Tyr, Antioche et Éphèse : l’i­ti­né­raire d’un homme que Rome n’a jamais ces­sé de craindre, même désarmé.

Aux car­rières de la Méditerranée

On visite les monu­ments par l’en­droit, jamais par l’en­vers. On arrive au Par­thé­non par les Pro­py­lées, on entre dans la Grande Pyra­mide par le boyau que les pillards ont creu­sé, on lève la tête vers l’en­ta­ble­ment du temple de Bac­chus à Baal­bek en se deman­dant com­ment des hommes ont pu poser là-haut des blocs de cette taille.

Les îles des Princes, l’ar­chi­pel des disgrâces

Le fer­ry part de Kaba­taş et met une heure et demie à tra­ver­ser la mer de Mar­ma­ra, ce qui est peu pour chan­ger de monde. On laisse der­rière soi le tumulte d’Is­tan­bul, ses klaxons, ses seize mil­lions d’ha­bi­tants agglu­ti­nés sur deux conti­nents, et l’on avance vers un cha­pe­let de neuf îles cou­chées dans l’eau grise, dont quatre seule­ment se visitent.

Volu­bi­lis, Rome au bout du Maroc

La route de Mek­nès à Volu­bi­lis ne pré­vient pas. On roule une tren­taine de kilo­mètres au nord de la ville impé­riale, entre des champs d’orge et des oli­viers ali­gnés comme une troupe au repos, et rien n’an­nonce que l’on approche d’un bout du monde.

Nau­cra­tis, le comp­toir des Grecs dans le del­ta du Nil

Il y a des noms qui font plus de bruit que les lieux qu’ils dési­gnent. Nau­cra­tis en est un. On l’é­nonce et l’on croit entendre le grin­ce­ment des cor­dages, le heurt des amphores contre le flanc des barques, le grec ionien mêlé à l’é­gyp­tien sur un quai grouillant.

Byzance avant Constan­ti­nople : une modeste cité grecque du Bosphore

On oublie tou­jours qu’a­vant d’être le nom­bril du monde, Byzance a été un port de pêcheurs accro­ché à un pro­mon­toire, entre deux mers qui ne vou­laient pas se res­sem­bler. Le Bos­phore, à cet endroit, se res­serre comme une gorge : quelques enca­blures séparent l’Eu­rope de l’A­sie, et le cou­rant y des­cend de la mer Noire avec une vigueur qui a long­temps décou­ra­gé les marins peu aguerris.

Fer­nand Brau­del et l’in­ven­tion d’une his­toire au temps long de la Méditerranée

Il faut com­men­cer par un homme sans mer. Un bara­que­ment de la Bal­tique, un hiver alle­mand, des châ­lits super­po­sés, l’o­deur de laine mouillée et de tabac gris. L’O­flag X‑C de Lübeck est un camp de repré­sailles : on y regroupe les offi­ciers fran­çais jugés indo­ciles, les gaul­listes, les éva­dés repris.

Mis­tra, la der­nière capi­tale byzan­tine dans le Péloponnèse

On arrive à Mis­tra par le mau­vais côté, c’est-à-dire par le bon. La route qui monte de Sparte tra­verse d’a­bord une plaine que l’on n’at­ten­dait pas si verte : des oran­gers en rangs ser­rés, des oli­viers gris qui bougent à peine, des câpriers accro­chés aux murets, et sur tout cela une lumière de fin d’a­près-midi qui pose les ombres bien à plat.

Trois tom­beaux et pas un seul corps

Kath­leen Mar­ti­nez était avo­cate péna­liste à Saint-Domingue quand elle a déci­dé de trai­ter la dis­pa­ri­tion d’une femme morte depuis deux mille ans comme une affaire non réso­lue. Elle le dit elle-même, sans se for­cer : elle n’a jamais eu de pre­mière for­ma­tion d’ar­chéo­logue, sa dis­ci­pline c’est le droit cri­mi­nel, et elle a pris Cléo­pâtre comme on prend un dossier.

Une lampe aux ori­gines multiples

Un seau de perles posé par terre. Le pre­mier bruit de l’a­te­lier n’est pas celui du verre. C’est celui des perles. Un seau de plas­tique bleu, presque plein, posé contre le pied de l’é­ta­bli. Quand la main y plonge pour en tirer une poi­gnée, cela fait le son d’un res­sac très court, très sec — un chuin­te­ment miné­ral qui s’ar­rête net.