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À l’ère des ampoules qui ne meurent jamais

Il fut un temps où lorsque l'on fabriquait des outils, on investissait sur leur durée de vie, sur leur solidité et leur résistance au temps et à l'usure. Ce temps était le temps de la pièce unique, de l'objet utile en tant que fabrication unique — en son genre et en...

La nos­tal­gie de cette langue ou de cette voix

Ce soir, à la radio, chantait la voix d'André Gide, vieux monsieur vénérable de quatre-vingt ans s'insurgeant contre la colonisation du Congo par la France et ses compagnies de transformation du caoutchouc qui n'hésitaient pas à massacrer les populations pour...

Lettres d’A­mar­na

Des récents événements partis d'Égypte me remontent des envies de voyage. Les livres s'étalent sur la table, les cartes sont à nouveau dépliées, je compulse les guides dans tous les sens, de manière frénétique. Évidemment, d'ici à ce que la situation redevienne...

Paris en quelques traits et en couleurs

Un des projets que je me suis fixé cette année est de parcourir les rues de Paris et de leur donner un peu de couleurs... Du trait à la mise en couleurs, trois étapes que je mettrai systématiquement en images, parce qu'à mon sens, de la progression d'un travail nait...

Notes hiver­nales #1

J'avais entrepris mon blog comme un bloc-notes, mais je n'ai jamais réellement retranscrit ces web-notes ici. Aussi, j'ai des tonnes de liens qui pourrissent dans un coin que j'ai appelé la Malle des Indes. Il serait peut-être temps pour moi de commencer à les...

Stav­kirkjes

Stavkirke, c'est ainsi qu'on nomme les églises faites de bois qu'autrefois on trouvait partout en Europe du Nord, construites avec des futs de pin sylvestre et qu'on appelait également parfois « églises en bois debout » ; Les fondations du bâtiment reposent sur des...

Por­trait d’une inconnue

Avec cette iconographie russe que je commence à bien connaître, j'avance prudemment, je décortique doucement les codes de ce dix-neuvième siècle incertain, écarté entre Moscou et Saint-Pétersbourg, entre un peuple affamé confiné dans un campagne soumise la plupart du...

La table de Peu­tin­ger et l’i­dée romaine de la distance

Dépliez-la sur une table trop courte et elle déborde de par­tout : six mètres quatre-vingt-deux de long pour trente-quatre cen­ti­mètres de haut, un ruban de par­che­min qui ne res­semble à aucune carte que l’œil moderne ait appris à lire. Aucun conti­nent n’y a la forme qu’on lui connaît.

Tim­gad, ville neuve plan­tée dans les Aurès

On ne fonde pas une ville comme on fonde un vil­lage. On la trace. Tim­gad est née d’un coup de style, un jour de l’an 100, sur un pla­teau caillou­teux où rien, avant elle, ne por­tait de nom latin — et il a fal­lu près de dix-huit siècles de sable pour que ce coup de style s’ef­face, puis un siècle et demi de pioches fran­çaises pour qu’on le redessine.

Utique avant Car­thage : la doyenne oubliée des colo­nies phéniciennes

Le vent qui tra­verse les oli­viers d’U­tique n’a plus l’o­deur du sel. Douze kilo­mètres séparent aujourd’­hui l’é­pe­ron cal­caire où s’ac­crochent les ruines de la ligne bleue de la Médi­ter­ra­née, et il faut un effort d’i­ma­gi­na­tion assez violent pour repla­cer, sous les labours et les serres agri­coles, le golfe où mouillaient les navires tyriens.

Gji­ro­kastër, la Médi­ter­ra­née vue de dos

Il y a des villes qui regardent la mer et des villes qui lui tournent le dos. Gji­ro­kastër fait les deux à la fois. Accro­chée au flanc du Mali i Gjerë, à trois cents mètres au-des­sus d’une val­lée qui file vers le sud, elle est sépa­rée de l’A­dria­tique par une seule chaîne de montagnes.

Cyrène et Car­thage aux confins de la Grande Syrte

Entre les ruines blondes de Cyrène et les ves­tiges puniques de Car­thage s’é­tendent aujourd’­hui près de mille kilo­mètres de côte libyenne : une bande de sable, de seb­khas et de vent où plus rien ne signale la fron­tière qui sépa­ra pen­dant trois siècles deux mondes méditerranéens.

Motyé, la cité punique englou­tie et retrou­vée en Sicile

Le bateau glisse sur une eau qui ne dépasse jamais l’é­paule. De part et d’autre, des rec­tangles d’eau rose et blanche s’é­tendent jus­qu’à l’ho­ri­zon, cou­pés par les ailes immo­biles de mou­lins à toits rouges. Sous la coque, par endroits, on devine une ligne plus sombre, rec­ti­ligne, qui file vers le large avant de se perdre dans le miroi­te­ment de la lagune : une route.

Pal­myre romaine avant Zéno­bie : cara­vanes, taxes et dieux locaux

On ne pense à Pal­myre qu’à tra­vers une femme et une ruine. La reine qui défia Rome, les colon­nades qui gisent aujourd’­hui dis­per­sées dans le sable et les com­mu­ni­qués de guerre. Mais avant Zéno­bie, avant même que qui­conque songe à défier Rome, il y eut deux siècles d’une tout autre histoire.

Vingt-deux signes, l’al­pha­bet phénicien

Dans une salle du Musée natio­nal de Bey­routh, un cou­vercle de cal­caire porte, cou­rant le long de son rebord, une ligne de signes gra­vés d’une main sûre. Il faut se pen­cher pour la suivre : elle part sur la tranche, tourne l’angle, se pour­suit sur le plat. C’est une malédiction.

Cata­combes du pour­tour méditerranéen

On des­cend tou­jours de la même façon. Quelques marches taillées à même le banc de roche, une fraî­cheur qui monte à la ren­contre du visage avant même qu’on l’ait cher­chée, l’o­deur — cette odeur de cave, de pierre humide et de temps arrê­té, qui est la même à Rome, à Syra­cuse, à Sousse, à Milos.

Gadir, ou la Médi­ter­ra­née au bord de l’océan

Comp­toir tyrien avant d’être ville espa­gnole : his­toire longue d’une île qui ven­dit au monde le métal du bout du monde