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Cro­queurs urbains

Ils sont disséminés aux quatre coins du monde et ils ont la particularité de s'arrêter quelques instants avec leurs outils, parfois simplement une feuille et un stylo, et ils croquent la vie telle qu'ils la voient, avec talent, avec passion, pour mon plus grand...

Jab­ber­wo­cky ou Bredoulocheux ?

Il y a quelques années de cela, Henri Parisot, grand ami d'Antonin Artaud, traduisait le célèbre poème de Lewis Carroll, Jabberwocky, et en donna certainement la meilleure transcription: Il était reveneure; les slictueux toves Sur l'allouinde gyraient et vriblaient;...

Une année de lecture

La fin de l'année est propice aux bilans. Bilan comptable, bilan de santé, bilan personnel... Généralement, on y dit ce qui retenu notre attention, ce qui nous a plu, ce qui nous a choqué, les bonnes choses qui sont arrivées ou les déboires, on regarde derrière soi...

Le vent des mots

Je suis tombé complètement par hasard sur ce DVD consacré à Nicolas Bouvier, un DVD dans lequel on parle de l'écrivain et où l'on peut l'entendre et le voir parler. C'est ni plus ni moins que le documentaire qui a été utilisé pour le siècle d'écrivains de Bernard...

Retour dans la neige

Retour dans la neige

Lire Robert Walser est un baume pour le cœur. Il fait partie de ces Grands Hommes qui ont gardé un pied dans le dix-neuvième siècle et qui se sont promenés discrètement dans la vie d'autres Grands Hommes, laissant quelques traces légères à la surface de son époque,...

Un nom­bril au bord de l’océan

Tout commence comme une vaste blague ; une couverture qui nous avertit que ce que nous avons entre les mains n'est rien d'autre qu'une bande-dessinée, qu'elle ne cible absolument pas les enfants — des têtes d'enfants croquées sont barrées — et l'histoire qui débute...

Trois œuvres de Jirō Taniguchi

C'est assez étrange de se dire qu'en lisant pas mal de livres et surtout arrivé à 35 ans, on en arrive à lire des mangas. Il faut dire que ceux-ci, que j'ai découvert il y a quelques semaines sont d'un genre tout particulier, à la fois inspiré par l'esprit d'Osamu...

Les Cyclades avant la tha­las­so­cra­tie crétoise

Mille ans avant que Minos n’existe, même comme rumeur, un archi­pel avait déjà inven­té sa manière de tra­ver­ser la mer. On l’a long­temps lu comme la pro­vince d’une Crète rayon­nante. C’est l’in­verse : la Crète est arri­vée dans un monde qui navi­guait depuis toujours.

La table de Peu­tin­ger et l’i­dée romaine de la distance

Dépliez-la sur une table trop courte et elle déborde de par­tout : six mètres quatre-vingt-deux de long pour trente-quatre cen­ti­mètres de haut, un ruban de par­che­min qui ne res­semble à aucune carte que l’œil moderne ait appris à lire. Aucun conti­nent n’y a la forme qu’on lui connaît.

Tim­gad, ville neuve plan­tée dans les Aurès

On ne fonde pas une ville comme on fonde un vil­lage. On la trace. Tim­gad est née d’un coup de style, un jour de l’an 100, sur un pla­teau caillou­teux où rien, avant elle, ne por­tait de nom latin — et il a fal­lu près de dix-huit siècles de sable pour que ce coup de style s’ef­face, puis un siècle et demi de pioches fran­çaises pour qu’on le redessine.

Utique avant Car­thage : la doyenne oubliée des colo­nies phéniciennes

Le vent qui tra­verse les oli­viers d’U­tique n’a plus l’o­deur du sel. Douze kilo­mètres séparent aujourd’­hui l’é­pe­ron cal­caire où s’ac­crochent les ruines de la ligne bleue de la Médi­ter­ra­née, et il faut un effort d’i­ma­gi­na­tion assez violent pour repla­cer, sous les labours et les serres agri­coles, le golfe où mouillaient les navires tyriens.

Gji­ro­kastër, la Médi­ter­ra­née vue de dos

Il y a des villes qui regardent la mer et des villes qui lui tournent le dos. Gji­ro­kastër fait les deux à la fois. Accro­chée au flanc du Mali i Gjerë, à trois cents mètres au-des­sus d’une val­lée qui file vers le sud, elle est sépa­rée de l’A­dria­tique par une seule chaîne de montagnes.

Cyrène et Car­thage aux confins de la Grande Syrte

Entre les ruines blondes de Cyrène et les ves­tiges puniques de Car­thage s’é­tendent aujourd’­hui près de mille kilo­mètres de côte libyenne : une bande de sable, de seb­khas et de vent où plus rien ne signale la fron­tière qui sépa­ra pen­dant trois siècles deux mondes méditerranéens.

Motyé, la cité punique englou­tie et retrou­vée en Sicile

Le bateau glisse sur une eau qui ne dépasse jamais l’é­paule. De part et d’autre, des rec­tangles d’eau rose et blanche s’é­tendent jus­qu’à l’ho­ri­zon, cou­pés par les ailes immo­biles de mou­lins à toits rouges. Sous la coque, par endroits, on devine une ligne plus sombre, rec­ti­ligne, qui file vers le large avant de se perdre dans le miroi­te­ment de la lagune : une route.

Pal­myre romaine avant Zéno­bie : cara­vanes, taxes et dieux locaux

On ne pense à Pal­myre qu’à tra­vers une femme et une ruine. La reine qui défia Rome, les colon­nades qui gisent aujourd’­hui dis­per­sées dans le sable et les com­mu­ni­qués de guerre. Mais avant Zéno­bie, avant même que qui­conque songe à défier Rome, il y eut deux siècles d’une tout autre histoire.

Vingt-deux signes, l’al­pha­bet phénicien

Dans une salle du Musée natio­nal de Bey­routh, un cou­vercle de cal­caire porte, cou­rant le long de son rebord, une ligne de signes gra­vés d’une main sûre. Il faut se pen­cher pour la suivre : elle part sur la tranche, tourne l’angle, se pour­suit sur le plat. C’est une malédiction.

Cata­combes du pour­tour méditerranéen

On des­cend tou­jours de la même façon. Quelques marches taillées à même le banc de roche, une fraî­cheur qui monte à la ren­contre du visage avant même qu’on l’ait cher­chée, l’o­deur — cette odeur de cave, de pierre humide et de temps arrê­té, qui est la même à Rome, à Syra­cuse, à Sousse, à Milos.