Ca trù, la pureté vietnamienne

Ca trù, la pureté vietnamienne

Ca Trù

La pureté en musique

Un chant venu du Vietnam

De ces deux syllabes qu’on prononce avec des sons longs, on n’entend pas grand-chose, pas plus qu’on en connaît. Pourtant, le Ca trù est inscrit sur la Liste du patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente de l’UNESCO. Apparu au XIè siècle sous la dynastie Lý, l’acculturation liée à la colonisation française et aux guerres ont quasiment fait disparaître cet art millénaire de la poésie chantée.

Généralement, une chanteuse joue du Phách, une tige de bambou frappée par un morceau de bois, et le groupe est composé d’un joueur de luth, le Đàn đáy et d’un joueur de tambour d’éloges, le Trống chầu.

Il n’y a finalement pas beaucoup à en dire, mais entendre une chanteuse de Ca trù (Ka tchou) avec ses envolées plaintives et ses trilles enchantées, a quelque chose d’un peu magique, rythmée par le son sec du bambou frappé. Le mieux est encore d’écouter cet art sensuel venu du nord du Vietnam.

A voir, pour aller plus loin, les très belles photos de Tewfic el-Sawy avec sa série sur les chanteuses de Ca trù.

Vedrò con mio diletto (RV 717), l’émotion vivaldienne

Vedrò con mio diletto (RV 717), l’émotion vivaldienne

Vedrò con mio diletto (RV 717) est une des plus belles œuvres de Vivaldi, à des années-lumière de ce qu’on a l’habitude d’entendre de la part du Prêtre roux (il Prete rosso). Celui qu’on appelait il Furioso était un maître violoniste habitué des envolées rapides et saccadées, mais c’est sur une pièce beaucoup plus lente et surtout d’une sensibilité extrême qu’on le découvre ici. L’opéra Il Giustino a été composé pour le Carnaval de Venise en 1724 et offert au chant au castrat Giovanni Ossi. Si Giustino est un des personnages principaux de l’opéra, c’est en réalité l’empereur byzantin Anastasio le vrai héros de cette histoire (Anastase Ier) dans laquelle il est marié à l’impératrice Ariane, veuve de son prédécesseur Zénon. Cette pièce (RV 717), nommée Vedrò con mio diletto, ce qui veut dire à peu de choses près “je verrais cela avec mon bien-aimé” raconte le moment précis où l’empereur Anastasio part pour le champ de bataille en s’éloignant de son épouse, cassant ainsi le code traditionnel qui veut qu’on parte se battre sur un air de bravoure. C’est au contraire ici une œuvre intimiste et douce, empreinte de tendresse tragique, témoignant d’une certaine humanité de la part d’un empereur. On découvre une œuvre toute en cordes et notes saccadées, légèrement en contrepoint, chantée par un des plus grands contreténors actuels, Philippe Jaroussky, dans une version orchestrée par Jean-Christophe Spinosi et jouée par l’ensemble Matheus et qu’on peut retrouver sur l’album Heroes, aux éditions de Virgin.

[audio:vedro.xol]

 

Danses princières : Legong au Palais d’Ubud

Danses princières : Legong au Palais d’Ubud

Je crois que je suis arrivé à Ubud un peu par hasard. Pourquoi cette ville en particulier et pas les plages pleines de surfeurs, battus par les vents et les vagues ? Parce que la mer n’est pas si clémente que ça dans cette partie du monde et j’ai préféré être au cœur de l’île et pouvoir y trouver là une base arrière un peu au centre de tout. Quant aux spectacles des cérémonies musicales, on ne peut vraiment arriver ici et ne pas se laisser happer par le charme étrange que dégagent ces orchestres musicaux jouant du métallophone dans un rythme endiablé, avec une rigueur incroyable et pendant de longues heures. Promenez-vous à Ubud le soir et vous ne manquerez pas d’entendre les orchestres jouer dans la fièvre et le moiteur des ténèbres.

Le Palais d’Ubud est réellement central dans la ville, au carrefour où l’on trouve le marché, l’ancien office du tourisme qui est en train de tomber en ruine, et le musée d’art moderne. On hésiterait presque à y entrer, car on voit bien que l’enceinte comprend des bâtiments où doivent vivre des notables. J’ai cherché des informations sur cette enceinte, mais je n’ai rien trouvé de pertinent. Il me semblait pourtant avoir lu quelque part qu’un sultan vivait là, même si son pouvoir était parfaitement réduit et dilué dans une démocratie naissante étendue entre dix-sept mille îles sur plus de 6 000 kilomètres.

On s’étonnera de la taille relativement réduite de ce bâtiment qu’on appelle palais, car rien ne le distingue réellement des autres maisons du centre, si ce n’est qu’on trouve à son entrée deux gardes de pierre, deux monstres vêtus de sarong et d’un morceau de tissu noué autour de la tête. Les étoffes changent a priori tous les jours. Partout sur les murs, ce ne sont que têtes de monstres grimaçants, singes riant, corps de femmes surmontés d’un visage horrible, tirant une langue démesurée retombant sur une poitrine opulente, dragons aux doigts ouverts en éventail, bêtes étranges descendant des murs la tête en bas. Tout un monde onirique et terrifiant.

Le soir venu, c’est dans ce décor princier que prennent vie des ombres assises sur le sol derrière leurs imposants instruments. Composés de lames de métal épais, des hommes en uniformes clinquants, sarongs et tissu noué sur la tête, commencent à caresser brutalement les touches avec mailloches et autres tiges de bois dans une symétrie absolument parfaite. Rien ne dépasse jamais.

Les femmes, sublimes danseuses vêtues d’or et de fleurs tressées, avancent dans une chorégraphie raffinée, mouvant leurs doigts dans des convulsions extatiques et faisant prendre à leur visage les plus étranges expressions, passant dans la seconde de la crainte la plus sombre à la joie extrême. Le rire et les larmes passent sur leur visage magnifique, car ces femmes ont la particularité, en dehors du fait qu’elles soient maquillées et apprêtées pour l’occasion, d’être vraiment très belles. Leur visage est d’une beauté stupéfiante et leur grâce fait d’elles de réelles déesses empreintes d’un savoir qui ne se perpétue qu’ici, sur l’île des Dieux.

Voici à nouveau un carnet sonore datant de février 2014, accompagné de photos plus belles que je n’aurais pu les prendre et d’une vidéo montrant réellement en quoi consiste le Legong balinais, une vidéo bien mieux montée que je n’en suis capable… En route pour le Legong.

Legong - 1934 - Anna Northcote (Severskaya), Private Collection

Danseuses de Legong – 1934 – Anna Northcote (Severskaya), Private Collection – Sur le site de Michelle Potter

Danseuse de Legong au Palais d'Ubud

Danseuse de Legong au Palais d’Ubud – Photo © Jorge Dalmau

Danseur de Legong à Ubud - Photo © Matt Palsh

Danseur de Legong à Ubud – Photo © Matt Palsh

Danseuse de Legong - Photo © Alberto

Danseuse de Legong – Photo © Alberto

Indonésie sonore #3 Bruits de la nuit et de la route

Indonésie sonore #3 Bruits de la nuit et de la route

De mes escapades nocturnes sur l’île de Bali, j’ai ramené l’âme de la nuit et de la nature. Si les campagnes sous nos latitudes sont loin d’être silencieuses, les nuits balinaises sont de véritables concerts paradisiaques et inquiétants, où la voix des insectes se mélangent à celle des crapauds en plein ébats amoureux, où l’eau est omniprésente, ruisselante, suintante, dégoulinante, remplissant des vasques servent à alimenter des rizières surchargées. Il suffit de croiser au détour d’un chemin le masque grimaçant d’un dieu sauvage à tête de singe ou de dragon, ou une fontaine représentant Ganesha, le Seigneur des Catégories, au mieux de sa forme, puissant et débonnaire, assis sur une fleur de lotus ruisselante, pour savoir qu’ici la nuit a des vertus hallucinogènes. Un léger coup de fatigue vous tourmentera bien plus que la plus puissante des drogues et vous vous retrouvez bien vite plongé dans le mysticisme de l’hindouisme, en pleine forêt tropicale.

Apprenons à écouter la pluie qui tombe drue, les crapauds qui s’adressent des compliments d’une rizière à l’autre, des coléoptères impossibles à identifier stridulant au point parfois d’incommoder le promeneur nocturne tellement le son est puissant. Écoutons aussi, le temps d’une journée grise et chaude, les conversations des deux chauffeurs de taxi qui ne connaissent leur île qu’approximativement et qui, j’en suis persuadé, se paient votre tête alors que vous vous demandez dans quelle embuscade vous allez encore tomber, lorsque tout à coup, on fait un demi-tour sportif en plein milieu d’une route étroite entourée de ravines pleines d’eau. On s’entend dire dans un anglais approximatif qu’il y a un barrage policier sur la route et qu’on fait un long détour pour vous protéger de la police corrompue, alors qu’en réalité c’est surtout leur peau tannée qu’il essaie de sauver (problème de licence ?).

Il faut savoir qu’Ubud est un village, très étendu, que les distances, si sur la carte ne paraissent pas si éloignées, sont en fait très grandes. Mais pour éviter les routes — personne ne songe vraiment ici à aller d’un point à un autre autrement que motorisé — il existe des petits chemins qui traversent parfois les jardins des hôtels, longent les rizières dans une nuit noire, parfois s’arrêtent puis reprennent. C’est dans ces moments nocturnes (on se couche tôt à Bali, le soleil aussi) que je me suis perdu dans la nuit pour capturer tous ces petits sons qui sont autant de souvenirs bien plus vivants parfois que de simples photos.

Ganesh

Singe dans la forêt des singes

Petit singe

Palais d'Ubud

Indonésie sonore #2 Des monstres avec une fleur à l’oreille

Indonésie sonore #2 Des monstres avec une fleur à l’oreille

L’Île des Dieux. C’est ainsi que Bali se définit. La religion y est partout présente et nulle part ailleurs au monde on ne ressent si fort la présence des forces divines au travers de la nature. Bénie entre toute, la petite île à la végétation luxuriante bénéficie d’un climat tropical et océanique propice à la prolifération de multiples espèces, d’arbres gigantesques, de mousses qui n’hésitent pas à coloniser le moindre petit espace pourvu qu’il y ait du soleil, de la chaleur et de l’humidité, profitant des constructions en pierre volcanique pour s’accrocher et coloniser encore et encore. Un paradis pour le règne végétal, dont les Dieux se sont emparés pour s’y installer. Pas étonnant que dans cette enclave hindouiste dans un chapelet de plus de 17 000 îles où l’islam règne en maître sur 90% de la population, se soit vue attribuer cette appellation qui n’a pas besoin d’explication pour comprendre.

Monstre grimaçant à Ubud

Voici un nouveau parcours sonore datant de février 2014, exclusivement réalisé à Bali, regroupant les ambiances sonores de la petite ville d’Ubud où j’étais installé, et les deux étapes sacrées aux yeux des Balinais : la sainte source du Pura Trita Empul de Tampak Siring et le temple de Gunung Kawi.

01 – Premier jour à Ubud (1’20”)

Arrivée à l’hôtel, au bout d’un chemin qu’on ne peut emprunter qu’à pied, au bout d’une rizière. Un bonheur indescriptible dans cette grande chambre toute simple où dès le premier soir, il pleut des trombes dans la touffeur d’une journée intense. Pluie, oiseaux, insectes, vent, la nuit indonésienne ne semble pas perturbée par les éléments, tout y chante dans un concert désordonné et majestueux.

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02 – Les insectes et les oiseaux (1’00”)

Un concert improbable qu’on ne croirait possible qu’au cœur de la jungle. Mais non, nous sommes ici en pleine ville. Les chiens y aboient de temps en temps, histoire de donner le change et de ne pas trop dépayser. Parfois une moto, une voiture, le vent dans les larges feuilles des palmiers, et toujours cet arrière fond sonore, omniprésent.

[audio:indo/02_UBUD.mp3]

03 – Bruits de la rue à Ubud (1’00”)

Il s’y passe à la fois tout et rien. On parle ici la langue unifiée Bahasa Indonesia. Dans la rue, lorsque vous avez l’audace de prononcer deux ou trois mots d’indonésien, il n’est pas rare qu’on vous demande en retour “do you speak bahasa ?“. Des bribes de conversations auxquelles on ne fait même plus attention et qu’il faut savoir capter comme de petites pépites ; voici l’âme d’Ubud.

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04 – Des oiseaux et du vent dans les mobiles (0’42”)

On trouve partout ces petits mobiles en cannes de bambous qui se font chahuter par le vent et qui donnent à l’air une constante sonorité renouvelée. Les sons ne se ressemblent jamais. Chacun forme un ensemble qui se joue comme un symphonie à la fois complexe et d’une simplicité mystique.

[audio:indo/04_UBUD.mp3]

05 – Des oiseaux partout (0’46”)

Si on ferme les yeux et qu’on ne sait pas qu’on est à Bali, on pourrait presque croire qu’on se trouve dans la campagne française avec ses tourterelles et ses petits bruits anodins. On est ici bien loin de Bali, peut-être à Chaumont-sur-Tharonne, en Sologne ou dans le Perche…

[audio:indo/05_UBUD.mp3]

06 – Entrée dans la pharmacie (0’10”)

Inévitables coups de soleil sous un ciel d’une traîtrise incroyable. Le passage par la pharmacie pour calmer la morsure est obligé. Pas de Biafine ici, pas de crème apaisante, on traite ici la cuisante attaque par des baumes à l’Aloé Vera d’une redoutable efficacité.

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07 – Grosse averse du matin (1’00”)

Le matin, parfois, le ciel déverse des tonnes d’eau sur la planète. Ce qui est vraiment sans conséquence tant que la température ne change pas et que le soleil revient dans la minute qui suit… Juste histoire de doucher la végétation…

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08 – Clochette votive au Pura Tirta Empul, à Tampak Siring (1’20”)

Changement de décor. Nous sommes ici à Tampak Siring, un haut-lieu de la spiritualité balinaise. Pura Tirta Empul est un ensemble de temples et de fontaines sacrées construite autour d’un lieu parfaitement singulier. Autour d’une source bouillonnante sortant de terre au beau milieu d’un enclos, d’autres bassins déversent l’eau de la source sacrée dans une ambiance à la fois solennelle et joyeuse. Un peu en retrait, un homme jeune tout vêtu de blanc sous un petit temple en toit de branchages fait tinter une clochette dans une attitude méditative qui force le respect et l’admiration. Derrière lui, deux femmes se recueillent dans une posture d’offrandes. Un moment à la fois troublant et plein d’une sagesse confondante, à mille lieues de l’agitation d’Ubud. On peut presque sentir le souffle de Vishnu, maître de lieux.

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Clochette votive à Tampak Siring

Clochette votive à Tampak Siring

Pura Tirta Empul

Pura Tirta Empul

09 – Mobiles d’eau au Pura Tirta Empul à Tampak Siring (1’50”)

A l’abri de la foule, toujours au Pura Tirta Empul, dans un jardin d’eau exploité par des paysans qui ont certainement en charge l’entretien du temple, à l’écart et loin des regards, on trouve une mare dans laquelle coule l’eau de la sainte source. Quelques mobiles en bambou se remplissent d’eau, se déversent à un autre étage et le mobile en remontant, fait un tac creux enchanteur et qui semble ne jamais s’arrêter. Encore une manière de faire confiance à la nature.

[audio:indo/09_TAMPAKSIRING.mp3]

10 – Fontaine à Gunung Kawi (0’56”)

Gunung Kawi

Gunung Kawi

On change encore de décor. A quelques kilomètres du Pura Tirta Empul se trouve le mystérieux temple de Gunung Kawi, perdu au fond d’une vallée, au beau milieu des rizières. Huit énormes stupas creusés dans la falaise de chaque côté de la rivière se font face, dans une atmosphère hautement sereine, désertée des touristes, à tel point qu’un homme avait délié son sarong pour se baigner nu dans la rivière en contrebas.

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11 – La rivière et le chant du coq à Gunung Kawi (0’47”)

Au pied de la rivière qui coule, on entend un coq chanter alors que le soir approche…

[audio:indo/11_GUNUNGKAWI.mp3]

12 – La rivière et le mobile à vent (0’47”)

Le vent se lève et un mobile s’agite avec le bruit de la rivière à l’arrière. Frénétique, extatique, un petit personnage joue de la hache et le mécanisme de bambous s’agite…

[audio:indo/12_GUNUNGKAWI.mp3]

13 – Jeune fille apprenant la musique à Gunung Kawi (0’23”)

Rue enfumée de Gunung Kawi

En remontant jusqu’à la voiture, j’entends une musique légère tandis que dans la rue, une fumée épaisse se répand et pique le nez. On brûle les feuilles mortes et ses ordures de la journée juste sur le pas de sa maison.  Le soleil passant au travers des frondaisons des arbres et de la fumée teinte la fin de journée d’une lumière irréelle. Je savoure ce doux instant en écoutant la petite jeune fille qui apprend à jouer sur un gambang sous l’œil inquisiteur de son maître… Magie d’un instant inoubliable.

[audio:indo/13_GUNUNGKAWI.mp3]

14 – Jeune fille apprenant la musique à Gunung Kawi, un chien et une moto (1’14”)

Rue enfumée de Gunung Kawi (moto)

Le paradis n’est pas immaculé. S’il n’y avait pas ces petits sons à côté, ces motos qui traversent le paysage, toutes ces choses qui sont autant de petites pollutions, le paradis serait un enfer de perfection…

[audio:indo/14_GUNUNGKAWI.mp3]
Funeral sentences for death of Queen Mary II Z.860 – March – Henry Purcell

Funeral sentences for death of Queen Mary II Z.860 – March – Henry Purcell

C’est un morceau d’une composition assez simple, avec un nombre limité d’instruments et d’une certaine lenteur indiquant bien la fonction qu’il occupe. Henry Purcell composa ce morceau en hommage à la reine Mary II d’Angleterre qui fit un bref passage dans le paysage de la royauté anglaise puisqu’elle ne régna que de 1689 à 1694. La grande reine, par la taille, puisqu’elle mesurait 1,80m, succomba à 32 ans à une épidémie de variole à la fin du mois de décembre 1694, lors d’un hiver rigoureux où la Tamise fut prise dans les glaces. Mariée à Guillaume III d’Orange-Nassau, celui-ci continua de régner jusqu’en 1702.

Marquée par une sombre puissance liée à l’utilisation de caisses profondes de deux tonalités différentes et de cuivres (en réalité des flatt trumpet, ancêtres baroques du trombone) jouant une simple et triste mélopée, j’ai personnellement découvert ce morceau dans mes années d’enfance lorsque je me passais en boucle le 33 tours de la bande originale du film A clockwork orange (Orange Mécanique) de Stanley Kubrick. Ambiance recueillement et solennité pour ce qu’on imagine parfaitement être joué en église, avec toute la pompe nécessaire pour ces événements.

Triste histoire que celle de ce morceau qui fut non seulement joué aux funérailles de la Reine Mary, mais également aux propres funérailles de Purcell qui s’éteignit à son tour en 1695, un peu moins d’un an après la reine.

[audio:queenmary.xol]

Funeral sentences for death of Queen Mary II – March
Music for Queen Mary, Sir John Eliot Gardiner, Equale Brass Ensemble, Monteverdi Choir and Orchestra (2004)

[audio:queenmary2.xol]

Funeral sentences for death of Queen Mary II – The man is born
Music for Queen Mary, Sir John Eliot Gardiner, Equale Brass Ensemble, Monteverdi Choir and Orchestra (2004)