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Prendre des risques à cette époque…

Prendre des risques à cette époque…

Je me suis lancé dans la lecture de Paul Morand avec le majestueux ouvrage nommé tout simplement « Voyages », édité dans la collection Bouquins de Robert Laffont. Morand, que je ne connaissais pas, a une écriture très lyrique, enveloppée et un peu pompeuse, une belle...

L’ombre de la route de la soie #2

L’ombre de la route de la soie #2

Que voyaient-ils donc ? Qu'espéraient-ils ? Ils marchaient dans une robuste euphorie, le pas énergique. Le divin était tout pour eux, il en devenait palpable. Que l'on fasse tourner un moulin à prière, que l'on allume une lampe à beurre, et quelque chose se mettait en...

L’ombre de la route de la soie #2

L’ombre de la route de la soie #1

La route se fit dépouillée. Plus rien ne venait l'adoucir ou la balafrer. Quand on parvenait au sommet d'une côte, on découvrait l'immobilité lunaire de collines arrondies que frôlait un maigre soleil, et des vallées érodées jusqu'au gris aluminium ou tapissées du...

Du Camp et Flau­bert en Orient

Du Camp et Flau­bert en Orient

Voici de quoi illustrer la désinvolture de ce drôle de bonhomme une peu dandy qu'était Maxime du Camp, parti sur les routes orientales pour flamber ses deniers entre Le Caire et Beyrouth. On disait l'homme fantasque, fortuné, un peu léger, et c'est avec lui que...

Dans les mots de Joseph Conrad

Dans les mots de Joseph Conrad

Avant de refermer le livre et de le ranger, il y a une étape. En saisir l'essence, repasser par la présentation de Claudine Lesage parlant de la langue de Joseph Conrad. Ce livre, c'est Du goût des voyages, suivi de Carnets de Congo, aux éditions Équateurs /...

Cli­na­men, le pas de côté

Cli­na­men, le pas de côté

Au souvenir des mots de Simon Leys citant, à peu de choses près, E.M. Forster, comme quoi « la mémoire ne retient vraiment que ce que l’on a saisi de biais », je ne pouvais passer à côté de cette déclaration de Stephen Greenblatt dans son livre Quattrocento : Le poème...

Cata­combes du pour­tour méditerranéen

On des­cend tou­jours de la même façon. Quelques marches taillées à même le banc de roche, une fraî­cheur qui monte à la ren­contre du visage avant même qu’on l’ait cher­chée, l’o­deur — cette odeur de cave, de pierre humide et de temps arrê­té, qui est la même à Rome, à Syra­cuse, à Sousse, à Milos.

Gadir, ou la Médi­ter­ra­née au bord de l’océan

Comp­toir tyrien avant d’être ville espa­gnole : his­toire longue d’une île qui ven­dit au monde le métal du bout du monde

Ibn Bat­tû­ta : le bas­sin médi­ter­ra­néen d’un voya­geur de Tanger

Le vent de Tan­ger sent l’iode et la pous­sière de cal­caire. En juin, la lumière tombe droit sur les ter­rasses blanches et la mer, en contre­bas, n’a pas encore la cou­leur qu’elle pren­dra en août : elle est d’un bleu plat, presque gris, tra­ver­sé de cou­rants que les pêcheurs lisent comme des routes.

Alexan­drie englou­tie : archéo­lo­gie d’une capi­tale par le fond

En 331 avant notre ère, Alexandre trace sur le sable le plan d’une ville qu’il ne ver­ra jamais ache­vée, et la mer, qui devait faire sa for­tune, finit par en prendre la meilleure part.

Felouques et daha­biehs : les voiles d’Assouan

Au soir, quand la cha­leur se retire de la pierre, une felouque se détache de la rive d’As­souan et prend le large entre les îles. Le reïs, debout à l’ar­rière, tient l’é­coute d’une main et la barre d’un pied nu ; il attend, sans hâte, ce moment pré­cis où la voile cesse de battre et se rem­plit d’un coup.

Byzance fémi­nin : impé­ra­trices, abbesses, courtisanes

On monte à la gale­rie de Sainte-Sophie par une rampe, pas par un esca­lier. C’est le pre­mier ren­sei­gne­ment que donne le bâti­ment, et il est d’ordre social : les marches sup­posent qu’on grimpe avec ses jambes, la rampe sup­pose qu’on est porté.

Gizeh, port fluvial

Le tirage albu­mi­né d’An­to­nio Bea­to montre une eau immo­bile, des pal­miers doubles — ceux du rivage et ceux du reflet —, et au fond, à peine des­si­née dans la brume argen­tique, la masse tri­an­gu­laire d’une pyra­mide. La légende dit : crue du Nil. Elle dit aus­si : offert au roi George V.

Les mines d’or de Nubie

Il faut se défaire tout de suite d’une idée : dans une mine d’or antique, il n’y a pas d’or. Ce qui reste, ce qui jonche le sol par tonnes et qu’on voit de loin, c’est la roche broyée. Des amon­cel­le­ments de quartz pilé, blanc, presque lumi­neux quand le soleil est bas, éta­lés en cônes et en langues sur des cen­taines de mètres au fond des ouadis.

Le Mont Athos : mille ans de répu­blique monastique

À Nea Roda, au fond du golfe, la route tra­verse une bande de terre si basse et si plate qu’on la fran­chit sans y pen­ser. Deux kilo­mètres de roseaux, de sel et de ter­rains vagues, des poteaux élec­triques, quelques serres.

Le som­meil de Phi­lippe — Hié­ra­po­lis, la ville sainte au-des­sus des enfers

On arrive à Hié­ra­po­lis par le blanc. C’est un blanc qui ne res­semble à rien de ce que l’on connaît, ni la neige, ni le sel, ni la chaux, un blanc miné­ral et tiède qui monte du fond de la val­lée du Lycos comme une lèpre magni­fique, et que les Turcs, avec ce génie qu’ils ont pour nom­mer les choses en les ren­dant domes­tiques, ont appe­lé Pamuk­kale, le châ­teau de coton.