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La porte des heures (cha­pitres 21 à 22 — Epilogue)

La porte des heures (cha­pitres 9 Ă  11)

Rupert avait, au cours des der­niers mois, déve­lop­pé une théo­rie per­son­nelle selon laquelle les moments de dan­ger extrême se déroulent tou­jours au ralen­ti — per­met­tant ain­si d’ob­ser­ver avec une clar­té dou­lou­reuse tous les détails et la pro­gres­sion de sa propre catas­trophe imminente.

La porte des heures (cha­pitres 21 à 22 — Epilogue)

La porte des heures (cha­pitres 4 Ă  5)

Le Pro­fes­seur Wolf­gang Stein arri­va au Pera Palace le soir même, sans avoir été invi­té, ce qui était deve­nu une tra­di­tion pour les visi­teurs impli­qués dans les mys­tères otto­mans. Il des­cen­dit d’un fiacre pous­sié­reux avec une valise fati­guée, des lunettes à mon­ture d’a­cier, et l’air hagard d’un homme ayant voya­gé trois jours en train depuis Ber­lin pour atteindre Constantinople.

La porte des heures (cha­pitres 21 à 22 — Epilogue)

La porte des heures (cha­pitres 1 Ă  3)

Rupert Beau­re­gard Whit­combe avait, au fil des six der­niers mois, déve­lop­pé une rou­tine qui aurait hor­ri­fié son ancien lui — celui qui cher­chait fré­né­ti­que­ment des dés de back­gam­mon pro­phé­tiques et ouvrait des chambres scel­lées conte­nant des sque­lettes d’une cer­taine valeur aristocratique.

Gji­ro­kastĂ«r, la MĂ©di­ter­ra­nĂ©e vue de dos

Il y a des villes qui regardent la mer et des villes qui lui tournent le dos. Gji­ro­kastër fait les deux à la fois. Accro­chée au flanc du Mali i Gjerë, à trois cents mètres au-des­sus d’une val­lée qui file vers le sud, elle est sépa­rée de l’A­dria­tique par une seule chaîne de montagnes.

Cyrène et Car­thage aux confins de la Grande Syrte

Entre les ruines blondes de Cyrène et les ves­tiges puniques de Car­thage s’é­tendent aujourd’­hui près de mille kilo­mètres de côte libyenne : une bande de sable, de seb­khas et de vent où plus rien ne signale la fron­tière qui sépa­ra pen­dant trois siècles deux mondes méditerranéens.

Motyé, la cité punique englou­tie et retrou­vée en Sicile

Le bateau glisse sur une eau qui ne dĂ©passe jamais l’é­paule. De part et d’autre, des rec­tangles d’eau rose et blanche s’é­tendent jus­qu’à l’ho­ri­zon, cou­pĂ©s par les ailes immo­biles de mou­lins Ă  toits rouges. Sous la coque, par endroits, on devine une ligne plus sombre, rec­ti­ligne, qui file vers le large avant de se perdre dans le miroi­te­ment de la lagune : une route.

Pal­myre romaine avant Zéno­bie : cara­vanes, taxes et dieux locaux

On ne pense à Pal­myre qu’à tra­vers une femme et une ruine. La reine qui défia Rome, les colon­nades qui gisent aujourd’­hui dis­per­sées dans le sable et les com­mu­ni­qués de guerre. Mais avant Zéno­bie, avant même que qui­conque songe à défier Rome, il y eut deux siècles d’une tout autre histoire.

Vingt-deux signes, l’al­pha­bet phénicien

Dans une salle du Musée natio­nal de Bey­routh, un cou­vercle de cal­caire porte, cou­rant le long de son rebord, une ligne de signes gra­vés d’une main sûre. Il faut se pen­cher pour la suivre : elle part sur la tranche, tourne l’angle, se pour­suit sur le plat. C’est une malédiction.

Cata­combes du pour­tour méditerranéen

On des­cend tou­jours de la mĂŞme façon. Quelques marches taillĂ©es Ă  mĂŞme le banc de roche, une fraî­cheur qui monte Ă  la ren­contre du visage avant mĂŞme qu’on l’ait cher­chĂ©e, l’o­deur — cette odeur de cave, de pierre humide et de temps arrê­tĂ©, qui est la mĂŞme Ă  Rome, Ă  Syra­cuse, Ă  Sousse, Ă  Milos.

Gadir, ou la Médi­ter­ra­née au bord de l’océan

Comp­toir tyrien avant d’être ville espa­gnole : his­toire longue d’une Ă®le qui ven­dit au monde le mĂ©tal du bout du monde

Ibn Bat­tû­ta : le bas­sin médi­ter­ra­néen d’un voya­geur de Tanger

Le vent de Tan­ger sent l’iode et la pous­sière de cal­caire. En juin, la lumière tombe droit sur les ter­rasses blanches et la mer, en contre­bas, n’a pas encore la cou­leur qu’elle pren­dra en août : elle est d’un bleu plat, presque gris, tra­ver­sé de cou­rants que les pêcheurs lisent comme des routes.

Alexan­drie englou­tie : archĂ©o­lo­gie d’une capi­tale par le fond

En 331 avant notre ère, Alexandre trace sur le sable le plan d’une ville qu’il ne ver­ra jamais ache­vée, et la mer, qui devait faire sa for­tune, finit par en prendre la meilleure part.

Felouques et daha­biehs : les voiles d’Assouan

Au soir, quand la cha­leur se retire de la pierre, une felouque se dĂ©tache de la rive d’As­souan et prend le large entre les Ă®les. Le reĂŻs, debout Ă  l’ar­rière, tient l’é­coute d’une main et la barre d’un pied nu ; il attend, sans hâte, ce moment pré­cis oĂą la voile cesse de battre et se rem­plit d’un coup.