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La rose et la tulipe, car­net de voyage à Istan­bul 2 : l’Hip­po­drome (At Meydanı)

La rose et la tulipe, car­net de voyage à Istan­bul 2 : l’Hip­po­drome (At Meydanı)

La rose et la tulipe Carnet de voyage à Istanbul 2 : l'Hippodrome (At Meydanı) Épisode d'avant : La rose et la tulipe, carnet de voyage à Istanbul Les guides touristiques sont très forts en général. Ils tendent à jouer sur l'histoire pour vous faire passer un lieu...

La rose et la tulipe, car­net de voyage à Istanbul

La rose et la tulipe, car­net de voyage à Istanbul

Se rendre à Istan­bul, se dire qu’on va y res­ter une semaine, his­toire de prendre le temps, de s’im­pré­gner de l’o­deur des lieux, de se lais­ser racon­ter des his­toires par les gens qui y vivent même avec la bar­rière de la langue, aller y Istan­bul — déjà tout un pro­gramme — est une chose, en reve­nir est une autre, beau­coup plus com­pli­quée. On a beau se dire qu’on va dans un pays loin­tain (la Tur­quie, même si la ques­tion de son entrée dans l’Eu­rope com­mu­nau­taire est encore loin d’être d’ac­tua­li­té, se trouve à 2000 km de Paris, 3h30 d’a­vion mais c’est déjà le bout du monde) et qu’on va tout faire pour ne pas se com­por­ter comme un tou­riste (rien n’é­tait pré­vu, juste un vol, une chambre d’hô­tel), on est tou­jours un étran­ger qui erre et que rien ne dis­tingue d’un autre tou­riste. Je pré­fère le terme de voya­geur, quel­qu’un qui voyage est à mon sens plus hono­rable que celui qui vient juste “faire un tour” et n’entre pas dans une démarche consommatrice.

Aux car­rières de la Méditerranée

On visite les monu­ments par l’en­droit, jamais par l’en­vers. On arrive au Par­thé­non par les Pro­py­lées, on entre dans la Grande Pyra­mide par le boyau que les pillards ont creu­sé, on lève la tête vers l’en­ta­ble­ment du temple de Bac­chus à Baal­bek en se deman­dant com­ment des hommes ont pu poser là-haut des blocs de cette taille.

Les îles des Princes, l’ar­chi­pel des disgrâces

Le fer­ry part de Kaba­taş et met une heure et demie à tra­ver­ser la mer de Mar­ma­ra, ce qui est peu pour chan­ger de monde. On laisse der­rière soi le tumulte d’Is­tan­bul, ses klaxons, ses seize mil­lions d’ha­bi­tants agglu­ti­nés sur deux conti­nents, et l’on avance vers un cha­pe­let de neuf îles cou­chées dans l’eau grise, dont quatre seule­ment se visitent.

Volu­bi­lis, Rome au bout du Maroc

La route de Mek­nès à Volu­bi­lis ne pré­vient pas. On roule une tren­taine de kilo­mètres au nord de la ville impé­riale, entre des champs d’orge et des oli­viers ali­gnés comme une troupe au repos, et rien n’an­nonce que l’on approche d’un bout du monde.

Nau­cra­tis, le comp­toir des Grecs dans le del­ta du Nil

Il y a des noms qui font plus de bruit que les lieux qu’ils dési­gnent. Nau­cra­tis en est un. On l’é­nonce et l’on croit entendre le grin­ce­ment des cor­dages, le heurt des amphores contre le flanc des barques, le grec ionien mêlé à l’é­gyp­tien sur un quai grouillant.

Byzance avant Constan­ti­nople : une modeste cité grecque du Bosphore

On oublie tou­jours qu’a­vant d’être le nom­bril du monde, Byzance a été un port de pêcheurs accro­ché à un pro­mon­toire, entre deux mers qui ne vou­laient pas se res­sem­bler. Le Bos­phore, à cet endroit, se res­serre comme une gorge : quelques enca­blures séparent l’Eu­rope de l’A­sie, et le cou­rant y des­cend de la mer Noire avec une vigueur qui a long­temps décou­ra­gé les marins peu aguerris.

Fer­nand Brau­del et l’in­ven­tion d’une his­toire au temps long de la Méditerranée

Il faut com­men­cer par un homme sans mer. Un bara­que­ment de la Bal­tique, un hiver alle­mand, des châ­lits super­po­sés, l’o­deur de laine mouillée et de tabac gris. L’O­flag X‑C de Lübeck est un camp de repré­sailles : on y regroupe les offi­ciers fran­çais jugés indo­ciles, les gaul­listes, les éva­dés repris.

Mis­tra, la der­nière capi­tale byzan­tine dans le Péloponnèse

On arrive à Mis­tra par le mau­vais côté, c’est-à-dire par le bon. La route qui monte de Sparte tra­verse d’a­bord une plaine que l’on n’at­ten­dait pas si verte : des oran­gers en rangs ser­rés, des oli­viers gris qui bougent à peine, des câpriers accro­chés aux murets, et sur tout cela une lumière de fin d’a­près-midi qui pose les ombres bien à plat.

Trois tom­beaux et pas un seul corps

Kath­leen Mar­ti­nez était avo­cate péna­liste à Saint-Domingue quand elle a déci­dé de trai­ter la dis­pa­ri­tion d’une femme morte depuis deux mille ans comme une affaire non réso­lue. Elle le dit elle-même, sans se for­cer : elle n’a jamais eu de pre­mière for­ma­tion d’ar­chéo­logue, sa dis­ci­pline c’est le droit cri­mi­nel, et elle a pris Cléo­pâtre comme on prend un dossier.

Une lampe aux ori­gines multiples

Un seau de perles posé par terre. Le pre­mier bruit de l’a­te­lier n’est pas celui du verre. C’est celui des perles. Un seau de plas­tique bleu, presque plein, posé contre le pied de l’é­ta­bli. Quand la main y plonge pour en tirer une poi­gnée, cela fait le son d’un res­sac très court, très sec — un chuin­te­ment miné­ral qui s’ar­rête net.

Trois objets dans la pyra­mide de Khéops

Un cro­chet de cuivre, une boule de pierre, un frag­ment de cèdre : le seul butin jamais tiré de l’in­té­rieur de la Grande Pyra­mide. Récit d’une dis­per­sion qui va d’une nuit de 1872, à la bou­gie, jus­qu’à une boîte à cigares oubliée dans les réserves d’un musée écossais.