Sorting by

×

Cabal­le­ros de otro mundo

Un peu de musique médiévale de bonne qualité... [audio:caballeros.xol] Caballeros de otro mundo (Os que boa morte morren) Extrait de l'album Caballeros, par Eduardo Paniagua, grand spécialiste de musique médiévale espagnole et andalouse en particulier, d'après le...

Lisa Ger­rard, l’enchanteresse

On connaît l'Australienne Lisa Gerrard au travers du groupe à qui elle donna sa voix avec Brendan Perry, Dead can dance, mais c'est en solo depuis quelques années qu'elle trouve son chemin, notamment avec l'album The Mirror Pool en 1995, point culminant de sa...

Tamer­la­no (HWV 18)

Tamerlano est un des plus beaux opéras de Haendel composé en moins de vingt jours en 1724. L'histoire s'inspire de l'Historiae Byzantinae du chroniqueur Michel Doukas et raconte l'histoire de Tamerlan (Timur Lang, le boiteux, تیمور Timūr) et du sultan ottoman Bajazet...

Haydn, sonate 28

Parfois, au détour d'une écoute hasardeuse dans la lumière ténébreuse d'un jour pluvieux de décembre, un petit bijou, au clavecin. Pour une fois, je trouve le jeu peu agressif et le son du clavecin clair, un peu étouffé, sensuel. Une des nombreuses sonates de Franz...

Karl Bar­tos — Live cinema

Bartos est un nom qu'on n'oublie pas, surtout lorsqu'il vient se produire à deux pas de chez vous, au centre des arts d'Enghien-les-bains. Il ne fait pas partie du noyau fondateur de Kraftwerk, le groupe pionnier en matière de musique électronique créé par Ralf Hütter...

Yma Sumac, diva inca du mambo

J'ai connu Yma Sumac par un heureux hasard, en lisant un article sur Bernard Lavilliers (que je n'apprécie que moyennement). J'ai appris également que Vanessa Paradis en parlait dans son tube interplanétaire Jo le Taxi (et dire que j'ai manqué ça ! ). Yma Sumac, de...

Teseo

Teseo (Thésée - HWV 9) est un long opéra de Georg Friedrich Haendel (j'ai appris il y a peu que le compositeur allemand s'était fait naturaliser britannique). Long car en 5 actes, ce qui est exceptionnel pour l'époque. Il n'a été joué que peu de fois depuis que son...

Nau­cra­tis, le comp­toir des Grecs dans le del­ta du Nil

Il y a des noms qui font plus de bruit que les lieux qu’ils dési­gnent. Nau­cra­tis en est un. On l’é­nonce et l’on croit entendre le grin­ce­ment des cor­dages, le heurt des amphores contre le flanc des barques, le grec ionien mêlé à l’é­gyp­tien sur un quai grouillant.

Byzance avant Constan­ti­nople : une modeste cité grecque du Bosphore

On oublie tou­jours qu’a­vant d’être le nom­bril du monde, Byzance a été un port de pêcheurs accro­ché à un pro­mon­toire, entre deux mers qui ne vou­laient pas se res­sem­bler. Le Bos­phore, à cet endroit, se res­serre comme une gorge : quelques enca­blures séparent l’Eu­rope de l’A­sie, et le cou­rant y des­cend de la mer Noire avec une vigueur qui a long­temps décou­ra­gé les marins peu aguerris.

Fer­nand Brau­del et l’in­ven­tion d’une his­toire au temps long de la Méditerranée

Il faut com­men­cer par un homme sans mer. Un bara­que­ment de la Bal­tique, un hiver alle­mand, des châ­lits super­po­sés, l’o­deur de laine mouillée et de tabac gris. L’O­flag X‑C de Lübeck est un camp de repré­sailles : on y regroupe les offi­ciers fran­çais jugés indo­ciles, les gaul­listes, les éva­dés repris.

Mis­tra, la der­nière capi­tale byzan­tine dans le Péloponnèse

On arrive à Mis­tra par le mau­vais côté, c’est-à-dire par le bon. La route qui monte de Sparte tra­verse d’a­bord une plaine que l’on n’at­ten­dait pas si verte : des oran­gers en rangs ser­rés, des oli­viers gris qui bougent à peine, des câpriers accro­chés aux murets, et sur tout cela une lumière de fin d’a­près-midi qui pose les ombres bien à plat.

Trois tom­beaux et pas un seul corps

Kath­leen Mar­ti­nez était avo­cate péna­liste à Saint-Domingue quand elle a déci­dé de trai­ter la dis­pa­ri­tion d’une femme morte depuis deux mille ans comme une affaire non réso­lue. Elle le dit elle-même, sans se for­cer : elle n’a jamais eu de pre­mière for­ma­tion d’ar­chéo­logue, sa dis­ci­pline c’est le droit cri­mi­nel, et elle a pris Cléo­pâtre comme on prend un dossier.

Une lampe aux ori­gines multiples

Un seau de perles posé par terre. Le pre­mier bruit de l’a­te­lier n’est pas celui du verre. C’est celui des perles. Un seau de plas­tique bleu, presque plein, posé contre le pied de l’é­ta­bli. Quand la main y plonge pour en tirer une poi­gnée, cela fait le son d’un res­sac très court, très sec — un chuin­te­ment miné­ral qui s’ar­rête net.

Trois objets dans la pyra­mide de Khéops

Un cro­chet de cuivre, une boule de pierre, un frag­ment de cèdre : le seul butin jamais tiré de l’in­té­rieur de la Grande Pyra­mide. Récit d’une dis­per­sion qui va d’une nuit de 1872, à la bou­gie, jus­qu’à une boîte à cigares oubliée dans les réserves d’un musée écossais.

Palimp­sestes sacrés : ces édi­fices qui ont chan­gé de dieu

Il existe une caté­go­rie de bâti­ments qui ne se laissent jamais réduire à une seule his­toire. On y entre pour prier un dieu et l’on y devine, sous la chaux, sous les tapis, der­rière les rideaux, la trace obs­ti­née d’un autre.

Ulu­bu­run : le navire qui a cou­lé avec tout un monde à son bord

Vers 1320 avant notre ère, un bateau de quinze mètres sombre au large de la côte lycienne avec dix tonnes de cuivre, une tonne d’é­tain, du verre bleu cobalt, de l’i­voire d’hip­po­po­tame, de l’ambre de la Bal­tique et un sca­ra­bée d’or au nom de Néfertiti.

La Lycie, Keko­va et Sime­na, ou la plus belle nécro­pole du monde

Il faut arri­ver à Keko­va par la mer. C’est la seule entrée digne de ce nom, la seule qui res­pecte la logique du lieu. On embarque à Üçağız ou à Kaş, sur l’un de ces cabo­teurs de bois qu’on appelle ici gulet, et très vite le monde se réor­ga­nise : la côte se hérisse, se découpe, se replie sur elle-même en une suc­ces­sion de criques et de presqu’îles.