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Dernières nouvelles du mondeLes mines d’or de Nubie
Il faut se défaire tout de suite d’une idée : dans une mine d’or antique, il n’y a pas d’or. Ce qui reste, ce qui jonche le sol par tonnes et qu’on voit de loin, c’est la roche broyée. Des amoncellements de quartz pilé, blanc, presque lumineux quand le soleil est bas, étalés en cônes et en langues sur des centaines de mètres au fond des ouadis.
Le Mont Athos : mille ans de république monastique
À Nea Roda, au fond du golfe, la route traverse une bande de terre si basse et si plate qu’on la franchit sans y penser. Deux kilomètres de roseaux, de sel et de terrains vagues, des poteaux électriques, quelques serres.
Le sommeil de Philippe — Hiérapolis, la ville sainte au-dessus des enfers
On arrive à Hiérapolis par le blanc. C’est un blanc qui ne ressemble à rien de ce que l’on connaît, ni la neige, ni le sel, ni la chaux, un blanc minéral et tiède qui monte du fond de la vallée du Lycos comme une lèpre magnifique, et que les Turcs, avec ce génie qu’ils ont pour nommer les choses en les rendant domestiques, ont appelé Pamukkale, le château de coton.
Les citernes de Constantinople, une capitale sans fleuve
Tout le monde connaît la Citerne Basilique, ses colonnes noyées et ses Méduses renversées. Mais Constantinople fut bâtie sur des dizaines de réservoirs, dont la plupart dorment encore sous les boutiques, sous les stades, sous les potagers de Fatih. Enquête dans une capitale qui a passé seize siècles à retenir de l’eau qu’elle n’avait pas.
L’or du Pactole
Il y a des civilisations qui ont tout inventé et qu’on a presque oubliées. La Lydie est de celles-là. Demandez autour de vous : on connaît Crésus, mais comme on connaît Picsou — un nom devenu adjectif, une richesse proverbiale détachée de toute géographie, de toute chair, de toute poussière.
Palerme aux trois langues
Il faut lever la tête, et il faut le faire longtemps, parce que la nuque proteste et que la lumière de la Chapelle Palatine est avare. On finit par distinguer, au-dessus des mosaïques byzantines et de leur or immobile, un plafond de bois qui n’a rien à faire là.
Les jardins de thé d’Istanbul, géographie de l’heure suspendue
C’est d’abord un son. Une petite cuillère qui tourne dans un verre, quelque part sous les platanes, et le tintement clair du métal contre la paroi mince. On l’entend avant de voir quoi que ce soit. Il traverse le feuillage, se mêle au cri des mouettes, au ronflement lointain d’un vapur qui accoste.
Les stèles du tophet de Carthage
Salammbô est une banlieue de Tunis comme il y en a partout sur cette côte : des villas basses aux volets décolorés, des bougainvillées qui débordent des murets, la ligne du TGM qui file vers La Marsa avec un bruit de ferraille patiente, et l’odeur du sel qui monte dès qu’on tourne le dos à la rue.
Qalawun, ou le tombeau de l’esclave aux mille dinars
Rue al-Mu’izz, Le Caire. Un sultan kiptchak, un hôpital pour les fous, un dôme qui a survécu à sept siècles de tremblements de terre.
Un style à poulpes
Un motif traverse la Méditerranée, 1500–400 avant notre ère
Le savon d’Alep, ou la très longue mémoire d’un pain vert
Il y a des objets qui contiennent plus d’histoire que bien des monuments. Un pain de savon brun, fendu d’un cœur vert, en sait plus long sur la Méditerranée que la plupart des livres qui prétendent la raconter.
Le Boucoléon, palais des lions de mer
Il faut d’abord accepter de ne rien voir. C’est la condition d’entrée, le droit de passage. Celui qui longe la rive sud de la vieille Istanbul, sur cette avenue Kennedy où les voitures filent comme si la mer de Marmara n’existait pas, celui-là passe devant le Boucoléon sans le savoir.
Le tarbouche, itinéraire d’un couvre-chef méditerranéen
Dans le souk Ech-Chaouachine de Tunis, entre la mosquée Zitouna et la Kasbah, un vieil homme façonne encore, assis en tailleur sur un banc de bois poli par deux siècles de la même posture, un bonnet de laine rouge qu’il appelle chéchia.
Umbilicus Urbis Romae
Il est onze heures et la pierre commence à rendre ce qu’elle a pris. On entre au Forum par la via Sacra, on descend, et la première chose que le corps apprend, avant l’œil, c’est que ce creux entre les collines est un four.
Baal et les dieux cananéens avant que la Bible ne les efface
Tout commence, comme souvent dans l’archéologie du Levant, par un accident agricole. Au printemps 1928, un paysan alaouite nommé Mahmoud Mella az-Zir laboure son champ près de la baie de Minet el-Beida, la « rade blanche », à une douzaine de kilomètres au nord de Lattaquié, sur la côte syrienne.














