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Boreaa­li­nen vyö­hyke (zone boréale)

Boreaa­li­nen vyö­hyke (zone boréale)

Le boréal est entré dans ma vie par plu­sieurs angles dif­fé­rents. Le pre­mier aura été la décou­verte de l’auteur danois Jørn Riel, aujourd’hui âgé de 88 ans et qui a écrit la série des racon­tars arc­tiques qui ont émaillé mes nuits d’étudiants de beaux sou­ve­nirs et d’histoires humaines fas­ci­nantes, que je n’ai tou­jours pas fini de lire…

Prendre le temps et gar­der la lumière

Prendre le temps et gar­der la lumière

Au coeur d’un hiver qui res­semble à un automne, la nuit la plus longue est déjà pas­sée par là, un peu ven­teuse, un peu plu­vieuse par inter­mit­tence ; rien de très sérieux. La lumière du soleil illu­mi­nait hier matin le pignon de la mai­son de la voi­sine en cares­sant le cré­pi. Ce matin, il n’est plus ques­tion de ça, la nature semble avoir envie de faire grise mine. Mais il n’empêche que le temps s’est arrê­té, tout est silen­cieux, non pas triste, mais au contraire lumi­neux et por­teur de joie.

Requiem pour Katri­na : lorsque la digue se rompt

Requiem pour Katri­na : lorsque la digue se rompt

C’est un mot qui n’a pas besoin d’être tra­duit pour être com­pris… Levee… En anglais, c’est une digue, même si dans les tra­duc­tions en fran­çais de la série des Dave Robi­cheaux écrits par James Lee Burke, le mot levee est tra­duit par levée… Ce qui convient assez bien. En tout cas, moi, j’adhère…

Le laza­ret de Pove­glia, l’île mau­dite de Venise

Le laza­ret de Pove­glia, l’île mau­dite de Venise

On ne dénombre plus les his­toires de fan­tômes dans les palais de la Séré­nis­sime, comme celle de la Ca’ Dario, que Monet a peint en son temps, ou celle du Casi­no degli Spi­ri­ti que l’on voit appa­raître dans l’album d’Hugo Pratt, Fable de Venise. Celle du laza­ret de Pove­glia est d’une toute autre dimension.

Pen­dant ce temps… En Mon­go­lie ou ailleurs…

Pen­dant ce temps… En Mon­go­lie ou ailleurs…

Nous avons per­du le sens des réa­li­tés, le sens de l’hu­ma­ni­té. Nous avons per­du le sens de la bien­veillance et de l’autre. Je ne sais pas com­ment on a pu en arri­ver là. Il faut conti­nuer les lec­tures et l’a­ven­ture des mots coule dans mes veines, que ce soit un poi­son ou une ambroi­sie. Ce fut une année de peu de lec­tures, un peu courte et chao­tique, où quelques livres ont trou­vé grâce à mes yeux fatigués.

Palerme aux trois langues

Il faut lever la tête, et il faut le faire long­temps, parce que la nuque pro­teste et que la lumière de la Cha­pelle Pala­tine est avare. On finit par dis­tin­guer, au-des­sus des mosaïques byzan­tines et de leur or immo­bile, un pla­fond de bois qui n’a rien à faire là.

Les jar­dins de thé d’Is­tan­bul, géo­gra­phie de l’heure suspendue

C’est d’a­bord un son. Une petite cuillère qui tourne dans un verre, quelque part sous les pla­tanes, et le tin­te­ment clair du métal contre la paroi mince. On l’en­tend avant de voir quoi que ce soit. Il tra­verse le feuillage, se mêle au cri des mouettes, au ron­fle­ment loin­tain d’un vapur qui accoste.

Les stèles du tophet de Carthage

Salamm­bô est une ban­lieue de Tunis comme il y en a par­tout sur cette côte : des vil­las basses aux volets déco­lo­rés, des bou­gain­vil­lées qui débordent des murets, la ligne du TGM qui file vers La Mar­sa avec un bruit de fer­raille patiente, et l’o­deur du sel qui monte dès qu’on tourne le dos à la rue.

Qala­wun, ou le tom­beau de l’es­clave aux mille dinars

Rue al-Mu’izz, Le Caire. Un sul­tan kipt­chak, un hôpi­tal pour les fous, un dôme qui a sur­vé­cu à sept siècles de trem­ble­ments de terre.

Un style à poulpes

Un motif tra­verse la Médi­ter­ra­née, 1500–400 avant notre ère

Le savon d’A­lep, ou la très longue mémoire d’un pain vert

Il y a des objets qui contiennent plus d’his­toire que bien des monu­ments. Un pain de savon brun, fen­du d’un cœur vert, en sait plus long sur la Médi­ter­ra­née que la plu­part des livres qui pré­tendent la raconter.

Le Bou­co­léon, palais des lions de mer

Il faut d’a­bord accep­ter de ne rien voir. C’est la condi­tion d’en­trée, le droit de pas­sage. Celui qui longe la rive sud de la vieille Istan­bul, sur cette ave­nue Ken­ne­dy où les voi­tures filent comme si la mer de Mar­ma­ra n’exis­tait pas, celui-là passe devant le Bou­co­léon sans le savoir.

Le tar­bouche, iti­né­raire d’un couvre-chef méditerranéen

Dans le souk Ech-Chaoua­chine de Tunis, entre la mos­quée Zitou­na et la Kas­bah, un vieil homme façonne encore, assis en tailleur sur un banc de bois poli par deux siècles de la même pos­ture, un bon­net de laine rouge qu’il appelle chéchia.

Umbi­li­cus Urbis Romae

Il est onze heures et la pierre com­mence à rendre ce qu’elle a pris. On entre au Forum par la via Sacra, on des­cend, et la pre­mière chose que le corps apprend, avant l’œil, c’est que ce creux entre les col­lines est un four.

Baal et les dieux cana­néens avant que la Bible ne les efface

Tout com­mence, comme sou­vent dans l’ar­chéo­lo­gie du Levant, par un acci­dent agri­cole. Au prin­temps 1928, un pay­san alaouite nom­mé Mah­moud Mel­la az-Zir laboure son champ près de la baie de Minet el-Bei­da, la « rade blanche », à une dou­zaine de kilo­mètres au nord de Lat­ta­quié, sur la côte syrienne.