VENDREDI — Où l’inspecteur Prunelle apprend l’art difficile de l’observation, découvre les secrets de la comtesse, et voit l’affaire du chien se résoudre d’une manière qu’il n’avait pas prévue
VENDREDI — Où l’inspecteur Prunelle apprend l’art difficile de l’observation, découvre les secrets de la comtesse, et voit l’affaire du chien se résoudre d’une manière qu’il n’avait pas prévue
JEUDI — Où l’inspecteur Prunelle croit tenir son homme, commet une erreur aux conséquences fâcheuses, et reçoit de la part d’un chasseur loucheur un conseil qui pourrait tout changer
MERCREDI — Où l’inspecteur Prunelle fait la connaissance de son homologue tchèque, développe une théorie audacieuse impliquant le trafic international de bichons, et assiste à un concert qui tourne mal
MARDI — Où l’inspecteur Prunelle mène l’enquête avec une méthode toute personnelle, interroge des témoins qui n’ont rien vu, et découvre que les deux affaires dont il s’occupe n’en font peut-être qu’une seule.
LUNDI — Où l’inspecteur Prunelle arrive à Prague, découvre l’Hotel Paris, et se trouve mêlé bien malgré lui à une affaire de la plus haute importance.
Godard vint le trouver le surlendemain, à l’aube. Bahram était dans le jardin, comme chaque matin depuis qu’il avait trouvé la miniature, car il ne dormait plus guère, car les nuits étaient peuplées de rêves étranges où Mostowfi lui parlait dans une langue qu’il ne comprenait pas.
« Vous êtes trempé, Nahavandi. » La voix venait de l’ombre des arcades, et Bahram se figea, la miniature serrée contre sa poitrine, l’eau du bassin ruisselant de ses vêtements sur les dalles de pierre. André Godard sortit de l’obscurité.
Le cri vint de l’aile est. C’était un cri de femme, aigu, déchirant, un cri qui traversa les murs épais de l’Abbasi et fit lever les têtes sur la terrasse du thé, où les clients prenaient leur petit-déjeuner dans la lumière dorée du matin, et Bahram, qui était assis seul à sa table avec un verre de thé et un morceau de pain, sentit quelque chose se glacer dans sa poitrine.
Le lendemain matin, Bahram décida de quitter l’hôtel. Non pas de partir, non pas de faire ses valises et de reprendre la route vers Persépolis ou Téhéran, mais simplement de sortir, de marcher dans la ville, de retrouver Ispahan au-delà des murs de l’Abbasi, car il sentait qu’il avait besoin de respirer un autre air, de voir d’autres visages.
Arthur Upham Pope arriva sur la terrasse du thé à cinq heures précises, comme s’il avait attendu derrière une porte que l’horloge sonnât, et son entrée fut remarquée de tous, car Pope ne savait pas entrer quelque part sans être remarqué, c’était au-dessus de ses forces, c’était contraire à sa nature même, et d’ailleurs il n’aurait pas voulu entrer autrement.