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Moka au Silent Bar

Moka au Silent Bar

Entrer dans un café, au Moka bar café* et demander un moka à l'amertume noble et sauvage, s'asseoir sur la banquette du fond, sur le cuir fatigué par tous ceux qui sont passés là et regarder ce qui se passe dans la rue pendant que la chaleur du café me brûle la gorge...

Latente

Latente

Assis sur le bord de l’océan en haut de la dune couverte d’oyats et de camomilles sauvages, face aux brisants en ce jour de grandes marées, face contre soleil et vent dans les oreilles, il y a quelque chose qui me revient en mémoire ; j’ai une vie là-bas alors que...

نباتات

نباتات

J'aurais simplement pu appeler cette nouvelle section "mes semaines au jardin"... mais j'ai préféré un titre qui me rapproche de mon enfance. نباتات c'est un jardin, plus précisément un jardin qu'on trouve sur les bords du Nil, un jardin plein de souvenirs, d'odeurs...

L’au­tomne en ville

L’au­tomne en ville

L'automne est bien là, il prend ses quartiers, s'installe tranquillement sans rien demander à personne. Les petits matins se remplissent d'une brume humide masquant l'horizon de marronniers se déplumant comme des poules prêtes à passer au pot ; l'air me scarifie la...

Une odeur de cuir ou de thé noir

Une odeur de cuir ou de thé noir

Recoller les morceaux de souvenirs pour reconstruire une réalité qui m'échappe au fur et à mesure que le temps passe, se remplit de nouveaux événements, incontrôlables, chassant petit à petit mon enfance dans les recoins de mon esprit. En écrivant, j'espère retrouver...

Moka au bar dans les petites rues sombres de Hong-Kong, sous le regard tendre d’un homme triste. Une femme de Thong Sala perd son regard dans la foule (semaine #1)

Moka au bar dans les petites rues sombres de Hong-Kong, sous le regard tendre d’un homme triste. Une femme de Thong Sala perd son regard dans la foule (semaine #1)

Regarde le matin se lever... On dirait un matin d'Asie sous ses voiles de brumes, sous un ciel trempé. Tu retrouves tes marques dans ces matins savants où tu passes ton temps à dévorer les pages des écrivains voyageurs, où ton remplis ton carnet rouge de notes de...

Timbres-poste #1

Timbres-poste #1

Samedi 29 août Au petit matin, au grand matin, la houle déferle entre mes deux oreilles. Une migraine tout ce qu'il y a de plus sympathique me saisit au pied du lit. Ces derniers temps, j'ai l'impression que le corps ne suit plus tout à fait, un peu comme si le poids...

Pal­myre romaine avant Zéno­bie : cara­vanes, taxes et dieux locaux

On ne pense à Pal­myre qu’à tra­vers une femme et une ruine. La reine qui défia Rome, les colon­nades qui gisent aujourd’­hui dis­per­sées dans le sable et les com­mu­ni­qués de guerre. Mais avant Zéno­bie, avant même que qui­conque songe à défier Rome, il y eut deux siècles d’une tout autre histoire.

Vingt-deux signes, l’al­pha­bet phénicien

Dans une salle du Musée natio­nal de Bey­routh, un cou­vercle de cal­caire porte, cou­rant le long de son rebord, une ligne de signes gra­vés d’une main sûre. Il faut se pen­cher pour la suivre : elle part sur la tranche, tourne l’angle, se pour­suit sur le plat. C’est une malédiction.

Cata­combes du pour­tour méditerranéen

On des­cend tou­jours de la même façon. Quelques marches taillées à même le banc de roche, une fraî­cheur qui monte à la ren­contre du visage avant même qu’on l’ait cher­chée, l’o­deur — cette odeur de cave, de pierre humide et de temps arrê­té, qui est la même à Rome, à Syra­cuse, à Sousse, à Milos.

Gadir, ou la Médi­ter­ra­née au bord de l’océan

Comp­toir tyrien avant d’être ville espa­gnole : his­toire longue d’une île qui ven­dit au monde le métal du bout du monde

Ibn Bat­tû­ta : le bas­sin médi­ter­ra­néen d’un voya­geur de Tanger

Le vent de Tan­ger sent l’iode et la pous­sière de cal­caire. En juin, la lumière tombe droit sur les ter­rasses blanches et la mer, en contre­bas, n’a pas encore la cou­leur qu’elle pren­dra en août : elle est d’un bleu plat, presque gris, tra­ver­sé de cou­rants que les pêcheurs lisent comme des routes.

Alexan­drie englou­tie : archéo­lo­gie d’une capi­tale par le fond

En 331 avant notre ère, Alexandre trace sur le sable le plan d’une ville qu’il ne ver­ra jamais ache­vée, et la mer, qui devait faire sa for­tune, finit par en prendre la meilleure part.

Felouques et daha­biehs : les voiles d’Assouan

Au soir, quand la cha­leur se retire de la pierre, une felouque se détache de la rive d’As­souan et prend le large entre les îles. Le reïs, debout à l’ar­rière, tient l’é­coute d’une main et la barre d’un pied nu ; il attend, sans hâte, ce moment pré­cis où la voile cesse de battre et se rem­plit d’un coup.

Byzance fémi­nin : impé­ra­trices, abbesses, courtisanes

On monte à la gale­rie de Sainte-Sophie par une rampe, pas par un esca­lier. C’est le pre­mier ren­sei­gne­ment que donne le bâti­ment, et il est d’ordre social : les marches sup­posent qu’on grimpe avec ses jambes, la rampe sup­pose qu’on est porté.

Gizeh, port fluvial

Le tirage albu­mi­né d’An­to­nio Bea­to montre une eau immo­bile, des pal­miers doubles — ceux du rivage et ceux du reflet —, et au fond, à peine des­si­née dans la brume argen­tique, la masse tri­an­gu­laire d’une pyra­mide. La légende dit : crue du Nil. Elle dit aus­si : offert au roi George V.

Les mines d’or de Nubie

Il faut se défaire tout de suite d’une idée : dans une mine d’or antique, il n’y a pas d’or. Ce qui reste, ce qui jonche le sol par tonnes et qu’on voit de loin, c’est la roche broyée. Des amon­cel­le­ments de quartz pilé, blanc, presque lumi­neux quand le soleil est bas, éta­lés en cônes et en langues sur des cen­taines de mètres au fond des ouadis.