Janvier est arrivé comme un coup de poing. Pas le mois lui-même — janvier à Tombouctou est un mois doux, frais même, les nuits descendent vers dix degrés et le vent du Sahara se calme, comme si le désert reprenait son souffle.
En septembre, l’ordre est venu de Bamako. Pas un ordre écrit — plus personne n’écrivait rien, les papiers étaient des preuves et les preuves étaient des condamnations.
L’automne avait repris ses droits sur Tokyo. Les ginkgos du quartier de Hibiya jaunissaient d’un coup, comme si quelqu’un avait retourné un sablier..
Le Tribunal militaire international pour l’Extrême-Orient siégeait dans l’ancien bâtiment du ministère de la Guerre, à Ichigaya, à quelques kilomètres de l’Imperial.
L’eau de vétiver tremblait dans la carafe, et Irfan se dit que c’était la chaleur, rien que la chaleur, cette façon qu’avait juin de tout faire vibrer…