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Les hauts pla­teaux — Lieve Joris

Rivière Congo Photo © CIFOR (Center for International Forestry Research) Voici un récit journalistique écrit par Lieve Joris, une écrivaine belge de langue flamande dont le grand-oncle fut missionnaire au Zaïre. Lieve Joris et le Congo, c'est une vieille affaire, elle...

Les signets de la BnF

Une rudement bonne idée que ces signets de la BnF. Les bibliothécaires de la vénérable institution ont rassemblé à cet endroit les ressources et outils de recherches classés par catégories ou domaines de connaissance. Autant dire que les perspectives ouvertes par ce...

Win­ter — Rick Bass

Photo © GlacierNPS L'hiver commence à s'en aller. La journée d'hier, belle et fraiche en était le premier signe. Lorsque l'humidité commence à s'évaporer et qu'elle laisse la place à de belles journées lumineuses, c'est là que tout redevient clair et que l'impression...

L’é­li­mi­na­tion — Rithy Panh

L’é­li­mi­na­tion — Rithy Panh

Je ne sais pas pourquoi je me suis rué sur ce bouquin. Il m'arrive parfois de retourner un livre pour en lire la quatrième de couverture et de rester accroché sur quelques mots. En l'occurrence, ce livre, s'il n'avait été recouvert d'un bandeau où figure la photo du...

Cita­tions exhumées

Lorsque j'étais étudiant, épinglées au-dessus de mon bureau sur le liège, se trouvaient des étiquettes sur lesquelles j'avais noté certaines des citations les plus coquasses ou les plus significatives au regard du sujet de mon mémoire. Dans les divers déménagements...

Magie bar­the­sienne des espaces

En 1975, Roland Barthes inaugure une série d'autoportraits, dans lequel il proposera au lecteur un portrait en forme de fulgurances, de petites phrases qui ne manqueront pas d'évoquer les Fragments, fragments héraclitéens qui disent une vérité laconique et poussent au...

La fosse aux cobras — Cha­pitres 9 à 12

Elle arri­va un ven­dre­di de février, par la porte vitrée, avec un sac à dos trop gros pour son corps et un car­net Moles­kine ser­ré contre sa poi­trine comme un bouclier.

La fosse aux cobras — Cha­pitres 5 à 8

Il arri­va un jeu­di de décembre, par le vol de Franc­fort, avec deux valises, un sac en ban­dou­lière bour­ré de cahiers et une barbe de trois jours qui lui don­nait l’air d’un homme qui a ces­sé de se sou­cier de son appa­rence depuis suf­fi­sam­ment long­temps pour que cette négli­gence soit deve­nue un style.

La fosse aux cobras — Cha­pitres 1 à 4

Le pla­teau n’é­tait pas en argent. Étain, peut-être, ou un alliage que per­sonne n’a­vait jamais su nom­mer, mais Nong l’ap­pe­lait le pla­teau d’argent parce que c’é­tait ain­si que le Dr. Henn l’a­vait appe­lé la pre­mière fois, en 1974, quand elle avait dix-huit ans et ne com­pre­nait pas un mot d’anglais.

L’o­deur de l’o­range — Cha­pitres 7 à 10

Le mer­cre­di, ils firent l’a­mour. Ce ne fut pas bru­tal, ce ne fut pas lent — ce fut quelque chose entre les deux, quelque chose qui avait la pré­ci­sion d’un geste répé­té mille fois en pen­sée et la mal­adresse d’un geste accom­pli pour la pre­mière fois.

L’o­deur de l’o­range — Cha­pitres 4 à 6

Il faut remon­ter. Il faut quit­ter jan­vier 2011, quit­ter la pous­sière du Majes­tic et les sirènes et les vidéos trem­blantes sur les écrans de télé­phone, il faut remon­ter le temps comme on remonte un escalier

L’o­deur de l’o­range — Cha­pitres 1 à 3

La pluie de jan­vier à Tunis n’est pas une vraie pluie. C’est autre chose — un voile gris, tiède encore, qui tombe sans convic­tion sur les façades de l’a­ve­nue de Paris et donne aux trot­toirs cet éclat trouble.

Sai­son humide — Cin­quième partie

Il avait plu toute la nuit. Une pluie régu­lière, obs­ti­née, sans colère — pas un orage, pas un déluge, juste la mous­son dans sa ver­sion la plus pure, la plus constante : un rideau d’eau conti­nu qui tom­bait du ciel comme si le ciel avait déci­dé de se vider et n’a­vait fixé aucune date limite.

Sai­son humide — Qua­trième partie

L’homme s’ap­pe­lait Del­vaux. Ou Devaux. Ou quelque chose comme ça — il mar­mon­nait son nom dans sa barbe comme s’il n’y tenait plus, comme si le nom n’é­tait qu’un vête­ment usé qu’on porte encore par habitude.

Sai­son humide — Troi­sième partie

Ils prirent l’ha­bi­tude des temples à midi. C’é­tait l’heure morte de Luang Pra­bang, l’heure où la cha­leur attei­gnait son paroxysme et où la ville entière se repliait sur elle-même comme un ani­mal qui cherche l’ombre.

Sai­son humide — Deuxième partie

La pluie avait un voca­bu­laire. Il leur fal­lut quelques jours pour l’ap­prendre, mais ils l’ap­prirent — non pas avec la tête, mais avec le corps, les oreilles, la peau.