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« Des Égypte de l’esprit »

« Des Égypte de l’esprit »

Sagesse de Ryckmans... Le fait est que seules les impressions accidentelles laissent une empreinte durable sur notre sensibilité ; nous ne les avions pas recherchées — et moins encore, nous n'avions réservé à cette fin une place dans un tour organisé. Comme le disait...

L’empire du laid… et de l’ignorance

L’empire du laid… et de l’ignorance

Jean-Pierre Filiu a raison et personne ne doit perdre cela de vue : les destructions de Daech dans le musée de Mossoul ont deux vocations. La première est de générer un trafic d’œuvres d'art dont les recettes sont juteuses. La seconde est un outil de propagande. Voici...

Les mys­té­rieuses paroles de l’Apocalypse

Les mys­té­rieuses paroles de l’Apocalypse

Je l'ai déjà dit et le redirai au besoin : il faut lire l'Apocalypse, et lire aussi l'Ancien Testament. Pas pour leur message, mais pour leur beauté intrinsèque. Parfois, la parole sacrée prend la forme d'une poésie presque ésotérique, dans laquelle du sens est...

Esthé­tique du talus

Esthé­tique du talus

Vous connaissez la Bretagne ? Vous vous êtes déjà promené dans ce qu'on appelle le bocage français ? Ce paysage caractéristique où les champs sont délimités par des arbres hauts permettant de couper l'effet dévastateur du vent sur les récoltes ? On le voit en...

Barat­tages #3

Je me pose souvent des questions. En fait, je me réfère souvent au passé pour me poser des questions et lorsque je regarde dans le rétroviseur, je me demande souvent si ce n'était pas mieux avant. Bien sûr que c'était mieux avant, parce que sinon on ne s'en...

Barat­tages #1

Barattage [baʁataʒ] n. m. — 1845 ; de baratter ♦ Action de baratter (la crème) pour obtenir le beurre. Baratter [baʁate] v. tr. — 1583 ; « s'agiter » XIIè ; peut-être du scandinave barâtta « combat », ou du préf. bar- exprimant l'oppos., et lat. actiare de agere «...

Palerme aux trois langues

Il faut lever la tête, et il faut le faire long­temps, parce que la nuque pro­teste et que la lumière de la Cha­pelle Pala­tine est avare. On finit par dis­tin­guer, au-des­sus des mosaïques byzan­tines et de leur or immo­bile, un pla­fond de bois qui n’a rien à faire là.

Les jar­dins de thé d’Is­tan­bul, géo­gra­phie de l’heure suspendue

C’est d’a­bord un son. Une petite cuillère qui tourne dans un verre, quelque part sous les pla­tanes, et le tin­te­ment clair du métal contre la paroi mince. On l’en­tend avant de voir quoi que ce soit. Il tra­verse le feuillage, se mêle au cri des mouettes, au ron­fle­ment loin­tain d’un vapur qui accoste.

Les stèles du tophet de Carthage

Salamm­bô est une ban­lieue de Tunis comme il y en a par­tout sur cette côte : des vil­las basses aux volets déco­lo­rés, des bou­gain­vil­lées qui débordent des murets, la ligne du TGM qui file vers La Mar­sa avec un bruit de fer­raille patiente, et l’o­deur du sel qui monte dès qu’on tourne le dos à la rue.

Qala­wun, ou le tom­beau de l’es­clave aux mille dinars

Rue al-Mu’izz, Le Caire. Un sul­tan kipt­chak, un hôpi­tal pour les fous, un dôme qui a sur­vé­cu à sept siècles de trem­ble­ments de terre.

Un style à poulpes

Un motif tra­verse la Médi­ter­ra­née, 1500–400 avant notre ère

Le savon d’A­lep, ou la très longue mémoire d’un pain vert

Il y a des objets qui contiennent plus d’his­toire que bien des monu­ments. Un pain de savon brun, fen­du d’un cœur vert, en sait plus long sur la Médi­ter­ra­née que la plu­part des livres qui pré­tendent la raconter.

Le Bou­co­léon, palais des lions de mer

Il faut d’a­bord accep­ter de ne rien voir. C’est la condi­tion d’en­trée, le droit de pas­sage. Celui qui longe la rive sud de la vieille Istan­bul, sur cette ave­nue Ken­ne­dy où les voi­tures filent comme si la mer de Mar­ma­ra n’exis­tait pas, celui-là passe devant le Bou­co­léon sans le savoir.

Le tar­bouche, iti­né­raire d’un couvre-chef méditerranéen

Dans le souk Ech-Chaoua­chine de Tunis, entre la mos­quée Zitou­na et la Kas­bah, un vieil homme façonne encore, assis en tailleur sur un banc de bois poli par deux siècles de la même pos­ture, un bon­net de laine rouge qu’il appelle chéchia.

Umbi­li­cus Urbis Romae

Il est onze heures et la pierre com­mence à rendre ce qu’elle a pris. On entre au Forum par la via Sacra, on des­cend, et la pre­mière chose que le corps apprend, avant l’œil, c’est que ce creux entre les col­lines est un four.

Baal et les dieux cana­néens avant que la Bible ne les efface

Tout com­mence, comme sou­vent dans l’ar­chéo­lo­gie du Levant, par un acci­dent agri­cole. Au prin­temps 1928, un pay­san alaouite nom­mé Mah­moud Mel­la az-Zir laboure son champ près de la baie de Minet el-Bei­da, la « rade blanche », à une dou­zaine de kilo­mètres au nord de Lat­ta­quié, sur la côte syrienne.