Les nuits changèrent. Aurélien ne s’en aperçut pas tout de suite — ou plutôt, il s’en aperçut comme on s’aperçoit d’un changement de saison, par des signes indirects, des indices que le corps perçoit avant que l’esprit ne les nomme.
Les nuits changèrent. Aurélien ne s’en aperçut pas tout de suite — ou plutôt, il s’en aperçut comme on s’aperçoit d’un changement de saison, par des signes indirects, des indices que le corps perçoit avant que l’esprit ne les nomme.
C’était un dimanche, et les dimanches à Vientiane avaient une consistance particulière — plus épaisse que les autres jours, plus lente, comme si la ville, déjà nonchalante en semaine, décidait de ne plus bouger du tout.
Il y avait d’abord la lumière. Elle passait à travers les persiennes du premier étage comme un liquide très lent, un miel pâle qui s’étalait sur le parquet en lattes sombres.