L’invention du selfie par le facétieux Byron

L’invention du selfie par le facétieux Byron

L’invention du selfie

Par le facétieux Byron

DE L’art de ne pas trop se prendre au sérieux

J’imagine que se prendre en photo a quelque chose d’un peu mégalomaniaque, que l’image de soi, le reflet de soi que l’on admire à la surface de l’eau, tel Narcisse admirant sa propre image, dit quelque chose de la perception que l’on a de son propre ego. Mais je ne peux pas m’empêcher de penser qu’il se cache autre chose dans ces portraits mal fichus que l’on fait de soi, comme une manière de ne pas trop se prendre au sérieux.

J’ai appris il y a quelques temps, en lisant ce très bon article de Thierry Do Espirito, que le vrai précurseur du selfie était un photographe basé à New York, Josef Byron, dit Uncle Joe. Comme le dit l’auteur, on imagine à quel point le temps de pause long a dû leur être un peu pénible. Mais je serais tenté de dire “peu importe“, au vu de la mine réjouie de ces messieurs comme il faut, parfaitement affublés de leur gabardine et de leur melon. Le facétieux Byron et ces photographes de métier se sont amusés à se prendre en photo eux-mêmes, et voilà le résultat…

Mais le plus drôle dans cette histoire, c’est qu’ils ont fait plusieurs épreuves, et lors de l’une d’elle, ils se sont fait prendre en photo, en train de se prendre en photo…

Quant au vieux Josef Byron, il n’en était pas à son coup d’essai… Et en plus, ça a l’air de le faire marrer…

Et que dire de quelques uns des selfies les plus célèbres… celui de l’astronaute Aki Hoshide, de Buzz Aldrin et de Tony Ray Jones. De vraies œuvres d’art témoignant d’une époque, d’une ambiance, ou plus simplement… d’une facétie…

Le conte de la princesse Kaguya d’Isao Takahata

Le conte de la princesse Kaguya d’Isao Takahata

Il est sorti comme ça, tout discrètement, une semaine où les navets étaient à l’honneur, et c’est à peine si on en a entendu parler. Isao Takahata vient de sortir son dernier film en France, Le conte de la princesse Kaguya (Kaguya-hime). Contrairement à ses précédents films, celui-ci n’est pas une animation colorée dans le droit style du studio Ghibli comme on a pu le voir dans Pompoko par exemple, un de ses films les plus colorés, à la fois engagé et très traditionaliste, mais un chef-d’œuvre épuré à l’extrême ; tout ici est dessiné au fusain, image par image et coloré au pastel, puis monté dans une volonté claire de faire au plus simple. Les habitués des animations Ghibli y perdront peut-être leur latin, mais ce qui en ressort est un film qui finalement s’affranchit vraiment du conte pour enfant et reste cruel comme savent l’être les contes traditionnels japonais.

Le conte de la princesse Kaguya (Kaguya hime no monogatari)

Un coupeur de bambou trouve un jour dans la bambouseraie du village, une toute petite fille à l’intérieur d’une grosse pousse. Il la recueille et très vite elle grandit, beaucoup plus rapidement qu’une petite fille normale, et son père adoptif, convaincu que cette fillette lui a été envoyée pour qu’il en fasse une princesse, va l’extraire de sa pauvreté et du village dans lequel elle grandit pour qu’elle devienne la plus grande princesse de la cour. A l’aide d’or et de tissus qu’il trouve également dans la bambouseraie, il va la faire se parer des plus beaux atours du Japon afin qu’elle puisse trouver le plus beau parti de la région. Seulement, la jeune fille reste une petite fille de la campagne et elle ne songe qu’à s’amuser et à courir en tous sens. Devant la pression de son père, elle finira par abdiquer et à faire ce qu’on attend d’elle.

Isao Takahata par Nicolas Guérin

Isao Takahata par Nicolas Guérin

Dans ce film un peu long (ce qui me fait dire aussi que 2h17 c’est un peu long pour une animation pour des enfants), on est finalement assez troublé de voir à quel point cette jeune fille aux pouvoirs surnaturels résiste dans un premier temps, abdique ensuite, pour finalement se rendre compte que son attitude désinvolte n’a fait que semer le trouble et la mort autour d’elle. Pourtant, il est impossible de lui reprocher quoi que ce soit, tant elle est belle et mutine. Celle qui deviendra la princesse Kaguya finira par refuser la mission qui était la sienne et ne pourra faire autrement que de retourner de là où elle vient.
Loin de la farce burlesque de Pompoko ou du tragique allégorique du Tombeau des lucioles, ce film reste comme une perle fine, dont le dessin emporté est comme un pied-de-nez à la haute technologie utilisée en dépit du bon sens. Un très beau film qui nécessite une écoute silencieuse.

Une version du conte du Coupeur de bambou.

Les merveilles de Jean Painlevé #9 – Comment naissent les méduses

Nous voici transportés dans le Finistère, sur l’estran de Roscoff où l’on trouve encore aujourd’hui un aquarium un peu vieillot, quelques vieilles bâtisses évoquant l’âge d’or d’Anne de Bretagne et le souvenir du colportage de légumes avec les Johnnies, les fameux vendeurs d’oignons. Mais là n’est pas la question, puisque nous sommes à la station biologique, un haut-lieu scientifique où l’on forme les futurs scientifiques de l’IFREMER et où Jean Painlevé, en 1960, filme la naissance des méduses dans un ballet de lumières tout à fait fascinant.

Comment naissent les méduses
de Jean Painlevé
France/1960/14’25” (more…)

D’huile et de chair

Voici une expérience tout à fait étonnante de la part de l’Italien Rino Stefano Tagliafierro qui s’est adonné à un exercice assez déconcertant. Il s’est mis en tête d’animer des toiles grâce à l’imagerie numérique, avec juste ce qu’il faut de mouvement pour donner l’impression que le sujet est vivant. C’est assez troublant dans son ensemble puisqu’il a accolé une centaine de tableaux, évoquant aussi bien une certaine idée de l’érotisme que de la folie ; ces mouvements rendent beaucoup plus sensibles les sujets. La musique, inquiétante elle-aussi, donne une certaine idée d’un romantisme très dix-neuvième, dans une cohérence vivement recherchée.
La vidéo s’appelle en toute simplicité Beauty et on peut retrouver ici le nom de toutes les toiles utilisées. A regarder en plein écran de préférence pour se plonger dedans…

Les merveilles de Jean Painlevé #8 – Le vampire

Huitième volet des petits films de Jean Painlevé. Le vampire… Étrangement, ce film sort en 1945, juste après la guerre. Petite musique très Nouvelle-Orléans en accompagnement, nous assistons à la mise en parallèle du Nosferatu de Murnau et de l’acte de succion du sang chez la Desmodus rotundus dont la morsure vous réserve quelques belles maladies très sympathiques. En préambule, un tour d’horizon des petites bébêtes adorables qui nous pourrissent l’existence. (more…)

Die Abenteuer des Prinzen Achmed de Lotte Reiniger (1926)

Die Abenteuer des Prinzen Achmed de Lotte Reiniger (1926) - Les aevntures du Prince Ahmed

Se dire que ce film d’animation a 87 ans est tout de même hallucinant. Tourné en 1926 par la réalisatrice Lotte Reiniger, entièrement réalisé en animation de silhouettes, il dure environ 66 minutes et a été tourné en 24 images par seconde, soit près de 100.000 images. Les aventures du Prince Ahmed est un des tableaux qui composent les Mille et une nuits et à ce titre, est une animation d’une rare finesse et d’une beauté féérique. C’est également le plus vieux film d’animation connu et existant.

Lotte Reiniger