L’in­ven­tion du sel­fie

Par le facé­tieux Byron

DE L’art de ne pas trop se prendre au sérieux

J’i­ma­gine que se prendre en pho­to a quelque chose d’un peu méga­lo­ma­niaque, que l’i­mage de soi, le reflet de soi que l’on admire à la sur­face de l’eau, tel Nar­cisse admi­rant sa propre image, dit quelque chose de la per­cep­tion que l’on a de son propre ego. Mais je ne peux pas m’empêcher de pen­ser qu’il se cache autre chose dans ces por­traits mal fichus que l’on fait de soi, comme une manière de ne pas trop se prendre au sérieux.

J’ai appris il y a quelques temps, en lisant ce très bon article de Thier­ry Do Espi­ri­to, que le vrai pré­cur­seur du sel­fie était un pho­to­graphe basé à New York, Josef Byron, dit Uncle Joe. Comme le dit l’au­teur, on ima­gine à quel point le temps de pause long a dû leur être un peu pénible. Mais je serais ten­té de dire “peu importe”, au vu de la mine réjouie de ces mes­sieurs comme il faut, par­fai­te­ment affu­blés de leur gabar­dine et de leur melon. Le facé­tieux Byron et ces pho­to­graphes de métier se sont amu­sés à se prendre en pho­to eux-mêmes, et voi­là le résul­tat…

Mais le plus drôle dans cette his­toire, c’est qu’ils ont fait plu­sieurs épreuves, et lors de l’une d’elle, ils se sont fait prendre en pho­to, en train de se prendre en pho­to…

Quant au vieux Josef Byron, il n’en était pas à son coup d’es­sai… Et en plus, ça a l’air de le faire mar­rer…

Et que dire de quelques uns des sel­fies les plus célèbres… celui de l’as­tro­naute Aki Hoshide, de Buzz Aldrin et de Tony Ray Jones. De vraies œuvres d’art témoi­gnant d’une époque, d’une ambiance, ou plus sim­ple­ment… d’une facé­tie…

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