Nova Palmae

Le 7 octobre 1593, est fondée une ville pour commémorer la victoire de la République de Venise sur l’Empire Ottoman à la bataille de Lépante. Le 7 octobre est également le jour de la Sainte Justine, sous le patronage de laquelle la ville de Palmanova est placée .

Son plan en étoile à neuf branches, calqué sur le modèle bastionné du tracé de fortifications à l’italienne, utilise les dernières innovations en matière d’architecture militaire et inspirera bon nombre de constructions ultérieures, et nombre d’architectes, dont un certain Vauban. L’auteur de cette perle qui, vu du ciel, est un pur témoignage d’harmonie architecturale est un certain Vincenzo Scamozzi (portrait d’une exceptionnelle beauté peint par Veronese ci-dessus), qui en plus de son activité d’architecte était également scénographe pour le théâtre. Une de ses plus belles créations est le Teatro all’Antica de Sabbioneta.
Aujourd’hui, la ville n’a quasiment pas changé de physionomie.


Bâoli

Cette curieuse structure portant le nom étrange de bâoli(1) est en réalité un puits à degrés. Celui de Chand en est un exemplaire assez surprenant car situé dans une région semi-désertique, arrosée pendant trois mois de l’année par la mousson, il est planté au milieu d’une ville de moyenne importance, portant le nom de Abhaneri. La construction datant du IXème siècle, comporte en tout 3500 marches sur 13 étages, pour une profondeur de 30 mètres et n’est pas qu’un simple puits destiné à récolter les eaux de pluie ; il sert également de réservoir pour l’irrigation des plaines et certainement accessoirement de lieu de repos rafraîchissant. Ce qui est étonnant, c’est qu’en plus d’avoir une forme de pyramide inversée, sa structure présente des marches disposées de telle sorte à reproduire le même motif géométrique mais à l’envers. La fonction esthétique est très certainement soutenue par une fonction symbolique, voire religieuse, mais il est difficile de la déterminer de nos jours, même si on se doute que ces bâolis jouent un rôle dans les ablutions rituelles hindoues.

On trouve surtout ces monuments en forme de ziggourats inversées dans l’ouest de l’Inde, là où le climat est chaud et humide.

Bâoli de Chand, Abhaneri

Bâoli de Panna Mia

Bâoli Adalaj Vav

Localisation du bâoli de Chand sur Google Maps.

Notes :
(1) bawdi (Hindi: बावड़ी), baoli (Hindi: बावली), vaav (Gujarati: વાવ)

Mots d’un vocabulaire oublié V

Avertissement: billet à haute teneur en mots rares et précieux, sauvés de l’oubli.

  1. 1er volet
  2. 2nd volet
  3. 3ème volet
  4. 4ème volet
  5. 5ème volet
  6. 6ème volet
  7. 7ème volet
  8. 8ème volet
  9. 9ème volet
  10. 10ème volet

Douelle

C’est le parement intérieur d’un arc, qu’on désigne aussi sous le nom d’intrados. Dans une voûte, chaque claveau possède sa douelle. A est la douelle du claveau représenté fig. 1.

Douelle.png

Empyrée

Vient du grec empyros, έμπυριος (embyrios) signifiant qui est enflammé, dérivé de πυρ (feu)
Partie du ciel la plus élevée, que les anciens regardaient comme le séjour des divinités célestes.

Bosch Hieronymus, vers 1450-1516. “LES VISIONS DE L’AU-DELÀ: L’ASCENSION VERS L’EMPYRÉE”,
détail. 1500-1504. Dernier des 4 panneaux, 87×40 cm. Huile sur bois. Venise, Palazzo Ducale.

Enfeu

Déverbal de enfouir. Un enfeu est une tombe encastrée dans l’épaisseur du mur d’un édifice religieux (église, cimetière). Il était généralement réservé aux nobles.

Il peut être superposé. Des gisants peuvent figurer en dessous ou au-dessus. Plusieurs niches peuvent montrer le défunt à différents moments de sa vie. Des saints peuvent aussi y figurer.

Enfeu dans un prieuré dominicain, Athenry, County Galway, Edwin Rae

Escoperche (ou écoperche)

Vieux français : escot : « rameau » et de perche.

  1. (Arts) Perche qui, dans un échafaudage, soutient des perches ou planches horizontales.
  2. (Bâtiment) Grande perche verticale d’échafaudage en bois ou en acier munie d’une poulie, servant à élever des matériaux de construction.

Perche ou baliveau posé verticalement pour soutenir les boulins d’un échafaud de maçon (voy. Échafaud). L’escoperche est aussi une pièce de bois munie d’une poulie à son extrémité supérieure, et qu’on attache au sommet d’une chèvre pour en augmenter la hauteur ou lui donner plus de nez.

Imposte

Dans l’architecture classique maçonnée :

  • Une imposte est une pierre saillante (généralement dure) qui forme le couronnement du piédroit d’un arc (l’imposte est au piédroit ce que le chapiteau est à la colonne). Cette pierre est généralement moulurée selon les ordres architecturaux.
  • Le corps de moulure de l’arc (le châssis de tympan) se nomme également imposte .

Orant

Un orant (ou priant, du latin orare, prier) désigne, dans l’art religieux, un personnage représenté dans une attitude de prière, souvent agenouillé. La réalisation est fréquemment une statue en ronde-bosse ou une sculpture en haut-relief.

Associé au gisant, c’est l’un des éléments de décoration d’un tombeau ou d’un enfeu.

Tombeau d’Henri II et de Catherine de Médicis dans la Rotonde des Valois,
Basilique de Saint-Denis – Gravure d’Alexandre Lenoir (19e siècle)

Remploi

Les spolia (terme latin neutre pluriel, donc masculin pluriel en français) ou remplois ou réemplois, désignent la réutilisation, notamment sous l’empire romain tardif, de pièces et œuvres d’art de monuments romains antérieurs comme matériaux de construction dans un nouveau monument (comme par exemple l’arc de Janus, l’arc de Constantin).
Il n’est pas établi si cet usage est d’abord idéologique (retour à une gloire passée), esthétique (remploi d’œuvres d’art appréciées et ainsi sauvegardées) ou pratique (récupération d’un monument en ruine, et coût de matière première réduite).
L’hypothèse du recyclage pour des raisons économiques et pratiques est la plus probable, dans l’édification des remparts des cités romaines à partir de la fin du IIIe siècle, par la réutilisation de pierres de monuments, en particulier funéraires, bâtis à l’entrée des villes et souvent à l’abandon.

Reused inscribed blocks

Arch of Constantine

Yerebatan Sarnıcı

La Yerebatan Sarnıcı (la citerne enfouie sous terre), également connue sous le nom grec de Basilikè kinstérnè (Βασιλικὴ κινστέρνη) est un lieu étrange situé sous les pieds d’Istanbul, ou plutôt de Constantinople. On dit souvent de cette « citerne basilique » que c’est le monument, en dehors de la cathédrale Sainte-Sophie, qui mérite le plus l’attention des touristes (ce qui n’est pas forcément un label de référence). En l’occurrence, cette citerne avait exactement le même rôle que le réservoir de Montsouris à Paris. C’est l’empereur Justinien qui décida la construction en 532 de cette citerne si grande qu’on l’appelle Basilikè, afin de contenir les eaux pluviales hivernales en surabondance pour les stocker pour les périodes plus sèches. Cette spécificité du climat turc et l’absence de cours d’eau souterrain permettant l’apport suffisant en eau courante a été à l’origine du creusement de plusieurs citernes sous le sol de la ville ; on pouvait autrefois en dénombrer environ quatre-vingt dont la capacité totale devait avoisiner 900 000 m3 pour les citernes à ciel ouvert et 160 000 m3 pour les souterraine. La capacité de la citerne Yerebatan Sarnıcı, la plus importante parmi les souterraines est de 78 000 m3 (138 x 64,6 m) tandis que celle d’Aétius, à ciel ouvert, mesurait 244 m sur 85 m, pour une profondeur de 14 m environ et une capacité évaluée à 250 ou 300 000 m3.

Une des curiosités de ce lieu étrange, est l’utilisation de futs monolithiques et de chapiteaux de colonnes corinthiens en remploi. Deux des trois-cents trente-six colonnes reposent sur d’énormes blocs rectangulaires taillés représentant la gorgone Méduse. Personne ne sait pourquoi ils sont là, ni quelle est leur signification et surtout pourquoi l’un de ces blocs est renversé et l’autre de côté. On visite ce lieu parfaitement hors du commun, et dont l’ambiance donne réellement l’impression qu’on se trouve dans quelque lieu saint, avec des bottes.

Localisation sur Google Maps.

Istanbul - Citerne basilique - 19-10-2008 - 10h30

Derrière les jalis du mausolée d’Itimâd-ud-Daulâ

Dans la ville d’Agrâ, connue pour abriter sur son territoire le superbe Taj Mahal, se trouve un élégant bâtiment de marbre blanc flanqué de quatre tours hexagonales d’environ treize mètres de haut, bâti sur un socle carré posé sur la rive gauche de la rivière Yamunâ. Ce mausolée, construit par la fille de Mîrzâ Ghiyâs Beg (grand-père de Arjumand Bânu Begam, plus connue sous le nom de Mumtâz Mahal), qui avait pris le titre de pilier de l’état (Itimâd-ud-Daulâ – اعتماد الدولہ کا مقبرہ) au dix-septième siècle, est considéré comme le premier exemple d’architecture moghole(1). On estime souvent qu’il est le brouillon du Taj Mahal dans richesse ornementale et la beauté du bâtiment est soutenue par les jalis(2), des écrans de marbre finement ciselés conférant à l’intérieur une ambiance fantomatique lorsque la lumière y pénètre et par l’inclusion de pierre semi-précieuses dans les panneaux de marbre blanc à la finesse remarquable.

Itimad-ud-Daulah's Tomb - detail
Jali screen and decorated spandrels. IMG_7999
Itimad-ud-daulah's Tomb
Itimad Ud Daulah

Localisation du mausolée d’Itimâd-ud-Daulâ sur Google Maps.

Notes:
1 – Le peuple moghol descend de Tamerlan, de tradition turco-mongole et persanisé
2 – Le jali le plus célèbre est celui de la mosquée Siddi Saiyyed à Ahmedabad, au Gujarat. C’est une version indienne du moucharabieh (mašrabīya, مشربية) arabe.

Stavkirkjes

Hopperstad stavkirke

Stavkirke, c’est ainsi qu’on nomme les églises faites de bois qu’autrefois on trouvait partout en Europe du Nord, construites avec des futs de pin sylvestre et qu’on appelait également parfois « églises en bois debout » ; Les fondations du bâtiment reposent sur des pieux (stav). Si elles sont richement décorées de motifs faisant écho à la mythologie odinique, elles sont la plupart construites sur d’anciens lieux symboliques païens. Il n’en reste plus aujourd’hui qu’en Norvège.