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Pipes d’o­pium #9

Pipes d’o­pium #9

Première pipe d'opium. On devrait tous lire — ou relire — Saint Augustin d'Hippone, le célèbre auteur des Confessions. Il est des choses qui ne sont pas des choses et d'autres qui sont aussi des signes [...] Parmi ces signes, certains sont seulement des signaux,...

Pipes d’o­pium #8

Pipes d’o­pium #8

Où il est question d'une ville sainte qui se transforme en bordel, d'un Italien au Japon, d'un Hongrois au Vietnam, d'un Breton en Chine et d'une Chinoise qui ressemble à une Islandaise... Première pipe d'opium. Finir une belle lecture, passionnante et âpre, de celles...

Pipes d’o­pium #7

Pipes d’o­pium #7

Où il est question d'un poète indien, d'une femme chinoise qui n'a jamais existé, des paroles du Bouddha et d'une chanteuse islandaise qui chante à la manière des scaldes. Première pipe d'opium. Rabindranath Thakur dit Tagore (রবীন্দ্রনাথ ঠাকুর), prix Nobel de...

Pipes d’o­pium #6

Pipes d’o­pium #6

Où il est question d'une insolente en pays fermé, de confessions bretonnes, d'une grotte à peine connue et d'un cœur allemand qui s'épanche en larmes. Première pipe d'opium. Elle s'appelle Élodie Bernard. Née en 1984, elle a ramené dans ses valises un ouvrage paru...

Pipes d’o­pium #5

Pipes d’o­pium #5

Aujourd'hui, ces pipes d'opium ne sont dédiées qu'à une seule personne ; le photographe néo-zélandais Brian Brake. Et il n'y a pas grand-chose à en dire, car les mots ont parfois du mal à commenter les photos. Brake est un personnage de l'ombre, même s'il fût décoré...

Pipes d’o­pium #4

Pipes d’o­pium #4

Première pipe d'opium. Cette photo-là, une photo mythique. Elle représente l'écrivain Nicolas Bouvier et son ami de toujours, Thierry Vernet. Bouvier est mort en 1998, Vernet en 1993. La femme présente sur la photo, c'est Floristella Stephani, celle qui deviendra...

Pipes d’o­pium #3

Pipes d’o­pium #3

Où il est question d'un grand-père comptable transformé en photographe, d'un orgasme matinal du mois d'août, d'un hôtel construit par un architecte célèbre et qui aurait bien pu ne pas résister à un tremblement de terre, d'un arbre qui pousse les pieds dans l'eau, de...

Pipes d’o­pium #2

Pipes d’o­pium #2

Où il est question d'un vieillard, d'un jeune Américain agaçant qui se trouve dans le périnée du temps, d'un soldat à qui est dédicacé le Petit prince qui se retrouve en Cochinchine, d'une roue de chariot sur laquelle urine un voleur, d'un Canadien dans une Asie...

Pipes d’o­pium #1

Pipes d’o­pium #1

Première pipe d'opium. Ce qui est difficile dans l'apprentissage d'une langue, ce ne sont pas tant les règles de grammaire, qui pour un esprit normalement constitué, ne sont que des règles parmi tant d'autres, à apprendre, à mémoriser, à faire siennes, à retranscrire,...

Les Cyclades avant la tha­las­so­cra­tie crétoise

Mille ans avant que Minos n’existe, même comme rumeur, un archi­pel avait déjà inven­té sa manière de tra­ver­ser la mer. On l’a long­temps lu comme la pro­vince d’une Crète rayon­nante. C’est l’in­verse : la Crète est arri­vée dans un monde qui navi­guait depuis toujours.

La table de Peu­tin­ger et l’i­dée romaine de la distance

Dépliez-la sur une table trop courte et elle déborde de par­tout : six mètres quatre-vingt-deux de long pour trente-quatre cen­ti­mètres de haut, un ruban de par­che­min qui ne res­semble à aucune carte que l’œil moderne ait appris à lire. Aucun conti­nent n’y a la forme qu’on lui connaît.

Tim­gad, ville neuve plan­tée dans les Aurès

On ne fonde pas une ville comme on fonde un vil­lage. On la trace. Tim­gad est née d’un coup de style, un jour de l’an 100, sur un pla­teau caillou­teux où rien, avant elle, ne por­tait de nom latin — et il a fal­lu près de dix-huit siècles de sable pour que ce coup de style s’ef­face, puis un siècle et demi de pioches fran­çaises pour qu’on le redessine.

Utique avant Car­thage : la doyenne oubliée des colo­nies phéniciennes

Le vent qui tra­verse les oli­viers d’U­tique n’a plus l’o­deur du sel. Douze kilo­mètres séparent aujourd’­hui l’é­pe­ron cal­caire où s’ac­crochent les ruines de la ligne bleue de la Médi­ter­ra­née, et il faut un effort d’i­ma­gi­na­tion assez violent pour repla­cer, sous les labours et les serres agri­coles, le golfe où mouillaient les navires tyriens.

Gji­ro­kastër, la Médi­ter­ra­née vue de dos

Il y a des villes qui regardent la mer et des villes qui lui tournent le dos. Gji­ro­kastër fait les deux à la fois. Accro­chée au flanc du Mali i Gjerë, à trois cents mètres au-des­sus d’une val­lée qui file vers le sud, elle est sépa­rée de l’A­dria­tique par une seule chaîne de montagnes.

Cyrène et Car­thage aux confins de la Grande Syrte

Entre les ruines blondes de Cyrène et les ves­tiges puniques de Car­thage s’é­tendent aujourd’­hui près de mille kilo­mètres de côte libyenne : une bande de sable, de seb­khas et de vent où plus rien ne signale la fron­tière qui sépa­ra pen­dant trois siècles deux mondes méditerranéens.

Motyé, la cité punique englou­tie et retrou­vée en Sicile

Le bateau glisse sur une eau qui ne dépasse jamais l’é­paule. De part et d’autre, des rec­tangles d’eau rose et blanche s’é­tendent jus­qu’à l’ho­ri­zon, cou­pés par les ailes immo­biles de mou­lins à toits rouges. Sous la coque, par endroits, on devine une ligne plus sombre, rec­ti­ligne, qui file vers le large avant de se perdre dans le miroi­te­ment de la lagune : une route.

Pal­myre romaine avant Zéno­bie : cara­vanes, taxes et dieux locaux

On ne pense à Pal­myre qu’à tra­vers une femme et une ruine. La reine qui défia Rome, les colon­nades qui gisent aujourd’­hui dis­per­sées dans le sable et les com­mu­ni­qués de guerre. Mais avant Zéno­bie, avant même que qui­conque songe à défier Rome, il y eut deux siècles d’une tout autre histoire.

Vingt-deux signes, l’al­pha­bet phénicien

Dans une salle du Musée natio­nal de Bey­routh, un cou­vercle de cal­caire porte, cou­rant le long de son rebord, une ligne de signes gra­vés d’une main sûre. Il faut se pen­cher pour la suivre : elle part sur la tranche, tourne l’angle, se pour­suit sur le plat. C’est une malédiction.

Cata­combes du pour­tour méditerranéen

On des­cend tou­jours de la même façon. Quelques marches taillées à même le banc de roche, une fraî­cheur qui monte à la ren­contre du visage avant même qu’on l’ait cher­chée, l’o­deur — cette odeur de cave, de pierre humide et de temps arrê­té, qui est la même à Rome, à Syra­cuse, à Sousse, à Milos.