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Mini­ma­liste du same­di matin #5

Semaine éprouvante qui mérite de se terminer dans le repos, dans la béatitude sacrée d'une bonne grosse semaine de congés. Enfin. Une petite passerelle avant l'été, un répit d'une courte seconde. L'occasion de se détendre, de se vautrer dans la beauté de la nudité la...

Le chant amou­reux du Parasaurolophus

Avec mon fils, nous adorons regarder le tout-venant du reportage sur les changements climatiques, les phénomènes astronomiques, les catastrophes naturelles et ce samedi après-midi ensoleillé et calme — toujours pas d'avions dans le ciel —, juste avant de sombrer dans...

Mini­ma­liste du same­di matin #4

Ma fin de semaine s'éteint dans un bien-être doucereux servi ce vendredi midi par une immense assiette de mezzés libanais, salade de persils, falafels, moujaddara, houmous... Il y avait longtemps que je n'avais pas autant émerveillé mes papilles, d'autant que le jour...

Mini­ma­liste du same­di matin #3

Je me répète souvent comme pour se réconforter que je suis bien dans mon blog — signe des temps et concept moderne, on n'est plus "bien dans sa tête", ou "bien dans ses baskets" (ça fait excessivement 80's), désormais on est bien dans son blog — que j'y trouve un...

Mini­ma­liste du same­di matin #1

Il est sept heures du matin et je ne dors plus. J'écoute les Variations Goldberg filer sous la pluie et je me dis que Bach et Satie sont des hommes de la pluie, sont comme des soleils dans la nuit. Les gouttes tombent avec fracas sur le seuil de mon balcon,...

Un nou­vel ami

Ce soir, je m'endors dans les bras du premier baronnet d'Abbotsford, sir Walter Scott. J'ai envie de me faire un nouvel ami de l'auteur des Tales of my Landlord et en particulier de cette œuvre grandiose qu'est le Cœur du Mid-Lothian. Je raconterai comment c'était une...

Les Cyclades avant la tha­las­so­cra­tie crétoise

Mille ans avant que Minos n’existe, même comme rumeur, un archi­pel avait déjà inven­té sa manière de tra­ver­ser la mer. On l’a long­temps lu comme la pro­vince d’une Crète rayon­nante. C’est l’in­verse : la Crète est arri­vée dans un monde qui navi­guait depuis toujours.

La table de Peu­tin­ger et l’i­dée romaine de la distance

Dépliez-la sur une table trop courte et elle déborde de par­tout : six mètres quatre-vingt-deux de long pour trente-quatre cen­ti­mètres de haut, un ruban de par­che­min qui ne res­semble à aucune carte que l’œil moderne ait appris à lire. Aucun conti­nent n’y a la forme qu’on lui connaît.

Tim­gad, ville neuve plan­tée dans les Aurès

On ne fonde pas une ville comme on fonde un vil­lage. On la trace. Tim­gad est née d’un coup de style, un jour de l’an 100, sur un pla­teau caillou­teux où rien, avant elle, ne por­tait de nom latin — et il a fal­lu près de dix-huit siècles de sable pour que ce coup de style s’ef­face, puis un siècle et demi de pioches fran­çaises pour qu’on le redessine.

Utique avant Car­thage : la doyenne oubliée des colo­nies phéniciennes

Le vent qui tra­verse les oli­viers d’U­tique n’a plus l’o­deur du sel. Douze kilo­mètres séparent aujourd’­hui l’é­pe­ron cal­caire où s’ac­crochent les ruines de la ligne bleue de la Médi­ter­ra­née, et il faut un effort d’i­ma­gi­na­tion assez violent pour repla­cer, sous les labours et les serres agri­coles, le golfe où mouillaient les navires tyriens.

Gji­ro­kastër, la Médi­ter­ra­née vue de dos

Il y a des villes qui regardent la mer et des villes qui lui tournent le dos. Gji­ro­kastër fait les deux à la fois. Accro­chée au flanc du Mali i Gjerë, à trois cents mètres au-des­sus d’une val­lée qui file vers le sud, elle est sépa­rée de l’A­dria­tique par une seule chaîne de montagnes.

Cyrène et Car­thage aux confins de la Grande Syrte

Entre les ruines blondes de Cyrène et les ves­tiges puniques de Car­thage s’é­tendent aujourd’­hui près de mille kilo­mètres de côte libyenne : une bande de sable, de seb­khas et de vent où plus rien ne signale la fron­tière qui sépa­ra pen­dant trois siècles deux mondes méditerranéens.

Motyé, la cité punique englou­tie et retrou­vée en Sicile

Le bateau glisse sur une eau qui ne dépasse jamais l’é­paule. De part et d’autre, des rec­tangles d’eau rose et blanche s’é­tendent jus­qu’à l’ho­ri­zon, cou­pés par les ailes immo­biles de mou­lins à toits rouges. Sous la coque, par endroits, on devine une ligne plus sombre, rec­ti­ligne, qui file vers le large avant de se perdre dans le miroi­te­ment de la lagune : une route.

Pal­myre romaine avant Zéno­bie : cara­vanes, taxes et dieux locaux

On ne pense à Pal­myre qu’à tra­vers une femme et une ruine. La reine qui défia Rome, les colon­nades qui gisent aujourd’­hui dis­per­sées dans le sable et les com­mu­ni­qués de guerre. Mais avant Zéno­bie, avant même que qui­conque songe à défier Rome, il y eut deux siècles d’une tout autre histoire.

Vingt-deux signes, l’al­pha­bet phénicien

Dans une salle du Musée natio­nal de Bey­routh, un cou­vercle de cal­caire porte, cou­rant le long de son rebord, une ligne de signes gra­vés d’une main sûre. Il faut se pen­cher pour la suivre : elle part sur la tranche, tourne l’angle, se pour­suit sur le plat. C’est une malédiction.

Cata­combes du pour­tour méditerranéen

On des­cend tou­jours de la même façon. Quelques marches taillées à même le banc de roche, une fraî­cheur qui monte à la ren­contre du visage avant même qu’on l’ait cher­chée, l’o­deur — cette odeur de cave, de pierre humide et de temps arrê­té, qui est la même à Rome, à Syra­cuse, à Sousse, à Milos.