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Mini­ma­liste du same­di matin #5

Semaine éprouvante qui mérite de se terminer dans le repos, dans la béatitude sacrée d'une bonne grosse semaine de congés. Enfin. Une petite passerelle avant l'été, un répit d'une courte seconde. L'occasion de se détendre, de se vautrer dans la beauté de la nudité la...

Le chant amou­reux du Parasaurolophus

Avec mon fils, nous adorons regarder le tout-venant du reportage sur les changements climatiques, les phénomènes astronomiques, les catastrophes naturelles et ce samedi après-midi ensoleillé et calme — toujours pas d'avions dans le ciel —, juste avant de sombrer dans...

Mini­ma­liste du same­di matin #4

Ma fin de semaine s'éteint dans un bien-être doucereux servi ce vendredi midi par une immense assiette de mezzés libanais, salade de persils, falafels, moujaddara, houmous... Il y avait longtemps que je n'avais pas autant émerveillé mes papilles, d'autant que le jour...

Mini­ma­liste du same­di matin #3

Je me répète souvent comme pour se réconforter que je suis bien dans mon blog — signe des temps et concept moderne, on n'est plus "bien dans sa tête", ou "bien dans ses baskets" (ça fait excessivement 80's), désormais on est bien dans son blog — que j'y trouve un...

Mini­ma­liste du same­di matin #1

Il est sept heures du matin et je ne dors plus. J'écoute les Variations Goldberg filer sous la pluie et je me dis que Bach et Satie sont des hommes de la pluie, sont comme des soleils dans la nuit. Les gouttes tombent avec fracas sur le seuil de mon balcon,...

Un nou­vel ami

Ce soir, je m'endors dans les bras du premier baronnet d'Abbotsford, sir Walter Scott. J'ai envie de me faire un nouvel ami de l'auteur des Tales of my Landlord et en particulier de cette œuvre grandiose qu'est le Cœur du Mid-Lothian. Je raconterai comment c'était une...

La fosse aux cobras — Cha­pitres 9 à 12

Elle arri­va un ven­dre­di de février, par la porte vitrée, avec un sac à dos trop gros pour son corps et un car­net Moles­kine ser­ré contre sa poi­trine comme un bouclier.

La fosse aux cobras — Cha­pitres 5 à 8

Il arri­va un jeu­di de décembre, par le vol de Franc­fort, avec deux valises, un sac en ban­dou­lière bour­ré de cahiers et une barbe de trois jours qui lui don­nait l’air d’un homme qui a ces­sé de se sou­cier de son appa­rence depuis suf­fi­sam­ment long­temps pour que cette négli­gence soit deve­nue un style.

La fosse aux cobras — Cha­pitres 1 à 4

Le pla­teau n’é­tait pas en argent. Étain, peut-être, ou un alliage que per­sonne n’a­vait jamais su nom­mer, mais Nong l’ap­pe­lait le pla­teau d’argent parce que c’é­tait ain­si que le Dr. Henn l’a­vait appe­lé la pre­mière fois, en 1974, quand elle avait dix-huit ans et ne com­pre­nait pas un mot d’anglais.

L’o­deur de l’o­range — Cha­pitres 7 à 10

Le mer­cre­di, ils firent l’a­mour. Ce ne fut pas bru­tal, ce ne fut pas lent — ce fut quelque chose entre les deux, quelque chose qui avait la pré­ci­sion d’un geste répé­té mille fois en pen­sée et la mal­adresse d’un geste accom­pli pour la pre­mière fois.

L’o­deur de l’o­range — Cha­pitres 4 à 6

Il faut remon­ter. Il faut quit­ter jan­vier 2011, quit­ter la pous­sière du Majes­tic et les sirènes et les vidéos trem­blantes sur les écrans de télé­phone, il faut remon­ter le temps comme on remonte un escalier

L’o­deur de l’o­range — Cha­pitres 1 à 3

La pluie de jan­vier à Tunis n’est pas une vraie pluie. C’est autre chose — un voile gris, tiède encore, qui tombe sans convic­tion sur les façades de l’a­ve­nue de Paris et donne aux trot­toirs cet éclat trouble.

Sai­son humide — Cin­quième partie

Il avait plu toute la nuit. Une pluie régu­lière, obs­ti­née, sans colère — pas un orage, pas un déluge, juste la mous­son dans sa ver­sion la plus pure, la plus constante : un rideau d’eau conti­nu qui tom­bait du ciel comme si le ciel avait déci­dé de se vider et n’a­vait fixé aucune date limite.

Sai­son humide — Qua­trième partie

L’homme s’ap­pe­lait Del­vaux. Ou Devaux. Ou quelque chose comme ça — il mar­mon­nait son nom dans sa barbe comme s’il n’y tenait plus, comme si le nom n’é­tait qu’un vête­ment usé qu’on porte encore par habitude.

Sai­son humide — Troi­sième partie

Ils prirent l’ha­bi­tude des temples à midi. C’é­tait l’heure morte de Luang Pra­bang, l’heure où la cha­leur attei­gnait son paroxysme et où la ville entière se repliait sur elle-même comme un ani­mal qui cherche l’ombre.

Sai­son humide — Deuxième partie

La pluie avait un voca­bu­laire. Il leur fal­lut quelques jours pour l’ap­prendre, mais ils l’ap­prirent — non pas avec la tête, mais avec le corps, les oreilles, la peau.