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Un ciel comme une cou­lée de lave

Au lever du jour, en passant devant la fenêtre, j'attrape l'air du matin, la couleur de ce moment de grâce pendant lequel le soleil arrive enfin à montrer le bout de son nez. J'ai le souvenir d'un poème des Fleurs du mal qui monte en moi comme une bouffée de chaleur...

Rup­ture de trêve

Je reprends le maquis quelques instants, comme un accident au beau milieu de la nuit. Il est 4h03. Je suis réveillé depuis 2h30 environ, la gorge en feu, l'envie de dormir s'est évanouie. L'espace de quelques minutes, je décide de terminer enfin la lecture de Tout...

Pause…

J'aime bien l'idée qu'il y ait des livres autour de moi, des livres que j'ai pris le temps de choisir, parce que j'en ai lu la quatrième de couv' et que quelque chose dans la présentation qu'en fait l'éditeur me donne envie de l'acheter, mais surtout de le lire....

Où en étions nous ?

Vivre n'est pas si facile pour moi et si on me demande souvent pourquoi je lis, pourquoi je papillonne, pourquoi je m'intéresse et pourquoi je suis curieux, pourquoi je suis toujours occupé à quelque chose et pourquoi je ne m'ennuie jamais, pourquoi j'ai constamment...

Inter­dits et tou­jours vivants…

J'ai entendu des gens en parler sans les avoir vu. J'ai entendu des gens qui les ont regardé, mais qui n'en pensent rien parce qu'ils n'ont pas regardé jusqu'à la fin. Et j'ai entendu des gens s'indigner de la mauvaise qualité de ces petits films qui n'ont d'autre...

Choses éru­dites

Revue Littoral Revue créée dans les ornières laissées par le lacanisme, l'intégralité de la collection est disponible sur le site des éditions EPEL. On y retrouve énormément de noms connus (émanant de Saint-Denis notamment comme Foucault, Soulez, Krejbich) qui ont...

Deve­nir du matin

Je crois qu'au travers des années, on peut changer, faire mouvoir ses habitudes et ses comportements, on peut s'habituer et même étrangement, renoncer, passer à autre chose. On peut très bien faire en sorte de cultiver d'autres jardins en voilant son esprit. On peut...

Archéo­lo­gie du renoncement

La jalousie est un sentiment atroce. Atroce parce que dévastateur et surtout parce qu'il est incontrôlable et qu'il mène à la vacuité la plus profonde. Je parle de la vraie jalousie, pas ce truc maladif d'adolescent qu'éprouvent certaines personnes qui ne supportent...

La fosse aux cobras — Cha­pitres 9 à 12

Elle arri­va un ven­dre­di de février, par la porte vitrée, avec un sac à dos trop gros pour son corps et un car­net Moles­kine ser­ré contre sa poi­trine comme un bouclier.

La fosse aux cobras — Cha­pitres 5 à 8

Il arri­va un jeu­di de décembre, par le vol de Franc­fort, avec deux valises, un sac en ban­dou­lière bour­ré de cahiers et une barbe de trois jours qui lui don­nait l’air d’un homme qui a ces­sé de se sou­cier de son appa­rence depuis suf­fi­sam­ment long­temps pour que cette négli­gence soit deve­nue un style.

La fosse aux cobras — Cha­pitres 1 à 4

Le pla­teau n’é­tait pas en argent. Étain, peut-être, ou un alliage que per­sonne n’a­vait jamais su nom­mer, mais Nong l’ap­pe­lait le pla­teau d’argent parce que c’é­tait ain­si que le Dr. Henn l’a­vait appe­lé la pre­mière fois, en 1974, quand elle avait dix-huit ans et ne com­pre­nait pas un mot d’anglais.

L’o­deur de l’o­range — Cha­pitres 7 à 10

Le mer­cre­di, ils firent l’a­mour. Ce ne fut pas bru­tal, ce ne fut pas lent — ce fut quelque chose entre les deux, quelque chose qui avait la pré­ci­sion d’un geste répé­té mille fois en pen­sée et la mal­adresse d’un geste accom­pli pour la pre­mière fois.

L’o­deur de l’o­range — Cha­pitres 4 à 6

Il faut remon­ter. Il faut quit­ter jan­vier 2011, quit­ter la pous­sière du Majes­tic et les sirènes et les vidéos trem­blantes sur les écrans de télé­phone, il faut remon­ter le temps comme on remonte un escalier

L’o­deur de l’o­range — Cha­pitres 1 à 3

La pluie de jan­vier à Tunis n’est pas une vraie pluie. C’est autre chose — un voile gris, tiède encore, qui tombe sans convic­tion sur les façades de l’a­ve­nue de Paris et donne aux trot­toirs cet éclat trouble.

Sai­son humide — Cin­quième partie

Il avait plu toute la nuit. Une pluie régu­lière, obs­ti­née, sans colère — pas un orage, pas un déluge, juste la mous­son dans sa ver­sion la plus pure, la plus constante : un rideau d’eau conti­nu qui tom­bait du ciel comme si le ciel avait déci­dé de se vider et n’a­vait fixé aucune date limite.

Sai­son humide — Qua­trième partie

L’homme s’ap­pe­lait Del­vaux. Ou Devaux. Ou quelque chose comme ça — il mar­mon­nait son nom dans sa barbe comme s’il n’y tenait plus, comme si le nom n’é­tait qu’un vête­ment usé qu’on porte encore par habitude.

Sai­son humide — Troi­sième partie

Ils prirent l’ha­bi­tude des temples à midi. C’é­tait l’heure morte de Luang Pra­bang, l’heure où la cha­leur attei­gnait son paroxysme et où la ville entière se repliait sur elle-même comme un ani­mal qui cherche l’ombre.

Sai­son humide — Deuxième partie

La pluie avait un voca­bu­laire. Il leur fal­lut quelques jours pour l’ap­prendre, mais ils l’ap­prirent — non pas avec la tête, mais avec le corps, les oreilles, la peau.