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Moka au bar à l’aube de l’hi­ver flamboyant

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Pho­to © Kons­tan­ti­nos Kazantzoglou

Les portes de l’é­té se sont refer­mées depuis long­temps déjà. Bou­clées, triple-bou­clées à triple-tour et rien ne pour­ra plus les ouvrir jus­qu’au pro­chain cycle. Le soir on peut sen­tir l’o­deur des pre­miers feux de bois dans les chau­mières, l’ombre de l’hi­ver s’as­seoir sur le pay­sage, naï­ve­ment, comme un majes­tueux génie sans mau­vaises intensions.
La lumière fuit, relayée aux mystères.
J’empêche le vent de ren­trer, je mets de l’é­toupe dans les inter­stices et tant pis si les mau­vaises herbes poussent des­sus, on les reti­re­ra le prin­temps venu. Je jette des pages et des pages sur la cou­ver­ture de mon lit pour me sen­tir bien, pour sen­tir la cha­leur m’en­va­hir, l’o­deur du bois et de la pein­ture fraîche appor­tant un renou­veau dans mon environnement.
On pour­rait vivre loin de tout, fina­le­ment, que per­sonne ne vien­drait vous y cher­cher. A se deman­der si on a remar­qué votre pré­sence… Je tiens à nou­veau mon jour­nal, des fois que quelque chose sur­vienne, mais sachez-le, plus grand-chose ne pour­ra m’atteindre…

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Lun­gar­no e Oltrar­no – Car­net de voyage à Flo­rence 6 — Du bap­tême au che­min de croix

Lun­gar­no e Oltrar­no – Car­net de voyage à Flo­rence 6 — Du bap­tême au che­min de croix

Épi­sode pré­cé­dent : Lun­gar­no e Oltrar­no – Car­net de voyage à Flo­rence 5 – La croix et l’étoile

Florence - jour 3 - 022 - Battistero san Giovanni

Ce same­di matin, je me réveille plu­tôt tard. J’ai l’im­pres­sion que le fait de mar­cher me courbe de fatigue, mais une fois ma nuit ter­mi­née, je reprends du poil de la bête et je suis à nou­veau d’at­taque. Ce matin, j’ai pour pro­jet de visi­ter le bap­tis­tère Saint-Jean (bat­tis­te­ro di San Gio­van­ni), qui comme son nom l’in­dique est dédié à l’é­van­gé­liste Jean. C’est un monu­ment de taille assez réduite com­pa­ré à ce qui se trouve autour, notam­ment le Duo­mo, mais son ori­gine est assez ancienne. On construit rare­ment un bâti­ment chré­tien sans rai­son et sur­tout en ce qui concerne le lieu, on pro­cède géné­ra­le­ment par éli­mi­na­tion. Construire par-des­sus est un exer­cice que les Chré­tiens connaissent bien et en l’oc­cur­rence, c’est ici au-des­sus des restes d’un temple dédié à Mars (rien ne vaut l’en­fouis­se­ment des anciennes croyances pour les absoudre) que le bap­tis­tère fut construit, mais à l’o­ri­gine comme simple cathé­drale. L’as­pect qu’il revêt aujourd’­hui date du XIIème siècle, avec ses marbres de façade et son plan octo­go­nal. La signi­fi­ca­tion du plan octo­go­nal prend tout son sens au regard du chiffre 7. On sait que le chiffre 7 est rela­tif aux 6 jours durant les­quels Dieu créa le monde, le sep­tième étant, selon des sources bien ren­sei­gnées, le jour où le Créa­teur se repo­sa d’a­voir mis tout ceci en chan­tier. Le chiffre sym­bo­lique 8 est rela­tif à ce hui­tième jour, qui n’est ni plus ni moins que le jour du Juge­ment Der­nier ; si je compte bien, nous sommes tou­jours dans le sep­tième jour, donc jour de repos… Vue de l’es­prit… (more…)

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Lun­gar­no e Oltrar­no – Car­net de voyage à Flo­rence 5 – La croix et l’étoile

Lun­gar­no e Oltrar­no – Car­net de voyage à Flo­rence 5 – La croix et l’étoile

Épi­sode pré­cé­dent : Lun­gar­no e Oltrar­no – Car­net de voyage à Flo­rence 4 – L’errance

Flo­rence est une ville qui per­met qu’on se perde sans avoir peur, sans craindre quoi que ce soit. Je ne sais pas ce qui pour­rait être le pire à Flo­rence. Ce midi là, en sor­tant du res­tau­rant, l’es­to­mac gon­flé de pro­duits du crû, l’air un peu per­du et absent, encore un peu absor­bé par les vapeurs du spu­mante, je passe par la Piaz­za del­la Signo­ria et je m’é­clipse dans les petites rues. Je n’ai aucun but pour cet après-midi, rien de spé­cial, quelques idées qui traînent ça et là.
Je me retrouve au pied de la Badia fio­ren­ti­na dans laquelle je suis entré la veille pour retrou­ver cette impres­sion de paix qui m’a sai­si. La lumière entre par des fenêtres hautes qui donne au lieu une touche irréelle, quelque chose du divin qui vien­drait s’in­ter­po­ser entre l’é­glise et moi. Je m’as­sois là quelques ins­tants pour goû­ter ce silence qui n’existe nulle part ailleurs sur terre.

Florence - jour 2 - 063 - Badia fiorentina (more…)

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Lun­gar­no e Oltrar­no – Car­net de voyage à Flo­rence 4 – L’errance

Lun­gar­no e Oltrar­no – Car­net de voyage à Flo­rence 4 – L’errance

Épi­sode pré­cé­dent : Lun­gar­no e Oltrar­no – Car­net de voyage à Flo­rence 3 – Le feu et la glace

Je me réveille à 3h00 du matin comme avec la gueule de bois, la bouche sèche et une grande envie de boire. Je soup­çonne que ce soit la piz­za arro­sée au Chian­ti qui ait bous­cu­lé mes habi­tudes culi­naires, alors j’es­saie de me ren­dor­mir et je me réveille à nou­veau deux heures plus tard en ayant l’im­pres­sion de n’être pas du tout repo­sé. Dans ma cel­lule de moine au pla­fond haut, j’ai comme le ver­tige, et je finis quand-même par me rendormir.
Je vais prendre mon petit déjeu­ner dans la salle com­mune où je me gave de petits cakes et d’un lait chaud qu’on croi­rait direc­te­ment sor­ti du pis de la vache. Et puis du café, plu­sieurs tasses de café. L’Italie, c’est un peu le pays du café, alors quand vous deman­dez un café et qu’on vous amène un pisse d’âne digne d’un fast-food, vous levez les mains au ciel et vous dites tout haut « ma che cosa è ? ». La dame qui fait le ser­vice m’ex­plique qu’il y a une dif­fé­rence sub­stan­tielle entre café et expres­so. Le café, c’est le café amé­ri­cain (tiens ? ils savent faire du café les Amé­ri­cains ?) qui n’est autre que le café cafe­tière qu’on connait chez nous et l’ex­pres­so c’est ce qui est l’âme de l’I­ta­lie, une décoc­tion pas­sée au per­co­la­teur à toute vitesse sur une petite dose de café qui a à peine le temps de se char­ger en caféine…

Je compte me diri­ger vers San Mar­co ce matin, revoir les fresques de Fra Ange­li­co et notam­ment celle de la cel­lule 13 qui porte ce nom très poé­tique, Noli me tan­gere qui est à mon sens une des plus belles et des plus char­gées en sens des fresques du moine domi­ni­cain. Je repasse donc devant San Loren­zo, nim­bée de soleil, mais je me sens comme dévié et fina­le­ment je me dis que je vais entrer dans la basi­lique. Il y a un peu de queue mais je prends sur moi et je me sens dépi­té lorsque je me rends compte que l’en­trée est payante… J’en par­le­rai plus tard, mais deux choses m’ont pas­sa­ble­ment éner­vé à Flo­rence ; le fait qu’il faille payer pour entrer dans les églises et le fait qu’on ne puisse faire de pho­to nulle part à l’in­té­rieur des monu­ments qui sont jus­te­ment payants.

San Lorenzo - intérieur - nefSan Loren­zo donc, je n’y étais jamais entré. C’est encore Bru­nel­les­chi qui est cou­pable de cette archi­tec­ture qui déploie sa pers­pec­tive vers un chœur pro­fond, autour de colonnes mas­sives. C’est ici qu’on se rend compte à quel point les maîtres ita­liens se sont empa­rés de leur pas­sé et ont por­té l’i­déal clas­sique à son apo­gée. Je dis que c’est ici, mais c’est aus­si dans plu­sieurs autres monu­ments florentins.
La nef est une des plus lumi­neuses qu’on puisse trou­ver dans une église et on pour­ra remar­quer que cette impres­sion de gran­deur est accen­tuée par l’u­ti­li­sa­tion de cette pierre superbe aux reflets bleus qu’est la pie­tra sere­na, pierre endé­mique de la région de Flo­rence. (more…)

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