Sorting by

×

Se remettre à écrire

Pour ne pas se lais­ser gagner par l’ombre, pour ne pas som­brer dans la froi­dure de l’hi­ver, pour ne pas finir sec à l’in­té­rieur, pour ne pas subir la mort de l’é­mo­tion, pour ne pas céder à la faci­li­té, pour ne pas conti­nuer à souf­frir de la soli­tude, pour enter­rer ceux qui nous ont bles­sé, pour ne plus res­ter au vent froid qui glace les os, pour conti­nuer à écou­ter les petites voix qui nous parlent dans l’obs­cu­ri­té, pour conti­nuer à s’é­mer­veiller chaque matin au lever du soleil, pour conti­nuer à ten­ter d’at­tra­per au vol le bruis­se­ment d’aile d’un papillon et s’ou­blier dans les cou­leurs de son pare­ment, j’ai déci­dé de me remettre à écrire…

Read more

Vieilles cartes pos­tales d’Istanbul

Il faut dire ce qui est, Istan­bul avec ses mos­quées, le Bos­phore, ses navires sur la Corne d’Or, ses Stam­bou­liotes en saroual et tar­bouche, ça a un charme fou, d’au­tant plus sur les cartes pos­tales en noir et blanc colo­ri­sées qui datent du début du XXème siècle.
Plon­gée dans le pas­sé de la Tur­quie bien bros­sée pour l’occasion.

Read more

Cana­let­to — L’in­té­rieur de la basi­lique Saint-Marc le Ven­dre­di Saint — 1730

Ce tout petit tableau (33 x 22,5 cm) de Cana­let­to est expo­sé actuel­le­ment au Musée Jac­que­mart-André pour l’ex­po­si­tion Cana­let­to-Guar­di. Il fait par­tie d’un petit lot de pein­tures excep­tion­nel­le­ment prê­té par la Cou­ronne du Royaume-Uni puis­qu’il fait par­tie des col­lec­tions per­son­nelles de la Reine d’An­gle­terre. Il n’y aura peut-être pas dans cette vie d’autre oppor­tu­ni­té de le voir expo­sé. Cette vue (vedu­ta) est rare à plus d’un titre puis­qu’on le sait, Cana­let­to avait pour sujet de pré­di­lec­tions ces vues de Venise que lui com­man­daient les riches visi­teurs de Venise. Cette scène d’in­té­rieur est donc une qua­si excep­tion. D’autre part, il est à noter que la scène se déroule lors d’une céré­mo­nie reli­gieuse, ce qui n’est pas le fond de com­merce du peintre, et en l’oc­cur­rence, c’est la célé­bra­tion du Ven­dre­di Saint. Ce qui nous per­met de savoir cela, c’est la pré­sence sous le bal­da­quin visible dans le fond, d’un sar­co­phage reli­quaire repré­sen­tant le saint Sépulcre que l’on sort de son taber­nacle le jeu­di saint à la veille de Pâques.

Dans cette pers­pec­tive exa­gé­rée qui per­met de voir la basi­lique dans son ensemble, comme au tra­vers d’un objec­tif grand-angle, on peut com­prendre que le peintre a sou­hai­té expri­mer l’im­pres­sion de gran­deur don­née par l’es­pace du bâti­ment reli­gieux. On voit aus­si qu’il a volon­tai­re­ment sou­hai­té rendre la cha­leur des lieux et de la lumière venant de chan­delles en mas­quant ce qui fait prin­ci­pa­le­ment l’in­té­rêt du lieu ; les mosaïques. Celles-ci sont à peine visibles, mais en revanche, la lueur des bou­gies se réver­bé­rant sur la croix et le fil de l’en­cen­soir créent une sen­sa­tion de proxi­mi­té et d’in­ti­mi­té, exa­cer­bée par la lumière se réflé­chis­sant sur la moi­tié supé­rieure des corps des fidèles.

De ce qui doit être une céré­mo­nie pleine de fer­veur se dégage au final une étrange ambiance silen­cieuse, solen­nelle, chaleureuse…

Read more
Lun­gar­no e Oltrar­no – Car­net de voyage à Flo­rence 3 — Le feu et la glace

Lun­gar­no e Oltrar­no – Car­net de voyage à Flo­rence 3 — Le feu et la glace

Epi­sode pré­cé­dent : Lun­gar­no e Oltrar­no – Car­net de voyage à Flo­rence 2 – Lumière sur le Duomo

Quit­tant la place du Duo­mo dont les cloches se mettent à val­ser dans tous les sens, je des­cends la Via de Cal­zaio­li qui mène vers l’autre cœur de la ville, la Piaz­za del­la Signo­ria avec son Palaz­zo Vec­chio, majes­teux édi­fice de pierre moyen­âgeux bar­dé d’é­cus­sons. Dans cette rue donc, je vois un visage dont je n’a­vais pas sou­ve­nir, une Flo­rence de façade, semi-vitrine de luxe des quar­tiers riches, mais je me rabroue un peu vite en me disant que depuis le Moyen-Âge, cette ville a tou­jours été riche, sinon la créa­tion artis­tique n’y aurait pas été si foi­son­nante. Dans cette rue donc, je tombe sur un bâti­ment somp­tueux, une sorte d’o­ra­toire car­ré aux façades rem­plies de sta­tues enchâs­sées dans leur niche fine­ment cise­lée. C’est Orsan­mi­chele. Orsan­mi­chele doit son nom étrange au fait qu’il est construit sur l’emplacement de l’an­cien Saint-Michel-au-jar­din (San Michele in orto ou Orto San Michele et donc par éli­sion, Or’ San Michele) et ce n’est pas vrai­ment une église, mais plu­tôt un ora­toire qui a ser­vi éga­le­ment d’en­tre­pôt et donc de mar­ché au grain. L’in­té­rieur contient un taber­nacle assez riche que l’on doit à Orca­gna, mais ce qui est sur­tout remar­quable, ce sont toutes ces sta­tues de saints qui ornent sa façade qui sont en réa­li­té les saints pro­tec­teurs des cor­po­ra­tions de mar­chands de la ville (on en revient à ce que je disais tout à l’heure). Cer­taines d’entre elles ont été réa­li­sées par Dona­tel­lo, Ghi­ber­ti et Giam­bo­lo­gna. Le bâti­ment lui-même, mal­gré son aspect mono­li­thique, semble d’une légè­re­té impres­sion­nante au regard des den­telles de sculp­tures qui ornent les niches et les arcades.

Florence - jour 1 - 086 - Via de Calzaioli - Orsanmichele (more…)

Read more