Feb 23, 2013 | Sur les portulans |
La perspective de voir le monde depuis son salon et de visiter les plus beaux monuments du monde musulman sans être incommodé par les hordes de touristes et de plus, dans une ambiance propice au recueillement, 3Dmekanlar était désigné pour être un site qui me plairait. Essentiellement axé sur les plus grands sites religieux, on peut facilement naviguer d’un lieu à l’autre et parfois même entrer dans l’intimité des lieux sacrés à l’aide de panoramiques dynamiques absolument bluffants. Par exemple la tombe d’Abû Ayyûb Al-Ansârî dans la mosquée éponyme, normalement fermée au public et que je n’ai pas pu voir dans le quartier d’Eyüp à Istanbul, vous pouvez ici la visiter sans demander les clefs et c’est ainsi que je me suis rendu compte, à ma grande surprise que le sarcophage était accompagné, dans la même salle, d’une des innombrables traces de pas du Prophète visible dans le marbre blanc, exposée dans sa niche et cerclée d’argent. Je comprends un peu mieux à présent la ferveur religieuse de tous ces gens en extase devant la tombe de ce qui n’était pour moi qu’un compagnon du Prophète, mort à la guerre aux portes d’Istanbul.

La plupart des panoramiques sont concentrées autour du monde musulman ; Egypte, Turquie, Macédoine, Arabie Saoudite, Syrie, Yémen, etc. et le site vous permet de naviguer dans des sites qui, pour certains, sont interdits soit au public, soit aux non-musulmans. L’occasion rêvée de pousser la porte de ces lieux magiques. Qui a déjà songé à arpenter les innombrables arcades de la Mosquée du Prophète (Masjid al-Nabawi) à Al-Madīna ? C’est un lieu unique que les non-musulmans ne peuvent approcher sous peine de mort (la présentation du certificat de conversion est obligatoire). Un site riche qui vous permettra de voyager en quelques clics.
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Feb 22, 2013 | Carnets de route (Osmanlı lale), Dans la vapeur blanche des jours sans vent (Turquie) |
Épisode précédent : Dans la vapeur blanche des jours sans vent (Carnet de voyage en Turquie – 31 juillet) : Kariye Kilisesi, Balat, Fener…
Bulletin météo de la journée (mercredi) :
- Istanbul : 10h00 : 30.4°C / humidité : 47% / vent 20 km/h
- Antalya : 14h00 : 38.5°C / humidité : 65% / vent 17 km/h
- Antalya : 22h00 : 43.0°C / humidité : 75% / vent 7 km/h

Avant de prendre mon petit déjeuner, je sors dans les rues sans soleil pour me rendre à la petite Sainte-Sophie dans l’espoir d’attraper la deuxième prière du muezzin, mais à ma grande surprise elle est fermée et n’ouvre qu’à 8h00. Du coup, je vais faire un tour sur les quais pour regarder la Mer de Marmara au petit matin, voir les bateaux stationnés en face de la ville, en attente d’on ne sait quoi…

Je quitte Istanbul ce matin. Ma valise est prête et étrangement j’ai le cœur serré de partir d’ici une nouvelle fois. Mon saut dans l’inconnu commence aujourd’hui puisque je pars en Asie et que je ne sais absolument pas ce que je vais y trouver ; je commence à me sentir un peu angoissé. Comme pour me rassurer, je commence à rassembler les notes que j’ai prises pendant ces cinq jours tout en prenant mon petit déjeuner. (more…)
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Feb 18, 2013 | Arts |
Ce crucifix exposé dans l’ancien théâtre des Médicis de la Galerie des Offices est un tableau remarquable, remarquable par sa taille (250 cm de haut), et la richesse de son décor doré, mais aussi par les motifs peints pour évoquer la croix. On distingue huit scènes différentes de la Passion du Christ, comme par exemple la Flagellation ou Jésus devant le Sanhédrin qui est loin d’être le thème le plus commun de l’iconographie chrétienne. On remarquera également la finesse avec laquelle est peint le perizonium (pagne) du Christ et avec quelle complexité il est noué, mais surtout la technique du cloisonnage qui permet de séparer les couleurs par un trait épais, différente du reste du traitement avec lequel le corps du Christ est peint. Les stigmates sont représentés avec du sang coulant doucement des plaies (sauf pour le stigmate du flanc) et le visage peint avec une forte intensité dramatique, ce qui n’est pas forcément le cas avec les crucifix contemporains de celui-ci, généralement beaucoup plus sobres.

Détrempe sur bois — Galerie des Offices
250 x 200 cm — peint vers 1230–1250
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Feb 17, 2013 | Livres et carnets |
Une rudement bonne idée que ces signets de la BnF. Les bibliothécaires de la vénérable institution ont rassemblé à cet endroit les ressources et outils de recherches classés par catégories ou domaines de connaissance. Autant dire que les perspectives ouvertes par ce tout petit site vont décupler vos possibilités de recherche dans tout un tas de directions…

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Feb 17, 2013 | Livres et carnets |

Photo © GlacierNPS
L’hiver commence à s’en aller. La journée d’hier, belle et fraiche en était le premier signe. Lorsque l’humidité commence à s’évaporer et qu’elle laisse la place à de belles journées lumineuses, c’est là que tout redevient clair et que l’impression de sortir de la nuit est la plus forte.
Rick Bass est un écrivain américain très impliqué dans les problèmes environnementaux de son pays et c’est à un tournant de sa vie qu’il décide de partir pour le nord du Montana, à Troy, à moins de 100 kilomètres de la frontière rectiligne qui sépare son pays du Canada. Un choix de vie qu’il décide de prendre en s’installant dans ce nord froid que l’hiver va bientôt recouvrir de blanc. Son livre est un journal, le journal d’une nouvelle vie qui va se focaliser sur l’hiver, puisqu’en fait, si on pouvait résumer ces lieux en deux mots, ce serait forêt et hiver.
Aujourd’hui, la matinée est venteuse et chaude, les herbes sont presque couchées à plat. Il n’y a rien de plus excitant que le vent. Si, un nouvel amour — et puis le vent. Mais le vent a toujours été là. Avant même de connaître l’amour, vous connaissiez le vent. Le vent était capable de vous griser quand vous étiez petit, et il le peut encore, et ne s’en privera pas.
Inévitablement, Bass n’étant pas de la région, il se heurtera aux riverains avec qui les relations ne sont pas toujours simples et tendres. Parfois rudes, parfois agressifs, ceux qui le voient arriver ne lui faciliteront pas la vie, mais débonnaire et dans la bonne attitude de celui qui veut apprendre, il s’amusera à écouter les bons conseils, peut-être aussi pour sa propre survie. Car il attend l’hiver avec impatience, il en attend le bruit étouffé et le froid saisissant.
C’est un pays de lenteur. Un pays d’il y a longtemps. On apprend plus facilement certaines choses quand on les regarde arriver au ralenti.

Photo © GlacierNPS
L’écriture de Bass est douce et poétique, il encapsule les idées dans des mots en s’appuyant sur cette culture du froid qui est si prégnante dans ces lieux, donnant corps au racontars, aux histoires de fantômes qui sont la culture orale des pays
Je crois à la vieille légende de Jim Bridger, à l’époque où il a passé l’hiver du côté de Yellowstone. Il est ensuite retourné dans l’est où il a raconté aux citadins de ces régions que quand les trappeurs essayaient de se parler, les mots gelaient en sortant de leur bouche ; ils ne pouvaient pas entendre ce qu’ils se disaient les uns aux autres, parce que les paroles gelaient dès la seconde où elles franchissaient leurs lèvres — si bien qu’ils étaient obligés de ramasser les mots gelés, de les rapporter autour du feu de camp le soir et de les décongeler, afin de savoir ce qui s’était dit dans la journée, en reconstituant les phrases mot par mot. Moi je peux imaginer qu’il fasse aussi froid.
Winter est un livre de l’apprentissage de la nature froide, de la vie recluse dans la forêt de nord-américaine, de l’attente des premiers flocons mais aussi du printemps redouté. Certains n’aiment pas l’hiver ni le froid et cela peut se comprendre, mais il y a une forme de renoncement dans l’amour de cette saison, un abandon pour la solitude et l’isolement dont ce livre, en quelque sorte, se fait le porte-parole.
Rick Bass, Winter (notes from Montana)
Folio. Collection Voyage.006
traduit de l’américain par Béatrice Vierne
© 1991
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