Sorting by

×

Une par­tie du monde en trois dimensions

La pers­pec­tive de voir le monde depuis son salon et de visi­ter les plus beaux monu­ments du monde musul­man sans être incom­mo­dé par les hordes de tou­ristes et de plus, dans une ambiance pro­pice au recueille­ment, 3Dmekanlar était dési­gné pour être un site qui me plai­rait. Essen­tiel­le­ment axé sur les plus grands sites reli­gieux, on peut faci­le­ment navi­guer d’un lieu à l’autre et par­fois même entrer dans l’in­ti­mi­té des lieux sacrés à l’aide de pano­ra­miques dyna­miques abso­lu­ment bluf­fants. Par exemple la tombe d’Abû Ayyûb Al-Ansâ­rî dans la mos­quée épo­nyme, nor­ma­le­ment fer­mée au public et que je n’ai pas pu voir dans le quar­tier d’Eyüp à Istan­bul, vous pou­vez ici la visi­ter sans deman­der les clefs et c’est ain­si que je me suis ren­du compte, à ma grande sur­prise que le sar­co­phage était accom­pa­gné, dans la même salle, d’une des innom­brables traces de pas du Pro­phète visible dans le marbre blanc, expo­sée dans sa niche et cer­clée d’argent. Je com­prends un peu mieux à pré­sent la fer­veur reli­gieuse de tous ces gens en extase devant la tombe de ce qui n’é­tait pour moi qu’un com­pa­gnon du Pro­phète, mort à la guerre aux portes d’Istanbul.

3dmekanlar - Vitual Mosques

La plu­part des pano­ra­miques sont concen­trées autour du monde musul­man ; Egypte, Tur­quie, Macé­doine, Ara­bie Saou­dite, Syrie, Yémen, etc. et le site vous per­met de navi­guer dans des sites qui, pour cer­tains, sont inter­dits soit au public, soit aux non-musul­mans. L’oc­ca­sion rêvée de pous­ser la porte de ces lieux magiques. Qui a déjà son­gé à arpen­ter les innom­brables arcades de la Mos­quée du Pro­phète (Mas­jid al-Naba­wi) à Al-Madī­na ? C’est un lieu unique que les non-musul­mans ne peuvent appro­cher sous peine de mort (la pré­sen­ta­tion du cer­ti­fi­cat de conver­sion est obli­ga­toire). Un site riche qui vous per­met­tra de voya­ger en quelques clics.

Read more
Dans la vapeur blanche des jours sans vent (Car­net de voyage en Tur­quie – 1er août) : Istan­bul — Anta­lya — Kum­lu­ca — Demre — Kaş

Dans la vapeur blanche des jours sans vent (Car­net de voyage en Tur­quie – 1er août) : Istan­bul — Anta­lya — Kum­lu­ca — Demre — Kaş

Épi­sode pré­cé­dent : Dans la vapeur blanche des jours sans vent (Car­net de voyage en Tur­quie – 31 juillet) : Kariye Kili­se­si, Balat, Fener…

Bul­le­tin météo de la jour­née (mer­cre­di) :

  • Istan­bul : 10h00 : 30.4°C / humi­di­té : 47% / vent 20 km/h
  • Anta­lya : 14h00 : 38.5°C / humi­di­té : 65% / vent 17 km/h
  • Anta­lya : 22h00 : 43.0°C / humi­di­té : 75% / vent 7 km/h

Turquie - jour 6 - D'Istanbul à Kas - 02 - Cinci Meydanı Sokak

Avant de prendre mon petit déjeu­ner, je sors dans les rues sans soleil pour me rendre à la petite Sainte-Sophie dans l’es­poir d’at­tra­per la deuxième prière du muez­zin, mais à ma grande sur­prise elle est fer­mée et n’ouvre qu’à 8h00. Du coup, je vais faire un tour sur les quais pour regar­der la Mer de Mar­ma­ra au petit matin, voir les bateaux sta­tion­nés en face de la ville, en attente d’on ne sait quoi…

Turquie - jour 6 - D'Istanbul à Kas - 03 - Kennedy Caddesi

Je quitte Istan­bul ce matin. Ma valise est prête et étran­ge­ment j’ai le cœur ser­ré de par­tir d’i­ci une nou­velle fois. Mon saut dans l’in­con­nu com­mence aujourd’­hui puisque je pars en Asie et que je ne sais abso­lu­ment pas ce que je vais y trou­ver ; je com­mence à me sen­tir un peu angois­sé. Comme pour me ras­su­rer, je com­mence à ras­sem­bler les notes que j’ai prises pen­dant ces cinq jours tout en pre­nant mon petit déjeu­ner. (more…)

Read more

Maître du Cru­ci­fix — n°434 — Cru­ci­fix peint avec huit scènes de la passion

Ce cru­ci­fix expo­sé dans l’an­cien théâtre des Médi­cis de la Gale­rie des Offices est un tableau remar­quable, remar­quable par sa taille (250 cm de haut), et la richesse de son décor doré, mais aus­si par les motifs peints pour évo­quer la croix. On dis­tingue huit scènes dif­fé­rentes de la Pas­sion du Christ, comme par exemple la Fla­gel­la­tion ou Jésus devant le San­hé­drin qui est loin d’être le thème le plus com­mun de l’i­co­no­gra­phie chré­tienne. On remar­que­ra éga­le­ment la finesse avec laquelle est peint le per­izo­nium (pagne) du Christ et avec quelle com­plexi­té il est noué, mais sur­tout la tech­nique du cloi­son­nage qui per­met de sépa­rer les cou­leurs par un trait épais, dif­fé­rente du reste du trai­te­ment avec lequel le corps du Christ est peint. Les stig­mates sont repré­sen­tés avec du sang cou­lant dou­ce­ment des plaies (sauf pour le stig­mate du flanc) et le visage peint avec une forte inten­si­té dra­ma­tique, ce qui n’est pas for­cé­ment le cas avec les cru­ci­fix contem­po­rains de celui-ci, géné­ra­le­ment beau­coup plus sobres.

Maître du Crucifix n°434 - Crucifix peint avec huit scènes de la passion - 1230-1250 -  Galerie des Offices

Détrempe sur bois — Gale­rie des Offices 
250 x 200 cm — peint vers 1230–1250

Read more

Les signets de la BnF

Une rude­ment bonne idée que ces signets de la BnF. Les biblio­thé­caires de la véné­rable ins­ti­tu­tion ont ras­sem­blé à cet endroit les res­sources et outils de recherches clas­sés par caté­go­ries ou domaines de connais­sance. Autant dire que les pers­pec­tives ouvertes par ce tout petit site vont décu­pler vos pos­si­bi­li­tés de recherche dans tout un tas de directions…

BnF - les signets de la BnF

Read more

Win­ter — Rick Bass

Winter Wonderland in Apgar Village

Pho­to © Gla­cierNPS

L’hi­ver com­mence à s’en aller. La jour­née d’hier, belle et fraiche en était le pre­mier signe. Lorsque l’hu­mi­di­té com­mence à s’é­va­po­rer et qu’elle laisse la place à de belles jour­nées lumi­neuses, c’est là que tout rede­vient clair et que l’im­pres­sion de sor­tir de la nuit est la plus forte.
Rick Bass est un écri­vain amé­ri­cain très impli­qué dans les pro­blèmes envi­ron­ne­men­taux de son pays et c’est à un tour­nant de sa vie qu’il décide de par­tir pour le nord du Mon­ta­na, à Troy, à moins de 100 kilo­mètres de la fron­tière rec­ti­ligne qui sépare son pays du Cana­da. Un choix de vie qu’il décide de prendre en s’ins­tal­lant dans ce nord froid que l’hi­ver va bien­tôt recou­vrir de blanc. Son livre est un jour­nal, le jour­nal d’une nou­velle vie qui va se foca­li­ser sur l’hi­ver, puis­qu’en fait, si on pou­vait résu­mer ces lieux en deux mots, ce serait forêt et hiver.

Aujourd’­hui, la mati­née est ven­teuse et chaude, les herbes sont presque cou­chées à plat. Il n’y a rien de plus exci­tant que le vent. Si, un nou­vel amour — et puis le vent. Mais le vent a tou­jours été là. Avant même de connaître l’a­mour, vous connais­siez le vent. Le vent était capable de vous gri­ser quand vous étiez petit, et il le peut encore, et ne s’en pri­ve­ra pas.

Inévi­ta­ble­ment, Bass n’é­tant pas de la région, il se heur­te­ra aux rive­rains avec qui les rela­tions ne sont pas tou­jours simples et tendres. Par­fois rudes, par­fois agres­sifs, ceux qui le voient arri­ver ne lui faci­li­te­ront pas la vie, mais débon­naire et dans la bonne atti­tude de celui qui veut apprendre, il s’a­mu­se­ra à écou­ter les bons conseils, peut-être aus­si pour sa propre sur­vie. Car il attend l’hi­ver avec impa­tience, il en attend le bruit étouf­fé et le froid saisissant.

C’est un pays de len­teur. Un pays d’il y a long­temps. On apprend plus faci­le­ment cer­taines choses quand on les regarde arri­ver au ralenti.

Winter Fishing on Lake McDonald

Pho­to © Gla­cierNPS

L’é­cri­ture de Bass est douce et poé­tique, il encap­sule les idées dans des mots en s’ap­puyant sur cette culture du froid qui est si pré­gnante dans ces lieux, don­nant corps au racon­tars, aux his­toires de fan­tômes qui sont la culture orale des pays

Je crois à la vieille légende de Jim Brid­ger, à l’é­poque où il a pas­sé l’hi­ver du côté de Yel­lows­tone. Il est ensuite retour­né dans l’est où il a racon­té aux cita­dins de ces régions que quand les trap­peurs essayaient de se par­ler, les mots gelaient en sor­tant de leur bouche ; ils ne pou­vaient pas entendre ce qu’ils se disaient les uns aux autres, parce que les paroles gelaient dès la seconde où elles fran­chis­saient leurs lèvres — si bien qu’ils étaient obli­gés de ramas­ser les mots gelés, de les rap­por­ter autour du feu de camp le soir et de les décon­ge­ler, afin de savoir ce qui s’é­tait dit dans la jour­née, en recons­ti­tuant les phrases mot par mot. Moi je peux ima­gi­ner qu’il fasse aus­si froid.

Winter- Rick BassWin­ter est un livre de l’ap­pren­tis­sage de la nature froide, de la vie recluse dans la forêt de nord-amé­ri­caine, de l’at­tente des pre­miers flo­cons mais aus­si du prin­temps redou­té. Cer­tains n’aiment pas l’hi­ver ni le froid et cela peut se com­prendre, mais il y a une forme de renon­ce­ment dans l’a­mour de cette sai­son, un aban­don pour la soli­tude et l’i­so­le­ment dont ce livre, en quelque sorte, se fait le porte-parole.

Rick Bass, Win­ter (notes from Montana)
Folio. Col­lec­tion Voyage.006
tra­duit de l’a­mé­ri­cain par Béa­trice Vierne
© 1991

Read more