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Reflets du Danube: car­net de voyage à Buda­pest (jour 2)

Reflets du Danube: car­net de voyage à Buda­pest (jour 2)

Épi­sode pré­cé­dent : Reflets du Danube: car­net de voyage à Buda­pest (jour 1)

Au petit matin, je me réveille repo­sé. Je file dans la douche qui est grande comme une pièce à elle toute seule et je me m’at­tarde sous ce jet chaud pen­dant une bonne demi-heure. Je sais qu’en bas m’at­tend un petit déjeu­ner comme jamais je n’en ai eu. Déjà par la fenêtre de la chambre qui donne sur la ver­rière, j’ai pu entendre les gens baf­frer puisque la salle se trouve ici, juste en bas.
Je prends mon temps, le pro­gramme de la jour­née n’est pas vrai­ment éta­bli. Je des­cends jus­qu’au rez-de-chaus­sée et j’entre dans la salle qui donne elle-même sur une autre salle où se trouve le buf­fet, je prends place à la pre­mière table que je trouve sous ce ciel de verre et ins­tan­ta­né­ment, une jeune fille en jupe noire, che­mise blanche et gilet lie-de-vin m’a­pos­trophe sur mes sou­haits. Café noir. Sa coif­fure relève du défi, elle porte des tresses blondes rele­vées, impec­ca­ble­ment dis­po­sées, sa peau est claire comme l’eau limpide…

Budapest - jour 2 - 03 - Corinthia Hotel

Le buf­fet n’en finit pas d’of­frir des choses incon­ve­nantes, des vien­noi­se­ries à ne plus savoir que faire, des confi­tures, des œufs, de la char­cu­te­rie, je trouve même un pois­son éti­que­té pois­son-chat. Le décor de la salle à man­ger est splen­dide avec ses meubles mas­sifs, ses ver­re­ries art-nou­veau et ses lustres en pâte de verre, le tout dans les tons jaunes et verts. Une fois ava­lé mon petit déjeu­ner (j’ai dû reprendre du café quatre fois tel­le­ment il était clai­ret), j’ai visi­té l’hô­tel, ses salons aux moquettes épaisses, ses esca­liers ornés de sta­tues por­tant des lumi­naires, les marches recou­vertes d’un tapis impec­cable, les marbres des sols, le blanc imma­cu­lé des façades inté­rieures, le goût har­mo­ni­sé et indis­cu­table de ces fau­teuils ornés de cous­sins aux formes géo­mé­triques par­faites… (more…)

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Un artiste de la lumière mécon­nu: Arkhip Iva­no­vich Kuindzhi

Portrait d'Arkhip Ivanovich Kuindzhi par Ivan Nikolaïevitch Kramskoï - 1870

Por­trait d’Ar­khip Iva­no­vich Kuindz­hi par Ivan Niko­laïe­vitch Kram­skoï — 1870

Arkhip Iva­no­vich Kuindz­hi est né pauvre en 1841 dans la cam­pagne ukrai­nienne, à Mariou­pol, dans une famille d’o­ri­gine grecque-pon­tine, c’est-à-dire ori­gi­naire des bords de la Mer Noire. Il acquit une noto­rié­té crois­sante dans les années 1880 et se refu­sa à expo­ser publi­que­ment à par­tir de 1882. Il finit sa vie dans la bour­geoi­sie de Saint-Peters­bourg où il pro­fes­sait à l’Aca­dé­mie Impé­riale des Beaux Arts.
Sa pein­ture pay­sa­giste est colo­rée et riche, mon­trant une véri­table maî­trise de la lumière expri­mant les heures les plus belles du jour mais aus­si de la nuit, les ambiances natu­relles les plus incroyables, dans une sorte de jouis­sance pic­tu­rale réel­le­ment exal­tée. Ses études de l’El­brouz ou de ses pay­sages ennei­gées sont des véri­tables tours de force de la pein­ture. Ses nuages, ses pay­sages marins et ses com­po­si­tions par­fois dépouillées à l’ex­trême sont à l’op­po­sé de la pein­ture roman­tique et tour­men­tée d’un Cas­par David Frie­drich ; les pay­sages de clair de lune et noc­turnes sont de toute beau­té et res­pirent la quié­tude. Tout dans sa pein­ture est un hymne au silence et à la tran­quilli­té de la nature.
Ci-des­sous, une gale­rie de 87 de ses plus belles pein­tures. (more…)

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Poèmes wag­né­riens: Wesendonck-Lieder

Karl Ferdinand Sohn - Portrait de Mathilde Wesendonck - 1850 - StadtMuseum Bonn

Karl Fer­di­nand Sohn — Por­trait de Mathilde Wesen­donck — 1850 — Stadt­Mu­seum Bonn

Richard Wag­ner écri­vit cinq poèmes musi­caux nom­més Wesen­donck-Lie­der, du nom de Mathilde Wesen­donck, poé­tesse qui fut cer­tai­ne­ment à l’o­ri­gine aus­si bien de La Wal­ky­rie que de Tris­tan et Isolde. C’est la seule fois que Wag­ner dai­gna lais­ser une autre per­sonne que lui écrire le texte de ses musiques, lais­sant une grande part de liber­té à la femme d’un de ses mécènes afin de pou­voir la voir régulièrement.
Par­mi ces cinq poèmes qui com­posent les Lie­der, deux sont des études direc­te­ment liées à l’o­pé­ra Tris­tan et Isolde : Im Treib­haus (Dans la serre) et Träume (Rêves).
Ici à l’é­coute, un titre que j’aime beau­coup pour son inten­si­té dra­ma­tique, Im Treib­haus, sur un album datant de 1950, Five Wesen­donck songs, diri­gé par Leo­pold Sto­kows­ki, Eileen Far­rell (sopra­no) au chant.

[audio:Im_Treibhaus.xol] Read more

Cartes de Constan­ti­nople depuis 1493 jus­qu’à 1922

Voi­ci de nou­velles cartes trou­vées sur un site ras­sem­blant un pro­jet com­mun aux trois ins­ti­tu­tions sui­vantes : Le His­to­ric Cities Cen­ter of the Depart­ment of Geo­gra­phy, la Hebrew Uni­ver­si­ty of Jeru­sa­lem et la Jewish Natio­nal and Uni­ver­si­ty Libra­ry. J’y ai donc trou­vé ces petits tré­sors (sauf la der­nière qui est beau­coup plus récentes mais que je trouve très inté­res­santes à plu­sieurs titres).

  1. La pre­mière date de 1493 et est due au méde­cin alle­mand Hart­mann Sche­del qui dans ses chro­niques de Nurem­berg fait la des­crip­tion de la ville. Il n’en est tou­te­fois pas le créa­teur, mais est à l’o­ri­gine de la somme qui porte le nom de Liber chro­ni­ca­rum. Sche­del mérite à lui seul un vrai article. On y voit Constan­ti­nople telle qu’elle était encore lorsque les Turcs prirent la cité, avec la muraille de Théo­dose cei­gnant encore tota­le­ment la ville, Sainte-Sophie, quelques églises qui comptent par­mi les plus impor­tantes, le quar­tier des Blan­chernes en haut à droite, des bâti­ments dont la forme géné­rale fait pen­ser aux anciennes basi­liques chré­tiennes, des mou­lins (?) et aucune mai­son. Sty­li­sée à l’ex­trême, on y per­çoit tou­te­fois une cer­taine pers­pec­tive qui montre la ville sur­éle­vée. On trouve éga­le­ment l’en­ceinte de la ville de Péra ain­si que les deux chaînes qui ferment l’en­trée de la Corne d’or.
  2. Le seconde est due à Sebas­tian Müns­ter, car­to­graphe alle­mand auteur d’une Cos­mo­gra­phia Uni­ver­sa­lis datant de 1550. La ville y est beau­coup plus détaillée sur une carte en cou­leur. On y voit déjà le palais de Top­ka­pi gros­siè­re­ment repré­sen­té et dési­gné par le terme géné­rique de Gynœ­sium (γυναικεῖον, gynae­ceum qui donne le mot gyné­cée) conden­sant l’i­mage du harem avec celle du palais entier. On y voit bien l’hip­po­drome déjà démem­bré et les restes du sphen­do­nè (cour­bure du cirque). On trouve éga­le­ment l’an­cien port (Bou­co­léon), la for­te­resse des Sept-Tours (Yedi kule) en haut à gauche, le palais de Constan­tin des Bla­chernes en haut à droite ain­si que ce qui est peut-être la mos­quée de Meh­met le Conqué­rant (Sul­tan Fatih Meh­met Kül­liye­si) puis­qu’à l’é­poque de la concep­tion de la carte, celle de Süley­man com­men­çait sa construc­tion. On trouve des lettres pour légen­der les quar­tiers, mais la légende ne s’y trouve mal­heu­reu­se­ment pas. A cette époque, on peut encore voir les restes du Palais de Constan­tin près de Sainte-Sophie.
  3. La troi­sième est due aux célèbres Georg Braun et Frans Hogen­berg, auteurs d’un atlas des villes du monde, Civi­tates Orbis Ter­ra­rum. Beau­coup plus docu­men­tée que les pré­cé­dentes, elle com­porte tou­te­fois des impré­ci­sions assez nom­breuses concer­nant les noms. On voit pour la pre­mière fois appa­raître la patriar­cat grec qui existe toujours.
  4. La qua­trième, due à Gio­van­ni Fran­ces­co Camo­cio date de 1572 et est aus­si impré­cise que fausse : le car­to­graphe a situé la Corne d’Or et donc Péra au sud de la ville alors que c’est au nord. Cela en fait une carte abso­lu­ment unique. En regar­dant bien, on voit que la carte a été des­si­née comme en miroir. Par contre, on y trouve, ain­si que sur la carte pré­cé­dente l’ins­crip­tion Alma­ra­tro au des­sus de la mos­quée de Meh­met mais qui ne cor­res­pond à rien de ce que je connais (alma­rai en arabe signi­fie prai­rie). Il est pro­bable que cela soit une forme lati­ni­sée de İmar­et Mahal­le­si (quar­tier d’İmar­et).
  5. La cin­quième date de 1573 et a été des­si­née par Simon Pinar­gen­ti, un car­to­graphe véni­tien. Si la carte n’est pas très pré­cise en terme de repré­sen­ta­tion, elle a l’a­van­tage d’être légen­dée au-des­sous. On peut voir ici tous les noms des douze portes de la ville.
  6. La sixième est due à Hen­ry de Beau­vau, homme poli­tique du XVIIè siècle et date de 1615. Pour la pre­mière fois on voit Sainte-Sophie ornée de mina­rets ; les temps changent. La carte est légen­dée mais pas dessus.
  7. La sixième date de 1638, c’est une gra­vure exé­cu­tée par le poète et gra­veur bohé­mien Daniel Meis­ner, auteur d’un superbe Thé­sau­rus phi­lo­po­li­ti­cus, un recueil de gra­vures sur la vie poli­tique et urba­nis­tique de l’é­poque. La vue est rasante, joli­ment ombrée et donne une idée de ce que pou­vait être la ville au mille mos­quée à l’é­poque, avec sa forêt de minarets.
  8. La hui­tième date de 1654 et a été exé­cu­tée par Jas­par Isac, plus gra­veur que car­to­graphe. La carte pré­sente une vue par le nord, avec Péra au pre­mier plan et pour la pre­mière fois la tour génoise de Gala­ta. Le Palais de Top­ka­pi est repré­sen­té avec plus de réa­lisme que pré­cé­dem­ment. On peut voir les restes de l’a­que­duc der­rière la mos­quée de Beya­zit et la mos­quée de Süley­man est pré­sen­tée comme étant la Roffe Mof­quée de la femme de Soly­man. Pour la pre­mière fois, on peut recon­naître à peu près toutes les mos­quées les plus impor­tantes. L’en­ceinte de Péra est confon­due avec la for­te­resse des Sept-Tours.
  9. La neu­vième date de 1686 et a été exé­cu­tée par Johann David Zun­ner. Ici Constan­ti­nople se résout à quatre monu­ments, dont tou­te­fois le vieux sérail qui se trouve être le Cara­van­sé­rail de la Sul­tane Valide (Valide Han).
  10. La dixième date de 1696 et est due à Nico­las de Fer, gra­veur et géo­graphe du Roi qui pour la pre­mière fois donne à voir une carte en sur­élé­va­tion, très belle avec éga­le­ment des nou­veaux quar­tiers, le port de Cal­cé­doine (Chal­cé­doine, aujourd’­hui Kadıköy) et le sérail de Scu­ta­ri (ancien­ne­ment Chry­so­po­lis, actuel­le­ment Üsküdar).
  11. La onzième date de 1698 et est due à Cor­ne­lis de Bruyn, des­si­na­teur, peintre, voya­geur et écri­vain néer­lan­dais qui pour la pre­mière fois des­sine le sérail de Top­ka­pi de manière très réa­liste, cer­tai­ne­ment depuis la rive de Gala­ta, peut-être même depuis la tour.
  12. La dou­zième date de 1730, exé­cu­tée par le peintre baroque alle­mand Chris­toph Tho­mas Schef­fler. La vue est très idéa­li­sée, loin­taine et prend Gala­ta au pre­mier plan, recon­nais­sable à sa tour. Remar­quez les mina­rets qui ont l’air tout droit sor­tis de châ­teaux bavarois…
  13. La trei­zième a été réa­li­sée par les ate­liers Arta­ria et com­pa­gnie situés à Vienne et a été exé­cu­tée entre 1793 et 1802. Les rele­vés sont très pré­cis notam­ment en ce qui concerne le sérail mais aus­si toutes les rives du Bosphore.
  14. La qua­tor­zième date de 1807 et a été réa­li­sée par F. Kauf­fer et I.B. Leche­va­lier et repré­sente par­fai­te­ment le détail des quar­tiers par des­sus les tra­cés du reliefs des col­lines de la ville, une carte d’une grande précision.
  15. La quin­zième date de 1922 et a été tra­cée par la Socié­té Ano­nyme Otto­mane d’E­tudes et d’En­tre­prises Urbaines qui la pré­sente comme Plan d’En­semble des quar­tiers, bâti­ments et che­mins prin­ci­paux de com­mu­ni­ca­tions de la ville de Constan­ti­nople avec les men­tions Liste des bâti­ments [sic] et monu­ments prin­ci­paux (I. Stam­boul II. Pera Gala­ta III. Sku­ta­ri) — Liste des Quar­tiers (I. Stam­boul II. Pera Gala­ta III. Sku­ta­ri) — Lignes de Tram­way — Legende. Cette carte fait état à l’é­poque de l’im­pré­gna­tion de la ville de la culture française.

D’autres cartes sont dis­po­nibles sur le site Geo­web (The car­to­gra­phi­cal and gra­hi­cal web­site of the natio­nal Libra­ry Mar­cia­na of Venice).

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Reflets du Danube: car­net de voyage à Buda­pest (jour 1)

Reflets du Danube: car­net de voyage à Buda­pest (jour 1)

Qu’est-ce qui se passe à Buda­pest ? J’ai long­temps confon­du Buda­pest et Buca­rest, sans vrai­ment cher­cher à savoir quelle ville se trou­vait où et une fois que je savais que Buca­rest était en Rou­ma­nie, c’é­tait deve­nu simple de savoir que l’autre se trou­vait en Hon­grie, mais même ça, c’é­tait vague. La Hon­grie… on l’en­tend bien dans Empire aus­tro-hon­grois (je dis bien Empire, celui des Habs­bourg, qui fut diri­gé par Fran­çois-Joseph Ier alors Empe­reur d’Au­triche), mais ça ne ren­seigne pas sur l’en­droit où ça se trouve sur la carte et je n’ai jamais réus­si à bien visua­li­ser la dis­po­si­tion des pays de l’est de l’Eu­rope. Aujourd’­hui encore, j’ai du mal et je suis par­ti là-bas sans vrai­ment savoir ce qui m’attendait.

Budapest - jour 1 - 41 - Károly körút- Tramway

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