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Retour à Lom­moye, Seine-et-Oise

Retour à Lom­moye, Seine-et-Oise

En sep­tembre 2011, j’ai déci­dé d’emmener ma grand-mère faire un bond dans le pas­sé en l’ac­com­pa­gnant jusque dans une petite ville du nord-ouest des Yve­lines, Lom­moye, à deux pas de la limite du dépar­te­ment de l’Eure. L’his­toire de cette ville dans mon cœur, c’est sim­ple­ment l’en­droit où j’al­lais par­fois en vacances avec mes grands-parents chez mon arrière-grand-père qui vivait là dans une petite mai­son, où je pas­sais le plus clair de mon temps dans le jar­di­net à dépla­cer de la terre dans une brouette bleue claire entre les nains de jar­din. Il y a avait un oiseau en céra­mique posé sur la télé­vi­sion, une petite fenêtre don­nant sur l’al­lée, et trois fois rien. Une autre pièce avec un grand lit et une armoire, un appen­tis où un tas de char­bon fai­sait le nid des arai­gnées, et puis cette odeur si par­ti­cu­lière que mon esprit a gar­dé très pré­sente. Mon grand-père m’emmenait pêcher dans un petit étang, près d’un lavoir où per­sonne ne venait plus laver son linge depuis long­temps. Il m’emmenait aus­si en forêt pour cueillir des girolles et des cèpes gros comme des assiettes à des­sert, avec nos bottes en caou­tchouc et nos bâtons de pèlerins.

Lommoye (Yvelines) - l'étang et le lavoir

Avec ma grand-mère, nous sommes allés déjeu­ner à Bon­nières et sur la route, en reve­nant, j’ai trou­vé une bou­che­rie, tou­jours ouverte au lieu-dit Le bout aux épines, à l’angle de deux routes. Nous sommes allés voir la mai­son de son père, puis la tombe de mes arrières-grands-parents et enfin, nous sommes allés voir Gene­viève, Nel­ly et Gil­bert, frère et sœurs vivant là dans une petite mai­son don­nant sur la route, où le temps s’est arrê­té, où kiki la poule donne des œufs dans une cour ver­doyante, où la vie semble simple mais pas pour autant sans dif­fi­cul­tés. C’é­tait un moment joyeux, mais aus­si un moment émou­vant, un de ces moments de nos­tal­gie qui nous relient au pas­sé et qui n’ap­par­tient qu’à soi…

Cli­quez sur l’i­mage pour voir le dia­po­ra­ma, accom­pa­gné de la chan­son d’A­gnès Obél, Over the hill

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Expo­si­tion au Louvre: Chypre, entre Byzance et l’Occident

Saint Mammès chevauchant le lion. Icône, Paphos, Musée byzantin © Paphos, Musée byzantin Une autre expo­si­tion pour laquelle il ne reste plus beau­coup de temps et qui exhibe quelques objets signi­fi­ca­tifs d’une longue période allant du IVème au XVIème siècle, d’une his­toire reli­gieuse de l’île qui a long­temps vécu sous influence, notam­ment sous le règne des Lusignan.
Construite chro­no­lo­gi­que­ment à par­tir des pre­miers temps de la chré­tien­té, lorsque l’Em­pire Romain d’O­rient est encore aux rênes de ce qu’on appelle l’Em­pire Byzan­tin jus­qu’à la conquête de l’île par la marine otto­mane, on per­çoit au tra­vers de cette expo­si­tion les dif­fé­rents mou­ve­ments d’une his­toire poli­tique tour­men­tée, suc­ces­si­ve­ment colo­ni­sée par toutes les puis­sances en pré­sence sur le pour­tour médi­ter­ra­néen (Arabes, Croi­sés, Véni­tiens, Turcs…), mais sur­tout que Chypre a été le foyer, et cela aus­si en rai­son de son sta­tut insu­laire, d’une grande spi­ri­tua­li­té, tiraillée entre ses ori­gines ortho­doxes et catho­liques tout au long des trois siècles pen­dant les­quels les Lusi­gnan feront de Chypre leur jar­din pri­vé. Cette spi­ri­tua­li­té s’ac­com­pagne d’une longue tra­di­tion archi­tec­tu­rale et de créa­tion artis­tique influen­cée par les habi­tants suc­ces­sifs de l’île.
De très belles icônes res­ca­pées de l’é­poque ico­no­claste conservent encore des cou­leurs d’une puis­sance sans égale. On pour­ra ain­si s’ex­ta­sier devant une icône haute de plus d’un mètre rela­tant les épi­sodes de la vie de Saint-Nico­las (pro­ve­nant de Saint-Nico­las-du-Toit, expo­sée d’or­di­naire au musée byzan­tin de Nicosie)

 

Ce sera éga­le­ment l’oc­ca­sion de voir un très beau livre qui ne sort que rare­ment de la BNF, le Thea­trum orbis ter­ra­rum d’Abra­ham Orte­lius, ain­si que le très énig­ma­tique Codex Magius. (more…)

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Les der­nières années de Raphaël au Louvre

Les der­nières années de Raphaël au Louvre

Raphaël (Raffaello Sanzio) - La donna velata (détail) - La dame voilée (1516 - 82cm x 61cm)

Pour quelques jours encore, Raphaël est au Louvre, le Raphaël des der­nières années. Fina­le­ment, c’est un Raphaël d’a­te­lier plus qu’un Raphaël inti­miste, en par­tie parce que le peintre connaît un suc­cès d’es­time incom­pa­rable et qu’il doit hono­rer nombre de ses com­mandes, mais tout est là, la com­po­si­tion, le trai­te­ment de la lumière, l’au­dace des pos­tures… Les plus grands repré­sen­tants de son ate­lier sont en bonne place ; on ver­ra ain­si Giu­lio Roma­no (Giu­lio di Pie­tro de’ Gia­nuz­zi), l’a­mi cher et Gio­van Fran­ces­co Pen­ni, le dis­ciple, avec des œuvres hau­te­ment signi­fi­ca­tives. (more…)

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Dans la vapeur blanche des jours sans vent

Il se passe quelque chose. Quel­qu’un avec qui j’ai affaire en ce moment me disait « quand il ne se passe rien, c’est que quelque chose de nou­veau est en ger­mi­na­tion, c’est là que naissent les évé­ne­ments. » Les révo­lu­tions naissent ain­si. Ce qui se pré­pare à l’heure actuelle, c’est mon car­net de voyage en Tur­quie, les douces heures chaudes pas­sées dans la four­naise de l’é­té sur ce long par­cours qui m’a mené d’İst­anb­ul à Kaş, puis de Kaş à Pata­ra sur l’an­tique che­min des Lyciens que par­cou­rut en son temps Paul de Tarse, puis de Pata­ra à Üçhi­sar au cœur d’un des foyers les plus anciens de la reli­gion chré­tienne, pour finir par retour­ner à İst­anb­ul où le rama­dan tou­chait à sa fin. Retour sur un par­cours riche de sens, de décou­vertes et de ren­contres. Très bientôt.

Lever de soleil en Cappadoce

Lever de soleil sur la Cappadoce,
15 août 2012
Alti­tude au des­sus du niveau du sol: 1000m

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Les cou­leurs du ciel — Pein­tures des églises de Paris au XVIIe siècle — Musée Carnavalet

Voi­ci une expo­si­tion qui mérite le détour, Les Cou­leurs du Ciel, si tou­te­fois vous êtes déjà allés voir Raphaël au Louvre (ce qui n’est pas encore mon cas), Cana­let­to et Guar­di (Musée Jac­que­mart-André), et Cana­let­to (Musée Maillol) et que je ne serai pas allé voir si mon atta­ché de presse offi­ciel ne m’a­vait pas fait de grands signes en me disant qu’il ne fal­lait pas man­quer ça. Effec­ti­ve­ment, cette expo­si­tion qui se niche au creux du petit musée Car­na­va­let (je tiens à dire que l’agent de sécu­ri­té est par­ti­cu­liè­re­ment aimable et sou­riant) montre une cen­taine de tableaux expo­sés d’or­di­naire dans des églises et des­sins pré­pa­ra­toires qui pour une fois se retrouvent regrou­pées sous les lumières (par­fois un peu mal ajus­tées sur cer­taines toiles dont le ver­nis est un peu brillant, mais ça passe) d’un musée.

Claude Vignon - L'adoration des mages (1625)

Claude Vignon — L’a­do­ra­tion des mages (1625)
Paris, église de Saint-Gervais-saint-Protais
Pho­to © Coarc

Si l’on peut se mon­trer par­fois un peu cir­cons­pect quant à la réelle beau­té de cer­taines églises pari­siennes datant pré­ci­sé­ment de cette époque et dont l’ar­chi­tec­ture aus­si bien inté­rieure qu’ex­té­rieure est par­fois un peu mas­sive, un peu lourde (je pense notam­ment à Saint-Nico­las du Char­don­net, ou Saint-Roch) on y trouve des petits tré­sors qu’on ne pense pas for­cé­ment à regar­der, le regard était géné­ra­le­ment plus atti­ré par les ors des autels, les colonnes effi­lées, un pla­fond peint à fresque ou des orgues majes­tueuses que par ce qui se cache dans les niches sou­vent obs­cures ou les cha­pelles absidiales.

Charles Poerson - Annonciation (1651-2)

Charles Poer­son — Annon­cia­tion (1651–52)
Paris, Cathé­drale Notre-Dame

Ce que vous avez ici vous récon­ci­lie­ra avec la pein­ture d’é­glise et vous inci­te­ra cer­tai­ne­ment à plus regar­der cette ico­no­gra­phie, for­cé­ment très reli­gieuse, qui sont géné­ra­le­ment des pein­tures pré­vues pour occu­per l’es­pace qui leur est dédié. Les sujets racontent des his­toires de caté­chisme de l’An­cien Tes­ta­ment comme du Nou­veau (j’ai rare­ment vu Abra­ham et Mel­chi­sé­dech autant de fois dans un seul endroit). Les peintres repré­sen­tés ici sont ceux qui pré­ci­sé­ment ont mar­qué une époque de la pein­ture fran­çaise, à une période pré­cise où celle-ci pro­gresse à vive allure, pro­pul­sée par la connais­sance de cer­tains d’entre eux de la pein­ture ita­lienne. On retrou­ve­ra ain­si Charles Le Brun, Noël Coy­pel, Phi­lippe et Jean-Bap­tiste de Cham­paigne, Claude Vignon et bien sûr Simon Vouet, mais bien d’autres aus­si qu’on a un peu moins l’ha­bi­tude de voir et dont les tra­vaux sont tout à fait dignes d’in­té­rêt, comme Charles Poer­son et d’autres.
Par­mi les œuvres qui ont le plus atti­ré mon attention :

  • Claude Vignon, L’a­do­ra­tion des mages (1625). Paris, église de Saint-Gervais-saint-Protais.
  • Simon Vouet, Quatre saints ado­rant le nom de Dieu: Saint Pierre, Saint Jérôme, Saint Mer­ri et Saint Fro­dulphe (1645). Paris, église de Saint-Merri.
  • Nico­las Pous­sin, Saint Denis l’A­réo­pa­gite cou­ron­né par un ange (1620–1621). Paris, église Saint-Germain-l’Auxerrois.
  • Charles Le Brun, La fla­gel­la­tion. Paris, église Saint-Ber­nard-de-la-Cha­pelle. Un tableau ter­rible où l’on voit les yeux du Christ révul­sés de douleur.
  • Charles Poer­son, L’an­non­cia­tion (1651–52). Ancien­ne­ment dans la cathé­drale Notre-Dame, aujourd’­hui au musée des Beaux-Arts d’Arras.

Une expo­si­tion rare et incon­tour­nable qui se pour­suit jus­qu’au 24 février 2013.
Pour en savoir plus, le cata­logue de l’ex­po­si­tion : Sous la direc­tion de Guillaume Kaze­rou­ni, Les cou­leurs du ciel. Pein­tures des églises de Paris au XVIIe siècle, 2012, Paris Musées, 375 p., 49 €.

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