Jan 7, 2013 | Carnets de route (Osmanlı lale) |
En septembre 2011, j’ai décidé d’emmener ma grand-mère faire un bond dans le passé en l’accompagnant jusque dans une petite ville du nord-ouest des Yvelines, Lommoye, à deux pas de la limite du département de l’Eure. L’histoire de cette ville dans mon cœur, c’est simplement l’endroit où j’allais parfois en vacances avec mes grands-parents chez mon arrière-grand-père qui vivait là dans une petite maison, où je passais le plus clair de mon temps dans le jardinet à déplacer de la terre dans une brouette bleue claire entre les nains de jardin. Il y a avait un oiseau en céramique posé sur la télévision, une petite fenêtre donnant sur l’allée, et trois fois rien. Une autre pièce avec un grand lit et une armoire, un appentis où un tas de charbon faisait le nid des araignées, et puis cette odeur si particulière que mon esprit a gardé très présente. Mon grand-père m’emmenait pêcher dans un petit étang, près d’un lavoir où personne ne venait plus laver son linge depuis longtemps. Il m’emmenait aussi en forêt pour cueillir des girolles et des cèpes gros comme des assiettes à dessert, avec nos bottes en caoutchouc et nos bâtons de pèlerins.

Avec ma grand-mère, nous sommes allés déjeuner à Bonnières et sur la route, en revenant, j’ai trouvé une boucherie, toujours ouverte au lieu-dit Le bout aux épines, à l’angle de deux routes. Nous sommes allés voir la maison de son père, puis la tombe de mes arrières-grands-parents et enfin, nous sommes allés voir Geneviève, Nelly et Gilbert, frère et sœurs vivant là dans une petite maison donnant sur la route, où le temps s’est arrêté, où kiki la poule donne des œufs dans une cour verdoyante, où la vie semble simple mais pas pour autant sans difficultés. C’était un moment joyeux, mais aussi un moment émouvant, un de ces moments de nostalgie qui nous relient au passé et qui n’appartient qu’à soi…
Cliquez sur l’image pour voir le diaporama, accompagné de la chanson d’Agnès Obél, Over the hill…
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Jan 6, 2013 | Arts, Sur les portulans |
Une autre exposition pour laquelle il ne reste plus beaucoup de temps et qui exhibe quelques objets significatifs d’une longue période allant du IVème au XVIème siècle, d’une histoire religieuse de l’île qui a longtemps vécu sous influence, notamment sous le règne des Lusignan.
Construite chronologiquement à partir des premiers temps de la chrétienté, lorsque l’Empire Romain d’Orient est encore aux rênes de ce qu’on appelle l’Empire Byzantin jusqu’à la conquête de l’île par la marine ottomane, on perçoit au travers de cette exposition les différents mouvements d’une histoire politique tourmentée, successivement colonisée par toutes les puissances en présence sur le pourtour méditerranéen (Arabes, Croisés, Vénitiens, Turcs…), mais surtout que Chypre a été le foyer, et cela aussi en raison de son statut insulaire, d’une grande spiritualité, tiraillée entre ses origines orthodoxes et catholiques tout au long des trois siècles pendant lesquels les Lusignan feront de Chypre leur jardin privé. Cette spiritualité s’accompagne d’une longue tradition architecturale et de création artistique influencée par les habitants successifs de l’île.
De très belles icônes rescapées de l’époque iconoclaste conservent encore des couleurs d’une puissance sans égale. On pourra ainsi s’extasier devant une icône haute de plus d’un mètre relatant les épisodes de la vie de Saint-Nicolas (provenant de Saint-Nicolas-du-Toit, exposée d’ordinaire au musée byzantin de Nicosie)
Ce sera également l’occasion de voir un très beau livre qui ne sort que rarement de la BNF, le Theatrum orbis terrarum d’Abraham Ortelius, ainsi que le très énigmatique Codex Magius. (more…)
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Jan 5, 2013 | Arts |

Pour quelques jours encore, Raphaël est au Louvre, le Raphaël des dernières années. Finalement, c’est un Raphaël d’atelier plus qu’un Raphaël intimiste, en partie parce que le peintre connaît un succès d’estime incomparable et qu’il doit honorer nombre de ses commandes, mais tout est là, la composition, le traitement de la lumière, l’audace des postures… Les plus grands représentants de son atelier sont en bonne place ; on verra ainsi Giulio Romano (Giulio di Pietro de’ Gianuzzi), l’ami cher et Giovan Francesco Penni, le disciple, avec des œuvres hautement significatives. (more…)
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Jan 4, 2013 | Carnets de route (Osmanlı lale) |
Il se passe quelque chose. Quelqu’un avec qui j’ai affaire en ce moment me disait « quand il ne se passe rien, c’est que quelque chose de nouveau est en germination, c’est là que naissent les événements. » Les révolutions naissent ainsi. Ce qui se prépare à l’heure actuelle, c’est mon carnet de voyage en Turquie, les douces heures chaudes passées dans la fournaise de l’été sur ce long parcours qui m’a mené d’İstanbul à Kaş, puis de Kaş à Patara sur l’antique chemin des Lyciens que parcourut en son temps Paul de Tarse, puis de Patara à Üçhisar au cœur d’un des foyers les plus anciens de la religion chrétienne, pour finir par retourner à İstanbul où le ramadan touchait à sa fin. Retour sur un parcours riche de sens, de découvertes et de rencontres. Très bientôt.

Lever de soleil sur la Cappadoce,
15 août 2012
Altitude au dessus du niveau du sol: 1000m
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Jan 3, 2013 | Arts |
Voici une exposition qui mérite le détour, Les Couleurs du Ciel, si toutefois vous êtes déjà allés voir Raphaël au Louvre (ce qui n’est pas encore mon cas), Canaletto et Guardi (Musée Jacquemart-André), et Canaletto (Musée Maillol) et que je ne serai pas allé voir si mon attaché de presse officiel ne m’avait pas fait de grands signes en me disant qu’il ne fallait pas manquer ça. Effectivement, cette exposition qui se niche au creux du petit musée Carnavalet (je tiens à dire que l’agent de sécurité est particulièrement aimable et souriant) montre une centaine de tableaux exposés d’ordinaire dans des églises et dessins préparatoires qui pour une fois se retrouvent regroupées sous les lumières (parfois un peu mal ajustées sur certaines toiles dont le vernis est un peu brillant, mais ça passe) d’un musée.

Claude Vignon — L’adoration des mages (1625)
Paris, église de Saint-Gervais-saint-Protais
Photo © Coarc
Si l’on peut se montrer parfois un peu circonspect quant à la réelle beauté de certaines églises parisiennes datant précisément de cette époque et dont l’architecture aussi bien intérieure qu’extérieure est parfois un peu massive, un peu lourde (je pense notamment à Saint-Nicolas du Chardonnet, ou Saint-Roch) on y trouve des petits trésors qu’on ne pense pas forcément à regarder, le regard était généralement plus attiré par les ors des autels, les colonnes effilées, un plafond peint à fresque ou des orgues majestueuses que par ce qui se cache dans les niches souvent obscures ou les chapelles absidiales.

Charles Poerson — Annonciation (1651–52)
Paris, Cathédrale Notre-Dame
Ce que vous avez ici vous réconciliera avec la peinture d’église et vous incitera certainement à plus regarder cette iconographie, forcément très religieuse, qui sont généralement des peintures prévues pour occuper l’espace qui leur est dédié. Les sujets racontent des histoires de catéchisme de l’Ancien Testament comme du Nouveau (j’ai rarement vu Abraham et Melchisédech autant de fois dans un seul endroit). Les peintres représentés ici sont ceux qui précisément ont marqué une époque de la peinture française, à une période précise où celle-ci progresse à vive allure, propulsée par la connaissance de certains d’entre eux de la peinture italienne. On retrouvera ainsi Charles Le Brun, Noël Coypel, Philippe et Jean-Baptiste de Champaigne, Claude Vignon et bien sûr Simon Vouet, mais bien d’autres aussi qu’on a un peu moins l’habitude de voir et dont les travaux sont tout à fait dignes d’intérêt, comme Charles Poerson et d’autres.
Parmi les œuvres qui ont le plus attiré mon attention :
- Claude Vignon, L’adoration des mages (1625). Paris, église de Saint-Gervais-saint-Protais.
- Simon Vouet, Quatre saints adorant le nom de Dieu: Saint Pierre, Saint Jérôme, Saint Merri et Saint Frodulphe (1645). Paris, église de Saint-Merri.
- Nicolas Poussin, Saint Denis l’Aréopagite couronné par un ange (1620–1621). Paris, église Saint-Germain-l’Auxerrois.
- Charles Le Brun, La flagellation. Paris, église Saint-Bernard-de-la-Chapelle. Un tableau terrible où l’on voit les yeux du Christ révulsés de douleur.
- Charles Poerson, L’annonciation (1651–52). Anciennement dans la cathédrale Notre-Dame, aujourd’hui au musée des Beaux-Arts d’Arras.
Une exposition rare et incontournable qui se poursuit jusqu’au 24 février 2013.
Pour en savoir plus, le catalogue de l’exposition : Sous la direction de Guillaume Kazerouni, Les couleurs du ciel. Peintures des églises de Paris au XVIIe siècle, 2012, Paris Musées, 375 p., 49 €.
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