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1943, la grosse déconne…

Churchill, Roosevelt et Staline

Au cours du dîner, le 29 novembre (1943), Sta­line sug­gé­ra au pas­sage que si, à la fin de la guerre, on raflait et liqui­dait quelques cin­quante mille chefs des forces armées alle­mandes, c’en serait fini une fois pour toutes de la puis­sance mili­taire de l’Al­le­magne. Chur­chill fut inter­lo­qué par l’am­pleur des liqui­da­tions envi­sa­gées par Sta­line. Il répon­dit sim­ple­ment que le par­le­ment et l’o­pi­nion n’ac­cep­te­raient jamais de telles exé­cu­tions mas­sives. Mais Roo­se­velt répon­dit plus cha­leu­reu­se­ment à Sta­line et, voyant Chur­chill contra­rié (tel était du moins le sou­ve­nir de ce der­nier), le pré­sident amé­ri­cain ajou­ta que les Alliés devraient en exé­cu­ter non pas cin­quante mille, mais « juste qua­rante-neuf mille ». […] La dérive de cette conver­sa­tion inquié­ta si bien Chur­chill qu’il quit­ta la salle, mais un Sta­line jovial lui cou­rut après et pro­tes­ta que, bien enten­du, ce n’é­tait qu’une plaisanterie.

1943, Confé­rence de Téhé­ran, les trois lar­rons de Yal­ta se retrouvent pour par­ler de l’a­près-guerre, quand tout sera ter­mi­né. Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’am­biance est déten­due, mais der­rière la plai­san­te­rie, peut-on être cer­tain qu’il n’y avait pas un fond de véri­té, quand on sait que Sta­line avait déjà fait exé­cu­ter des sol­dats et des offi­ciers russes accu­sés de couar­dise face à l’en­ne­mi. Niki­ta Khroucht­chev lui-même, alors géné­ral de l’ar­mée, fit exé­cu­ter plus de 15.000 de ses propres sol­dats sur le front.

in Les entre­tiens de Nurem­berg, Leon Goldensohn
Intro­duc­tion et pré­sen­ta­tion de Robert Gellatelly
Champs Flam­ma­rion Histoire

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L’é­li­mi­na­tion — Rithy Panh

L’é­li­mi­na­tion — Rithy Panh

Je ne sais pas pour­quoi je me suis rué sur ce bou­quin. Il m’ar­rive par­fois de retour­ner un livre pour en lire la qua­trième de cou­ver­ture et de res­ter accro­ché sur quelques mots. En l’oc­cur­rence, ce livre, s’il n’a­vait été recou­vert d’un ban­deau où figure la pho­to du cinéaste, vêtu d’une veste noire, d’un kra­ma blanc écru, les traits tirés et le regard comme per­du dans le vague, une épaisse fumée de cigare l’en­ve­lop­pant, je ne l’au­rais peut-être pas retour­né, il serait res­té en-dehors de mon champ. La pho­to dit déjà le drame.

Rithy Panh, l'elimination

Rithy Panh, je ne le connais pas, à part de nom. Je sais de lui qu’il a réa­li­sé un film, un grand film sur les années sombres où les khmers rouges ont lit­té­ra­le­ment exter­mi­né la popu­la­tion du Cam­bodge, un film au titre qui ne laisse aucu­ne­ment de place au doute : S21, la machine de mort khmère rouge. En réa­li­té, je ne savais rien des khmers rouges, je ne savais rien du Cam­bodge, et je ne savais rien de ce qui s’y était pas­sé, et je ne dis pas qu’au­jourd’­hui j’en sais beau­coup plus mais au moins je connais cette his­toire, l’his­toire de cet homme bri­sé par un pas­sé trop lourd à porter.
L’é­li­mi­na­tion, c’est le récit mêlé de son expé­rience d’en­fant dont le sou­ve­nir lui rap­pelle Phnom Penh, la capi­tale encore vivante et qui sera vidée de sa popu­la­tion, et des heures d’un pro­cès qui aurait pu faire date si les vrais res­pon­sables avaient été jugés et punis, celui du res­pon­sable du S21, le bureau de sécu­ri­té, centre de tor­ture et d’exé­cu­tion de la méca­nique mor­telle mise en place par un régime pris de folie meur­trière. Le res­pon­sable, à tous les sens du terme, c’est Kaing Guek Eav, plus connu sous le nom de Duch ou Douch.

Kaing Guek Eav - Douch à son procès

Kaing Guek Eav (Douch) à son pro­cès en 2012
Pho­to © Ho New / Reuters

L’his­toire de Rithy Panh, c’est sim­ple­ment l’his­toire d’un jeune gar­çon pris dans la folie de l’his­toire de son peuple, c’est l’his­toire de sa famille, d’un drame qui lui a ôté son père qui finit par ces­ser de croire en des jours meilleurs et se laisse mou­rir de déses­poir, un ins­pec­teur de l’é­du­ca­tion éru­dit, édu­qué, et selon l’au­teur l’ar­ché­type de l’homme tour­né vers la moder­ni­té, vers ce que l’homme a en lui du plus pré­cieux pour sa propre préservation.

C’é­tait la défaite de l’En­cy­clo­pé­die. Plu­tôt l’an­cien monde, élé­men­taire, ter­rien, que la connais­sance, froide et difficile.

Ce drame lui a éga­le­ment ôté sa mère, une femme admi­rable, aimante, qui don­na tout à ses enfants pour qu’ils s’en sortent, mais elle renonce le jour où sa fille décède. D’autres mour­ront, des êtres proches, des incon­nus, des dizaines, des mil­liers de morts jalonnent ce livre, des mil­liers d’êtres inno­cents empor­tés par la folie meur­trière d’un idéo­logue fou por­té par ses théo­ries vaseuses et une absence totale de visi­bi­li­té sur ses fins, l’hor­rible Saloth Sâr (Pol Pot) avec son visage figé et son sou­rire de sta­tue de cire.
Face au bour­reau Douch, Rithy Panh n’ar­rive à tirer que des expli­ca­tions floues, pom­peuses et vides de sens, des repen­tances, des aveux du bout des lèvres ponc­tués de phrases qui le dégagent de toute res­pon­sa­bi­li­té, lui, l’exé­cu­tant, le petit pro­fes­seur de mathé­ma­tiques deve­nu un immonde bureau­crate tor­tion­naire qui ne pou­vait être en tort, car il était en accord avec l’idéologie…

Je com­prends qu’on change de nom et de pré­nom dans la clan­des­ti­ni­té. Mais réduire l’autre à un geste, à une méca­nique, à une par­celle de son corps, ce n’est pas pro­pa­ger la révo­lu­tion. C’est déshu­ma­ni­ser. C’est tenir l’être dans son poing.
Jus­qu’à la libé­ra­tion, je suis res­té le « cama­rade chauve », et c’é­tait très bien ain­si : je ne por­tais plus le nom de mon père, trop connu. J’é­tais sans famille. J’é­tais sans nom. J’é­tais sans visage. Ain­si j’é­tais vivant, car je n’é­tais plus rien.

Le récit de Rithy Panh, c’est le récit de la déshu­ma­ni­sa­tion la plus totale, alors on pense imman­qua­ble­ment à Pri­mo Levi, Robert Anthelme ou Elie Wie­sel… C’est pré­ci­sé­ment cela l’é­li­mi­na­tion, L’Ang­kar (l’or­ga­ni­sa­tion), c’est l’é­li­mi­na­tion car vous n’êtes plus rien. Une des scènes les pires qui me reste est celle de ce jeune gar­çon dont la jambe s’in­fecte et sur laquelle il voit des vers grouiller.

Nous savions intui­ti­ve­ment que c’é­tait la fin : l’ir­rup­tion de la vie ani­male dans la vie humaine. Il est mort le lendemain.

S21 - Tuol Sleng

S21 (Tuol Sleng, la col­line du man­guier sauvage),
ancien lycée recon­ver­ti en centre de torture
Pho­to © Chris Gra­vett

J’ai lu ce livre en peu de temps, absor­bé dans ces pages qui me disaient que je devais savoir, que je devais ter­mi­ner, mal­gré les haut-le-cœur, mal­gré la nau­sée qui prend devant la déchéance qu’on fait subir à un peuple, qu’on exé­cute froi­de­ment, qu’on tor­ture et qu’on viole. Un mil­lion sept cent mille (le chiffre paraît lui-même dément) Cam­bod­giens sont morts direc­te­ment ou indi­rec­te­ment des consé­quences de cet assas­si­nat orga­ni­sé par une poi­gnée de fous. 1 Cam­bod­gien sur 5, mort… au nom d’une révo­lu­tion sans classe, une révo­lu­tion bor­née, idiote, sans raison.

Sans doute est-ce cela, un révo­lu­tion­naire : un homme qui a du riz dans son assiette ; et qui cherche un enne­mi dans le regard de l’autre.

Il faut avoir lu ce livre, pour la trace qu’il laisse, pour le futur des nations, pour être en paix avec soi mal­gré le déchi­re­ment qu’il pro­cure à l’in­té­rieur, pour appor­ter la paix aux morts, pour se regar­der en face, pour ne pas faire comme si on ne savait pas, pour lui, pour Rithy Panh et pour les autres qui se sont vu des­ti­tuer leur droit à être des êtres humains, pour peut-être cau­che­mar­der et fina­le­ment ouvrir à nou­veau les yeux sur un monde qui pro­duit des monstres, mais au moins, on ne pour­ra pas dire qu’on ne savait pas…

Duch: Je suis jour et nuit avec la mort.
Je lui réponds: Moi aus­si. Mais nous ne sommes pas du même côté.

Rithy Panh avec Chris­tophe Bataille, L’élimination
Édi­tions Grasset

EDIT : on me souffle dans l’o­reillette qu’il existe un blog autour d’un pro­jet sur la recons­truc­tion du Cam­bodge et de la mémoire des années sombre, un pro­jet d’Émilie Arfeuil et Alexandre Lie­bert qui se nomme Scars of Cam­bo­dia.

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Dans la vapeur blanche des jours sans vent (Car­net de voyage en Tur­quie – 28 juillet) : La Süley­ma­niye et Üsküdar

Dans la vapeur blanche des jours sans vent (Car­net de voyage en Tur­quie – 28 juillet) : La Süley­ma­niye et Üsküdar

Épi­sode pré­cé­dent : Dans la vapeur blanche des jours sans vent (Car­net de voyage en Tur­quie – 27 juillet) : Retour à İstanbul

Bul­le­tin météo de la jour­née (same­di) :

  • 10h00 : 37.8°C / humi­di­té : 44% / vent 22 km/h
  • 14h00 : 37.8°C / humi­di­té : 31% / vent 30 km/h
  • 22h00 : 35.2°C / humi­di­té : 78% / vent 13 km/h

Je me réveille sur les coups de 9h00, pour la der­nière fois. La nuit n’a pas été bonne parce que j’ai lais­sé la cli­ma­ti­sa­tion toute la nuit et j’ai dû me lever pour l’é­teindre, mais for­cé­ment, j’ai fini par avoir trop chaud. Il va fal­loir que j’ap­prenne à la régler de telle sorte à avoir la bonne tem­pé­ra­ture. Quand je me lève, je suis plein de cour­ba­tures, les jambes rom­pues, le dos cas­sé. Je prends mon petit déjeu­ner dans la salle du bas et à la télé­vi­sion passe une très belle demoi­selle qui chante du rap et s’a­muse avec une canne comme les lou­lous de New-York City. La cari­ca­ture est avan­ta­geuse. Elle porte le doux nom de Şimal, et chante une chan­son qui s’ap­pelle Şimal Yıldızı (chi­mal yeul­deu­zeu) ce qui veut dire, à peu de chose près, Étoile Polaire. Je dois dire que j’aime bien…

Turquie - jour 2 - Istanbul - 06 - Küçük Ayasofya Camii

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Frag­ments de pein­tures véni­tiennes (1) : Cathé­drale San­ta Maria Assun­ta de Torcello

Frag­ments de pein­tures véni­tiennes (1) : Cathé­drale San­ta Maria Assun­ta de Torcello

Annonciation, Vierge Odigitria  (theotokos) et Apôtres, Torcello, basilique Santa Maria Assunta - XIIè siècle

Sur la lagune de Venise se trouve une petite île que per­sonne ne va visi­ter parce que ce n’est qu’un endroit péri­phé­rique des grands par­cours tou­ris­tiques. Pour­tant, on connait son nom, ou tout au moins on en a déjà enten­du par­ler : Tor­cel­lo. La par­ti­cu­la­ri­té des îles qui com­posent l’ar­chi­pel de Venise c’est de n’être pas tel­le­ment plus haut que le niveau de la mer qui vient lui lécher les pieds et c’est alors ce qu’on voit tous les ans (ou deux fois par an, puisque cela arrive au moment des équi­noxes) aux jour­naux télé­vi­sés comme une ritour­nelle, l’acqua alta. Les Ita­liens ont un don pour nom­mer les choses de la manière la plus simple qui soit. Quand l’eau monte, l’eau devient haute… C’est tout.

De cette petite île, Tor­cel­lo, dépasse un cam­pa­nile car­ré sur­plom­bant une cathé­drale dont on se demande fina­le­ment ce qu’elle fait là puisque l’île n’a­brite plus que quelques habi­tants, tan­dis qu’au Xème siècle elle voyait sa popu­la­tion s’é­le­ver à plus de 10 000 habi­tants. La façade de ce bâti­ment révèle qu’il date de la période romane, et même, puisque nous sommes en Ita­lie, de la période byzan­tine si l’on en croit l’inscription qui fait remon­ter son ori­gine à 639. A l’in­té­rieur se trouve le cul-de-four de l’ab­side, une demi-couple déco­rée d’une mosaïque abso­lu­ment somp­tueuse datant du XIIè-XIIè siècle, parée d’or, repré­sen­tant dans un espace assez grand la Vierge à l’en­fant (Theo­to­kos, mère de Dieu, et Odi­gi­tria, qui montre la direc­tion) entou­rée du mono­gramme qui est le sien (MP ΘY). La figure de la Vierge est sur­plom­bé par une Annon­cia­tion au-des­sus du cul-de-four, l’Ange Gabriel à gauche, la Vierge à droite. Sous les pieds de la Vierge, les douze apôtres mar­chant sur un par­terre de coque­li­cots. Comme toutes les fleurs rouges, celle-ci en par­ti­cu­lier est sym­bole du sang du Christ ver­sé pour les hommes.

Dans la cathé­drale se trouvent d’autres mosaïques très belles, fine­ment exé­cu­tées, notam­ment celle du Juge­ment Der­nier, mais celle-ci a la charme de sa taille, impres­sion­nante et tend à nous faire savoir si on l’a­vait oublié que l’his­toire de Venise a de tout temps été tour­née vers l’O­rient et se place sur le même plan que de l’art de Byzance. Pro­me­nez-vous dans Venise et vous ver­rez que nous sommes aux portes de Constantinople…

Pour en savoir plus : Les peintres de Venise, Enri­co Maria dal Poz­zo­lo, Actes Sud.

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Dans la vapeur blanche des jours sans vent (Car­net de voyage en Tur­quie — 27 juillet) : Retour à Istanbul

Dans la vapeur blanche des jours sans vent (Car­net de voyage en Tur­quie — 27 juillet) : Retour à Istanbul

Mon voyage en Tur­quie com­mence. Voi­là bien deux ou trois mois que tout est déjà pré­vu, que les billets d’a­vion sont réser­vés, que les chambres d’hô­tel le sont exac­te­ment. J’ai juste encore un petit doute sur les deux nuits d’hô­tel pour les deux der­niers jours à Istan­bul mais j’at­tends en fait de voir à quoi il res­semble une fois sur place puisque de toute façon, je passe par là avant d’y reve­nir à la fin du mois. L’i­ti­né­raire, lui, est par­fai­te­ment bou­clé, même s’il y aura tou­jours de la place à l’im­pré­vu. Il faut savoir sur si je suis un grand voya­geur dans ma tête, il n’y a réel­le­ment que peu de temps que j’ai com­men­cé à réel­le­ment par­tir à l’a­ven­ture et que mal­gré mon côté assez peu orga­ni­sé en appa­rence (j’ai du mal dans mon tra­vail et dans ma vie à avoir une visi­bi­li­té au-delà d’une semaine), il me fal­lait abso­lu­ment pour par­tir trois semaines en Tur­quie m’or­ga­ni­ser un mini­mum d’au­tant que j’ai com­men­cé à fré­quen­ter des coins un peu excen­trés. Sur une carte de la Tur­quie, voi­ci ce que ça peut donner :

Carte de la Turquie - carnet de voyage août 2012

Je pars de Paris le 27 juillet au matin et j’atterris en début d’a­près-midi à Istan­bul, aéro­port Atatürk. 5 jours pré­vus pour voir quelques petites choses qui m’ont échap­pées en avril. Ensuite départ en avion depuis Atatürk pour Anta­lya dans le sud, loca­tion de voi­ture et tra­jet assez long (envi­ron 300 km) jus­qu’à la petite ville de Kaş où je dois res­ter 8 jours. Je repars ensuite en voi­ture à 30 km de là seule­ment pour chan­ger de rayon et m’ins­tal­ler dans une toute petite ville, Pata­ra où je reste 4 jours. Ensuite, je retourne à Anta­lya pour rendre la voi­ture et prendre le car jus­qu’à Nevşe­hir en pas­sant par la ville de Konya. A Nevşe­hir, je prends une navette qui m’emmène jus­qu’à Uçhi­sar où je reste 4 jours. Retour à Nevşe­hir pour prendre un vol interne jus­qu’à Istan­bul, où je reste deux jours avant de reprendre l’a­vion pour Paris. Si je compte bien, ça fait 24 jours en comp­tant le jour du départ. Vingt quatre jours !! Quand j’y pense, ça semble faire une éter­ni­té loin de chez soi, loin des gens avec qui l’on est fami­lier et en même temps l’é­loi­gne­ment est d’au­tant plus impor­tant que je suis rare­ment par­ti aus­si loin, qui plus en est en Asie. Mais voi­là, c’est par­ti, il faut y aller. Lorsque le réveil sonne le 27 au matin, j’ai comme l’im­pres­sion de ne plus vrai­ment être dans mon corps, ni même dans mon esprit, c’est comme si déjà j’a­vais endos­sé la peau de quel­qu’un d’autre, la trans­for­ma­tion s’est amorcée.
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