Lungarno e Oltrarno – Carnet de voyage à Florence 7 – De fresques et de grotesques

Lungarno e Oltrarno – Carnet de voyage à Florence 7 – De fresques et de grotesques

Épisode précédent : Lungarno e Oltrarno – Carnet de voyage à Florence 6 – Du baptême au chemin de croix

Au matin du dernier jour, la fatigue est là et bien là. Toutefois, je suis réveillé tôt et je constate avec un peu de tristesse en regardant par la fenêtre qu’il pleut légèrement. Le temps que je prenne une douche rapide et que je m’habille, tout a déjà séché mais le temps reste gris et pas très engageant. Il reste un peu de temps avant que le petit déjeuner soit servi alors je prends mes jambes à mon cou pour m’évader de ma cellule et filer voir Florence avant que la vie ne prenne un mauvais tour. Je m’étais dit que j’aurais bien aimé un matin voir le soleil se lever sur l’Arno mais ce n’est pas demain la veille.

CH6756En attendant, je me faufile dans l’arrière-cour de Florence, au travers de petites rues pour déboucher sur une grande place dont je me souviens parfaitement ; la Piazza della Santissima Annunziata (Place de la Très Sainte Annonciation) que je connaissais déjà et qui passe pour être une des places les plus hautement stylisées de toute l’Italie. Lorsqu’on s’y trouve, il peut s’en dégager une impression de malaise face à cette froideur rigoureuse, à une absence d’humanité et de vie qui est loin d’être plaisante, mais il faut avouer qu’il émane une sensation de perfection architecturale de cet ensemble. Pas vraiment étonnant quand on sait que derrière tout ceci se cache, encore une fois… Filippo Brunelleschi. Les trois principaux bâtiments de cette place sont la Basilica della Santissima Annunziata, l’Hôpital des Innocents (Spedale degli Innocenti), et la Loggia dei Servi di Maria.

Florence - jour 4 - 002 - Spedale degli Innocenti
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Portraits de sultans vénitiens

Exécutés par un peintre anonyme de Vérone un peu avant 1580, ces représentations des sultans ottomans de l’époque de la Renaissance ont été réalisées à la demande du Grand Vizir Sokollu Mehmet Paşa et sont exposées à Venise. On sait que l’auteur, depuis son atelier italien, peignit les portraits des sultans sans même avoir mis le pied à Istanbul…

Lungarno e Oltrarno – Carnet de voyage à Florence 6 – Du baptême au chemin de croix

Lungarno e Oltrarno – Carnet de voyage à Florence 6 – Du baptême au chemin de croix

Épisode précédent : Lungarno e Oltrarno – Carnet de voyage à Florence 5 – La croix et l’étoile

Florence - jour 3 - 022 - Battistero san Giovanni

Ce samedi matin, je me réveille plutôt tard. J’ai l’impression que le fait de marcher me courbe de fatigue, mais une fois ma nuit terminée, je reprends du poil de la bête et je suis à nouveau d’attaque. Ce matin, j’ai pour projet de visiter le baptistère Saint-Jean (battistero di San Giovanni), qui comme son nom l’indique est dédié à l’évangéliste Jean. C’est un monument de taille assez réduite comparé à ce qui se trouve autour, notamment le Duomo, mais son origine est assez ancienne. On construit rarement un bâtiment chrétien sans raison et surtout en ce qui concerne le lieu, on procède généralement par élimination. Construire par-dessus est un exercice que les Chrétiens connaissent bien et en l’occurrence, c’est ici au-dessus des restes d’un temple dédié à Mars (rien ne vaut l’enfouissement des anciennes croyances pour les absoudre) que le baptistère fut construit, mais à l’origine comme simple cathédrale. L’aspect qu’il revêt aujourd’hui date du XIIème siècle, avec ses marbres de façade et son plan octogonal. La signification du plan octogonal prend tout son sens au regard du chiffre 7. On sait que le chiffre 7 est relatif aux 6 jours durant lesquels Dieu créa le monde, le septième étant, selon des sources bien renseignées, le jour où le Créateur se reposa d’avoir mis tout ceci en chantier. Le chiffre symbolique 8 est relatif à ce huitième jour, qui n’est ni plus ni moins que le jour du Jugement Dernier ; si je compte bien, nous sommes toujours dans le septième jour, donc jour de repos… Vue de l’esprit… (more…)

Lungarno e Oltrarno – Carnet de voyage à Florence 5 – La croix et l’étoile

Lungarno e Oltrarno – Carnet de voyage à Florence 5 – La croix et l’étoile

Épisode précédent : Lungarno e Oltrarno – Carnet de voyage à Florence 4 – L’errance

Florence est une ville qui permet qu’on se perde sans avoir peur, sans craindre quoi que ce soit. Je ne sais pas ce qui pourrait être le pire à Florence. Ce midi là, en sortant du restaurant, l’estomac gonflé de produits du crû, l’air un peu perdu et absent, encore un peu absorbé par les vapeurs du spumante, je passe par la Piazza della Signoria et je m’éclipse dans les petites rues. Je n’ai aucun but pour cet après-midi, rien de spécial, quelques idées qui traînent ça et là.
Je me retrouve au pied de la Badia fiorentina dans laquelle je suis entré la veille pour retrouver cette impression de paix qui m’a saisi. La lumière entre par des fenêtres hautes qui donne au lieu une touche irréelle, quelque chose du divin qui viendrait s’interposer entre l’église et moi. Je m’assois là quelques instants pour goûter ce silence qui n’existe nulle part ailleurs sur terre.

Florence - jour 2 - 063 - Badia fiorentina (more…)

Lungarno e Oltrarno – Carnet de voyage à Florence 4 – L’errance

Lungarno e Oltrarno – Carnet de voyage à Florence 4 – L’errance

Épisode précédent : Lungarno e Oltrarno – Carnet de voyage à Florence 3 – Le feu et la glace

Je me réveille à 3h00 du matin comme avec la gueule de bois, la bouche sèche et une grande envie de boire. Je soupçonne que ce soit la pizza arrosée au Chianti qui ait bousculé mes habitudes culinaires, alors j’essaie de me rendormir et je me réveille à nouveau deux heures plus tard en ayant l’impression de n’être pas du tout reposé. Dans ma cellule de moine au plafond haut, j’ai comme le vertige, et je finis quand-même par me rendormir.
Je vais prendre mon petit déjeuner dans la salle commune où je me gave de petits cakes et d’un lait chaud qu’on croirait directement sorti du pis de la vache. Et puis du café, plusieurs tasses de café. L’Italie, c’est un peu le pays du café, alors quand vous demandez un café et qu’on vous amène un pisse d’âne digne d’un fast-food, vous levez les mains au ciel et vous dites tout haut « ma che cosa è ? ». La dame qui fait le service m’explique qu’il y a une différence substantielle entre café et expresso. Le café, c’est le café américain (tiens ? ils savent faire du café les Américains ?) qui n’est autre que le café cafetière qu’on connait chez nous et l’expresso c’est ce qui est l’âme de l’Italie, une décoction passée au percolateur à toute vitesse sur une petite dose de café qui a à peine le temps de se charger en caféine…

Je compte me diriger vers San Marco ce matin, revoir les fresques de Fra Angelico et notamment celle de la cellule 13 qui porte ce nom très poétique, Noli me tangere qui est à mon sens une des plus belles et des plus chargées en sens des fresques du moine dominicain. Je repasse donc devant San Lorenzo, nimbée de soleil, mais je me sens comme dévié et finalement je me dis que je vais entrer dans la basilique. Il y a un peu de queue mais je prends sur moi et je me sens dépité lorsque je me rends compte que l’entrée est payante… J’en parlerai plus tard, mais deux choses m’ont passablement énervé à Florence ; le fait qu’il faille payer pour entrer dans les églises et le fait qu’on ne puisse faire de photo nulle part à l’intérieur des monuments qui sont justement payants.

San Lorenzo - intérieur - nefSan Lorenzo donc, je n’y étais jamais entré. C’est encore Brunelleschi qui est coupable de cette architecture qui déploie sa perspective vers un chœur profond, autour de colonnes massives. C’est ici qu’on se rend compte à quel point les maîtres italiens se sont emparés de leur passé et ont porté l’idéal classique à son apogée. Je dis que c’est ici, mais c’est aussi dans plusieurs autres monuments florentins.
La nef est une des plus lumineuses qu’on puisse trouver dans une église et on pourra remarquer que cette impression de grandeur est accentuée par l’utilisation de cette pierre superbe aux reflets bleus qu’est la pietra serena, pierre endémique de la région de Florence. (more…)