Il y a de la poésie dans ces images prises d’avion au-dessus des continents rugueux et une certaine vision qui transcende la simple notion de paysage. Un projet inspiré par JFK ✈ SFO de Paul Octavious. In flight, par Steph Goralnick, via JR.
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Autochromes du musée Albert Kahn
L’année dernière, avec mon fils et ma grand-mère, nous sommes allés visiter le musée Albert Kahn, ou plutôt les superbes jardins du musée, car si l’intérêt de cette résidence située en bord de seine à Boulogne-Billancourt réside principalement dans les jardins agencés par le banquier alsacien, c’est aussi une des plus grandes collections d’autochromes avec plus de 72 000 pièces conservées dans cette institution. La librairie du musée permet d’acheter des tirages d’art de ces petits bijoux qui font des photographes de l’époque de véritables artistes qui ont su donner ses lettres de noblesse à cet art jeune qu’est la photographie, des tirages en couleurs, absolument émouvants de par leur âge et leur précision.
Vieille maison,
Le Caire, 1914,
Auguste Léon, inv. A 3 067
Porte de la tour du Jasmin au fort Rouge,
Agra, Inde, 1913,
Stéphane Passet, inv. A 4 235
Fayz Bey el-Azm, un compagnon de l’émir Fayçal,
Quweira, mars 1918,
Paul Castelnau, inv. A 15 506
Prêtre en tenue d’officiant dans le temple jaïn de Hathi Singh,
Ahmedabad, Inde, 20 décembre 1913,
Stéphane Passet, inv. A 4 177
Peintres de la lumière au milieu des hommes n°10
Kim Høltermand
Rares sont les photographes qui s’expriment comme des poètes, dans un jeu de lumières et de ténèbres, dans une métrique simple et une douceur presque lugubre. Il y a de l’école de Düsseldorf dans ces clichés d’une sobriété envahissante, une âme persistante, dans un écrin luxueux. Kim Høltermand.
Via Hippolyte Bayard
Camera obscura
J’ai parlé hier de Sebastian Schutyser et de ses photos prises à la chambre noire. La chambre noire ou camera obscura est l’appareil photo du pauvre, simplement fabriquée avec une boîte percée d’un trou d’aiguille (pinhole). Elle permet de faire de photos sans objectif, en deux dimensions et très proches de la vision humaine réelle. Ces « sténopés » nécessitent des temps de poses longs puisque le diaphragme est pour le coup très petit. Afin de découvrir ces petites merveilles de simplicité, je vous invite à vous rendre sur © l’œil en boite (Delphine Lancelle) ainsi que les 197 superbes photos de Effixe, et un peu plus loin quelques exemples sortis de la sténocaméra de Thierry Gonidec.
Sebastian Schutyser – Ermita
Sebastian Schutyser a photographié 575 chapelles romanes à travers l’Europe avec un sténopé (ou “pinhole camera”). Toutes ces structures ont pour point commun d’être des lieux construits à l’écart du monde. Un travail superbe sur l’architecture de l’humilité et de la simplicité, renforcé par le cadre simple de l’environnement de ces lieux hors du temps, hors des lieux des hommes. Tout ceci est fort bien expliqué par Geoff Manaugh sur son superbe site BLDGBLOG.
A voir également un travail superbe sur les mosquées en adobe du Mali.
Un coup de téléphone d’Istanbul n°1
A l’issue d’un week-end de dépressif confiné dans la fièvre et la douleur, je me suis réveillé avec quelques petites merveilles trouvées sur mon chemin.
Kanako Sasaki
Xiao
Et également ces photos très impressionnantes des alentours de ce volcan dont personne n’ose plus prononcer le nom sans se ridiculiser sur trois générations ; Eyjafjallajökull, photographié par Sean Stiegemeier et en vidéo.

Retour à l’argentique
C’est un appareil semi-automatique qui se trouvait sur l’étagère au-dessus de la penderie de mes grands-parents. Je chérissais cet endroit pour le fait qu’elle recèle mille et un trésors que je ne me suis jamais aventuré à aller déterrer. J’y aimais particulièrement l’odeur de cuir qui y régnait, ces cuirs qui servaient de rangements. C’est dans cet endroit magique que, je le sais depuis toujours, se trouve l’appareil photo et ses trois objectifs, tous ses accessoires, déclencheur à distance, pare-soleil, pied à visser sur une table, filtres, chiffons, mais on y trouve également une caméra super-8, un projecteur de films, et des dizaines de bobines développées. Dans le placard à balais se trouve l’écran pliable avec sa surface blanche immaculée et granuleuse comme de la toile émeri. Depuis l’avènement du numérique, mon grand-père avait opté pour un bridge Olympus, fidèle à la marque, car son ancien appareil est un Olympus OM-1n MD datant de 1979, avec une coque en métal taillée à la serpe, un appareil solide, à toute épreuve, équipé d’une cellule LED et d’une monture très robuste en nickel-cadmium. Son seul défaut est en fait dû à l’usure ; le rideau a tendance à se bloquer et à empêcher son utilisation tant qu’on n’a pas un peu tapé dessus pour le brusquer. Il a permis à mon grand-père de prendre des centaines de photos, notamment en Égypte, où il a perdu son filtre polarisant sur les rebords d’une balustrade sur les hauteurs de la mosquée Al-Azhar au Caire. L’homme vaillant et intrépide qu’était mon pépé a commencé à enjamber ladite balustrade pour aller le récupérer, mais il a été rattrapé par le guide qui lui a interdit de se pencher dans le vide pour aller chercher son matériel. J’imagine qu’il doit toujours y être.
C’est donc avec cet appareil engoncé dans une housse en cuir que je suis parti en vacances, ne sachant pas réellement m’en servir puisque la dernière fois que j’ai utilisé un appareil « argentique », c’était au lendemain de mon bac, en 1993, avec mon Minolta à cellule électronique. Là, je me suis retrouvé en grande difficulté avec mes pellicules 400ISO (parfois, j’ose encore dire ASA) par temps ensoleillé, puisque plusieurs fois, je me suis rendu compte que je risquais la surexposition. Dès que l’occasion s’est présentée, je me suis procuré trois pellicules ILFORD noir et blanc, FP4 plus 125ISO 36 poses que j’ai commencé à utiliser en Bretagne. La première pellicule ne s’est jamais enclenchée et je me suis retrouvé sans aucun résultat pour ma première salve. La seconde sera la bonne.
Photographier en semi-manuel est un véritable plaisir qui me fait découvrir les joies de la technique. Je prends enfin conscience que photographier est une histoire de temps à prendre, de lenteur et de douceur. Avant d’appuyer sur le déclencheur, il faut prendre le temps de cadrer, de régler vitesse et obturation avant d’explorer enfin tout le cadre avec la cellule pour jauger l’exposition. Parfois même il faut attendre que le nuage s’en aille afin de retrouver cette si belle lumière qui nous a attiré l’œil et qu’on veut absolument retrouver. C’est pour cette raison que le cliché devient chose rare, car il est plus exigeant qu’avec la photo numérique qu’on a tendance à faire se contenter de peu, par facilité plus que par ignorance réelle.
Le terme « argentique » existe seulement depuis le début des années 2000, quand le numérique a débarqué et qu’il a fallu trouver une dénomination qui puisse faire la distinction. Autrefois, ce n’était que de la photo. Aujourd’hui, il faut faire la distinction, même si le terme nous paraît avoir toujours existé.
Il aura fallu que je passe par le numérique pour apprendre à photographier avec un appareil 24×36. Je me suis amusé avec les deux objectifs à focale fixe dont je dispose. Un Olympus f50mm 1 :1,8 qui m’a permis de me faire la main et un Tokura f28mm 1 ;2,8 d’une qualité exceptionnelle. Je crois que l’optique produit un léger vignettage et les lentilles sont particulièrement bien finies.
Travailler avec une focale fixe par rapport au téléobjectif permet de se déplacer plutôt que de faire fonctionner le zoom. Le photographe doit se déplacer si le cadrage ne lui convient pas. C’est plus exigeant.
Le paysage, lui, s’il n’est pas animé, engage un dialogue avec celui qui le photographie, dans une relation ambigüe qui relève pour sa part de la posture. Il se révèle et se dévoile en même temps qu’il se voile, il énonce des postulats que seul l’œil du photographe est capable de recevoir dans le cadre de son objectif, et seul le photographe est capable de le faire évoluer.
Toutes les photos ont été prises à la pointe de Poul Stripo à Plougrescant… avec mon téléphone.
Visions souterraines de Steve Duncan et autres circonvolutions fluviales
Steve Duncan est un doux dingue qui adorent trainer ses guêtres dans les souterrains les plus sordides à la recherche de la lumière des profondeurs. Collecteurs d’égouts, rivières souterraines, pipelines et autres tuyaux et couloirs désaffectés n’ont pas de secret pour ce photographe des longues expositions. Un univers suintant et magique au creux de nos villes, un rien angoissant…
L’article de Paul Hond sur Columbia Magazine.
A l’autre extrémité des labyrinthes de pierre creusés dans le sol meuble de nos villes, on voit se dessiner dans la nature les circonvolutions des grands fleuves. En l’occurrence ici sur Pruned le fleuve Yukon et la Porcupine River. J’ai suivi ainsi sur Google maps plusieurs des plus grands fleuves de la Terre. Tous suivent un parcours qui n’est en rien du au hasard et en ceci la construction des canaux souterrains s’en rapproche énormément. Si les seconds sont artificiels et généralement rectilignes ils imitent les rivières et souvent les canalisent, tentent de les diriger et d’en infléchir le cours, souvent pour des besoins liés au réseau de distribution ou d’évacuation des eaux usées, et son parcours a des raisons bien particulières, tout comme le fleuve qui suit les accidents de son parcours en partant du point le plus haut et se soumettant par la force des choses à la gravité, tombant vers le point le plus bas, la mer.
L’Homme, en maitrisant le flux des cours d’eau, en le retenant pour ses barrages, en le déviant pour ses besoins d’irrigation ou de consommation, imite la nature et s’y conforme.
Les caprices de la nature et le catastrophisme qu’elle inspire ont donné lieu à une nouvelle forme de tourisme : la chasse aux inondations, une pratique éprouvante pour les nerfs qui consiste à visiter les sites les plus touchés par le débordements des lits de rivières. Tourisme, sport ou voyeurisme ?
Peintres de la lumière au milieu des hommes n°9
Il fait une chaleur assourdissante, mais qui s’en plaindrait. C’est le moment de naviguer un peu parmi ce photographes peintres de la lumière au son d’un bon morceau de soul légendaire par un des plus grands chanteurs du genre, Gil Scott-Heron. Allez, profitons-en avant que l’hiver revienne.

























