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Trois ver­sions d’une même oeuvre : Tableaux d’une expo­si­tion (Modeste Moussorgski)

Tableaux d’une expo­si­tion (Картинки с выставки) est une des deux seules œuvres ins­tru­men­tales com­po­sées par le com­po­si­teur russe Modeste Mous­sorg­ski à par­tir d’une série de tableaux peints par son ami Vic­tor Hart­mann. A l’o­ri­gine com­po­sée pour pia­no en 1874, elle fut ensuite orches­trée par plu­sieurs musi­ciens, dont Mau­rice Ravel en 1922 qui la ren­dit célèbre, ver­sion que n’en­ten­dra jamais son com­po­si­teur, mort rui­né et alcoo­lique. Ces tableaux, au nombre de dix, plus une, Pro­me­nade, décli­née en quatre ou cinq pièces jouées avec des tona­li­tés dif­fé­rentes, sont avant tout des illus­tra­tions d’his­toires tra­di­tion­nelles ou des contes oraux de la Rus­sie ancienne. On y trouve par exemple l’his­toire de Samuel Gol­den­berg et Schmuyle ain­si que La cabane sur des pattes de poule qui n’est autre que la hutte de Baba Yaga, la méchante sorcière.

Voi­ci trois ver­sions dif­fé­rentes de cette même œuvre, sur les mêmes pièces, inter­pré­tées de trois manières différentes.
La pre­mière est une ver­sion au pia­no inter­pré­tée par Vla­di­mir Horo­witz enre­gis­trée en 1947 (d’où les petits cra­que­ments), le seconde a été orches­trée par Her­bert von Kara­jan à la Jesus-Chris­tus-Kirche de Ber­lin en 1966, et la der­nière est une inter­pré­ta­tion du groupe de rock pro­gres­sif Emer­son, Lake & Pal­mer en 1971. Voi­ci clas­sé dans l’ordre de leur publi­ca­tion les trois ver­sions dif­fé­rentes de trois mor­ceaux ; Pro­me­nade, Le gnome et Le vieux châ­teau. J’ai volon­tai­re­ment mis en pers­pec­tive l’al­bum d’E­mer­son, Lake & Pal­mer car il cho­que­ra cer­tai­ne­ment par son ton déca­lé et nova­teur, même s’il a été réa­li­sé il y a déjà qua­rante ans. Les trois musi­ciens, for­te­ment ins­pi­rés par l’in­ven­tion du mini­moog, ont ici trans­cen­dé l’œuvre, de manière par­fois très auda­cieuse, mais en conser­vant l’es­prit ori­gi­nal. A noter que la ver­sion orches­trée par Kara­jan a vrai­ment une bonne tête… Démonstration :

Pro­me­nade

Pro­me­nade par Vla­di­mir Horowitz

[audio:01promenadeVH.xol]

Pro­me­nade par Her­bert von Karajan

[audio:01promenadeHVK.xol]

Pro­me­nade par Emer­son, Lake & Palmer

[audio:01promenadeELP.xol]

Le Gnome

Le gnome par Vla­di­mir Horowitz

[audio:02gnomeVH.xol]

Le gnome par Her­bert von Karajan

[audio:02gnomeHVK.xol]

Le gnome par Emer­son, Lake & Palmer

[audio:02gnomeELP.xol]

Le vieux château

Le vieux châ­teau par Vla­di­mir Horowitz

[audio:03oldcastleVH.xol]

Le vieux châ­teau par Her­bert von Karajan

[audio:03oldcastleHVK.xol]

Le vieux châ­teau par Emer­son, Lake & Palmer

[audio:03oldcastleELP.xol]

Pochettes des albums pré­sen­tés ici :

Vla­di­mir Horo­witz joue Moussorgki

Her­bert von Kara­jan orchestre Moussorgski

Emer­son, Lake & Pal­mer, Pic­tures at an exhibition

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don Pie­tro Gnoc­chi, sonates IX et XIII

Voi­ci un com­po­si­teur abso­lu­ment confi­den­tiel, un de ceux qui res­tent dans l’ombre des grandes tra­vées d’é­glises baroques, der­rière les para­vents des chambres dans les­quelles on ne joue qu’une cer­taine musique, une musique pour l’âme, une musique qui réchauffe les corps et qui ne fait jamais de mal. A une époque où l’on ne peut se conten­ter d’une seule acti­vi­té, don Pie­tro Gnoc­chi, non content d’a­voir com­po­sé une soixan­taine de messes, dont cer­tains requiem, était éga­le­ment his­to­rien et géo­graphe, à la tête d’une volu­mi­neuse his­toire des colo­nies de la Grèce ancienne en 25 tomes.

Voi­ci deux extraits de très belles sonates, réédi­tés récem­ment et inter­pré­tées par Brixia Musi­ca­lis (Sonate a tre) :

Pho­to © Uqbar

[audio:SonataXIII.xol]

Sona­ta XIII in re minore — Grave
(oboe, vio­li­no, vio­lon­cel­lo, arci­liu­to & clavicembalo)

[audio:SonataIX.xol]

Sona­ta IX in mi minore — Lar­go, Arcate distese
(vio­li­no I e II, vio­lon­cel­lo, arci­liu­to & organo)

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Vénus et autres Vénus

Moins connues que leurs consœurs, elles sont néan­moins repré­sen­ta­tives de leur époque et d’un art hau­te­ment avan­cé, capable d’in­ven­tion et d’une sty­li­sa­tion très pous­sée. Revue de détail de ces femmes venues de la pré­his­toire, qu’on a sou­vent appe­lé “Vénus” pour rendre hom­mage à la beau­té intrin­sèque de la femme, mais qui sont plus géné­ra­le­ment des odes à la fer­ti­li­té. (suite de l’ar­ticle Sept femmes (Vénus du gra­vet­tien))

La Vénus impu­dique de Laugerie-Basse

Lau­ge­rie-Basse se trouve sur la route entre Rouf­fi­gnac et Les Eyzies, dans la val­lée de la Vézère où l’on peut pas­ser des jours à s’ex­ta­sier sur cer­tains des plus beaux sites pré­his­to­riques (Las­caux, La Made­leine, Com­ba­relles, Font-de-Gaume, etc.) lors­qu’ils sont encore ouverts au public. Cette vénus a été appe­lée impu­dique en rai­son de l’in­ci­sion pro­fonde mar­quant la forme de la vulve. Peu for­mée, élan­cée, (ce qui laisse pen­ser qu’on a plu­tôt affaire à une ado­les­cente qu’à une femme mûre) c’est la pre­mière “Vénus” a avoir été mise au jour, en 1864. Sculp­tée dans l’i­voire, elle mesure 8cm de haut.

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Sept femmes (Vénus du gravettien)

De mémoire d’hu­main, les pre­mières repré­sen­ta­tions humaines retrou­vées par­mi les fouilles archéo­lo­giques du paléo­li­thique supé­rieur ne sont pas des repré­sen­ta­tions mas­cu­lines, mais bel et bien fémi­nines. On pour­rait être ame­né à croire que l’être humain, dans le déve­lop­pe­ment de son intel­lect aurait repré­sen­té en pre­mier lieu ce qu’il avait sous les yeux, c’est-à-dire son alter ego, lui-même, mais il n’en a rien fait, il a com­men­cé par repré­sen­ter l’a­ni­mal comme vu pré­cé­dem­ment, c’est en tout cas une sup­po­si­tion facile puisque ce sont les seuls ves­tiges de cette époque par­ve­nus jus­qu’à nous. Concer­nant le parié­tal, mais pour d’autres rai­sons (voir cet article), les humains ne sont que très peu repré­sen­tés. Ici, la femme est donc en pre­mière posi­tion et la rai­son en est simple. Dans un contexte où les élé­ments natu­rels ont une ver­tu magique, la femme, géni­trice, sym­bole de fécon­di­té, mère pro­tec­trice et pré­cep­trice jus­qu’à l’âge adulte, est magni­fiée dans les formes qui la font recon­naître comme étant le médium de la conser­va­tion de l’es­pèce. Il est de noto­rié­té com­mune que l’é­tho­lo­gie sexuelle met en lumière la recherche des attri­buts sexuels pri­maires évi­dents comme des signes de recon­nais­sance des meilleures condi­tions pos­sibles de repro­duc­tion (seins volu­mi­neux aux aréoles pro­émi­nentes, hanches larges et clai­re­ment des­si­nées, cam­brure mar­quée, fesses rondes, cuisses robustes sont autant d’as­su­rances que la per­sonne sera à même de sup­por­ter une gros­sesse, de la mener à son terme et de nour­rir sa pro­gé­ni­ture dans les meilleures dis­po­si­tions). C’est donc tout natu­rel­le­ment que la femme est un sym­bole fort, pré­sent dans toutes les formes pri­mi­tives de l’art comme un canon. Pen­dant tout un pan de l’his­toire de l’hu­ma­ni­té — auri­gna­cien (37 000 à 28 000 BP1), gra­vet­tien (29 000 à 22 000 BP), solu­tréen (22 000 à 17 000 BP), mag­da­lé­nien (17 000 à 10 000 BP) — , ce qui nous est par­ve­nu consiste en de très belles pro­duc­tions sty­li­sées, dans le pro­lon­ge­ment de ce qui nous a été lais­sé en terme de pro­duc­tion artis­tique natu­ra­liste. Sept femmes, sept Vénus célèbres qui sont autant d’hymnes à la femme, à l’art et à la nature humaine, clas­sées par âge. (more…)

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Haydn, sonate 28

Par­fois, au détour d’une écoute hasar­deuse dans la lumière téné­breuse d’un jour plu­vieux de décembre, un petit bijou, au cla­ve­cin. Pour une fois, je trouve le jeu peu agres­sif et le son du cla­ve­cin clair, un peu étouf­fé, sen­suel. Une des nom­breuses sonates de Franz Joseph Haydn, la 28 en ré mineur pour cla­ve­cin seul. Silence…

[audio:sonate28.xol]

Haydn / Pf Sonate 28 D‑dur (Diver­ti­men­to) HobXIV:5 2. Menuet
Chris­tine Schorn­sheim (cla­ve­cin) in Die Kla­vier­so­na­ten, Vol.1

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