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Les Quatre Livres de l’Ar­chi­tec­ture d’An­drea Palladio

L’art ita­lien de la Renais­sance prend son envol à par­tir des ver­ge­tures du pas­sé exhu­mé de la terre, là où les Antiques ont pros­pé­ré jus­qu’à la chute de l’empire romain. On a presque ten­dance à oublier que Rome a décli­né bien avant la chute de l’empire romain et que la capi­tale de l’empire change deux fois avant que la civi­li­sa­tion romaine soit rasée de près par les hordes de bar­bares qui ravagent l’oc­ci­dent connu en quelques années. Rome est aban­don­née comme rési­dence impé­riale et le pou­voir éclate entre plu­sieurs villes comme Milan, Nico­mé­die ou Trèves. Constan­tin dépla­ce­ra la capi­tale de l’empire à Byzance et ain­si Rome fini­ra secouée par les trem­ble­ment de terre, enfouie sous la terre, la végé­ta­tion et les détri­tus, déman­te­lée pierre après pierre, sac­ca­gée, pro­fa­née jus­qu’à sa redé­cou­verte. Les cours ita­liennes par­ti­ront à la recherche de ce pas­sé pres­ti­gieux oublié en amor­çant les pre­mières fouilles archéo­lo­giques in situ. C’est d’ailleurs à la fin du XVème siècle qu’on retrouve les ves­tiges de la Mai­son Dorée (domus aurea) de Néron dans des cir­cons­tances rocambolesques.

Un jeune Romain tom­ba dans un trou sur les pentes de l’Oppius et se retrou­va dans une sorte de grotte cou­verte de pein­tures sur­pre­nantes. D’autres jeunes artistes explo­rèrent à leur tour ces salles éton­nantes. Les fresques ain­si décou­vertes ins­pi­rèrent un nou­veau style de déco­ra­tion plein de fan­tai­sie, que l’on bap­ti­sa «gro­tesques». Les célèbres artistes Dome­ni­co Ghir­lan­daio, Raphaël et Michel-Ange des­cen­dus à leur tour eurent la révé­la­tion de ce qu’était l’art antique oublié. On pense que Raphaël en tira une par­tie de son ins­pi­ra­tion pour la déco­ra­tion des fameuses Loges du Vati­can. (Wiki­pe­dia)

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Pic­nic in Tcher­no­byl (Yom and the won­der rabbis)

[audio:yom.xol]

Pic­nic in Tcher­no­byl, With Love

Si vous ne connais­sez pas encore le klez­mer, il est lar­ge­ment temps de vous y mettre. Ori­gi­naire d’Eu­rope de l’est, aux confluences de la tra­di­tion yid­dish, des musiques orien­tales ash­ké­nazes et sau­pou­dré de quelques accords tzi­ganes, le klez­mer est un style musi­cal enjoué qui évo­lue avec de nou­veaux artistes tels que Yom and the Won­der Rab­bis. Guillaume Hume­ry de son vrai nom est un fan de musique klez­mer et sort sa cla­ri­nette pour magni­fier le genre. Avec un album radi­ca­le­ment moderne que de son propre aveu il n’i­ma­gi­nait pas comme ça (il voyait au début un pur hymne à la cla­ri­nette clas­sique et au fur et à mesure d’a­jouts se retrouve avec un album jazz rock très puis­sant), Yom exerce un charme attrac­tif indé­niable grâce à une musique tan­tôt calme et joyeuse, tan­tôt élec­trique et sac­ca­dée. En dehors de ces deux extraits, on écou­te­ra aus­si la dou­ceur de High­way to Constan­ti­nople, la lon­gueur de Kadish for Super­man et d’autres titres encore, tous plus entrai­nants les uns que les autres sur l’al­bum With Love.

[audio:saving.xol]

Saving the world is easy, With Love

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Tyr et Sidon, vus de loin…

Pho­to © Carole Dar­chy

Tyr, Sidon, beaux noms, creux aujourd’­hui, où chante seul le bruit de la mer, vous êtes morts, embau­més sous les citron­niers et les oran­gers. Dans les ver­gers irri­gués d’eau du Liban, si fraîche qu’y vivraient les truites, der­rière les murs de terre rui­neux, le pré­sent, lui aus­si, s’est écrou­lé. Ces deux vil­lages de pêcheurs, Sour et Saï­da, furent une fois toute l’his­toire du monde ; l’es­sence de l’es­prit médi­ter­ra­néen, de la science venue de Chal­dée, l’art déco­ra­tif, l’in­dus­trie et le com­merce de la race blanche vécurent sur ces deux pro­mon­toires, deux mille ans avant le Christ. Cèdres des­ti­nés aux pla­fonds du Temple de Jéru­sa­lem et aux flottes du Pha­raon, c’est ici que vous pas­sâtes, débi­tés en madriers. Que les muf­tis, évêques maro­nites, les patriarches ortho­doxes se dis­putent les vieux os blan­chis de ces reines-sœurs.

Paul Morand, 1938

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Mémoires euro­péennes du goulag

C’est une époque dont on parle avec éloi­gne­ment car si peu de choses nous y ren­voient direc­te­ment, une frac­ture du temps aus­si dou­lou­reuse que la Shoah mais dont on témoigne moins car ceux qui en sont reve­nus n’en ont pas for­cé­ment fait état — il fal­lait bien oublier. Cette période fait par­tie des heures sombres de l’Eu­rope, entre 1939 et 1953 où l’en envoyait des inno­cents (ou dis­si­dents, mais quelle est la dif­fé­rence ?) “dans les mines de sel”, “en Sibé­rie”, à “Arkhan­gelsk”, des noms de lieux qui son­naient comme des châ­ti­ments du juge­ment der­nier. Russes, Polo­nais, res­sor­tis­sants des anciens pays baltes annexés par la Rus­sie Sovié­tique, Tad­jidks, Mol­daves, Bié­lo­russes ou Ukrai­niens, Ouz­beks ou Kaza­khs autre­fois tous réunis sous la même ban­nière rouge tachée d’une fau­cille et d’un mar­teau, sans dis­tinc­tion, étaient envoyés dans ces camps de la mort sta­li­niens dont on a été jus­qu’à nier l’exis­tence ; les gou­lags.

Jonas Žemai­tis-Vytau­tas, géné­ral des par­ti­sans avec ses com­pa­gnons d’armes,
autour de 1948.

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