Mar 22, 2012 | Livres et carnets |

L’art italien de la Renaissance prend son envol à partir des vergetures du passé exhumé de la terre, là où les Antiques ont prospéré jusqu’à la chute de l’empire romain. On a presque tendance à oublier que Rome a décliné bien avant la chute de l’empire romain et que la capitale de l’empire change deux fois avant que la civilisation romaine soit rasée de près par les hordes de barbares qui ravagent l’occident connu en quelques années. Rome est abandonnée comme résidence impériale et le pouvoir éclate entre plusieurs villes comme Milan, Nicomédie ou Trèves. Constantin déplacera la capitale de l’empire à Byzance et ainsi Rome finira secouée par les tremblement de terre, enfouie sous la terre, la végétation et les détritus, démantelée pierre après pierre, saccagée, profanée jusqu’à sa redécouverte. Les cours italiennes partiront à la recherche de ce passé prestigieux oublié en amorçant les premières fouilles archéologiques in situ. C’est d’ailleurs à la fin du XVème siècle qu’on retrouve les vestiges de la Maison Dorée (domus aurea) de Néron dans des circonstances rocambolesques.
Un jeune Romain tomba dans un trou sur les pentes de l’Oppius et se retrouva dans une sorte de grotte couverte de peintures surprenantes. D’autres jeunes artistes explorèrent à leur tour ces salles étonnantes. Les fresques ainsi découvertes inspirèrent un nouveau style de décoration plein de fantaisie, que l’on baptisa «grotesques». Les célèbres artistes Domenico Ghirlandaio, Raphaël et Michel-Ange descendus à leur tour eurent la révélation de ce qu’était l’art antique oublié. On pense que Raphaël en tira une partie de son inspiration pour la décoration des fameuses Loges du Vatican. (Wikipedia)
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Mar 20, 2012 | Arts, Chambre acoustique |

[audio:yom.xol]
Picnic in Tchernobyl, With Love
Si vous ne connaissez pas encore le klezmer, il est largement temps de vous y mettre. Originaire d’Europe de l’est, aux confluences de la tradition yiddish, des musiques orientales ashkénazes et saupoudré de quelques accords tziganes, le klezmer est un style musical enjoué qui évolue avec de nouveaux artistes tels que Yom and the Wonder Rabbis. Guillaume Humery de son vrai nom est un fan de musique klezmer et sort sa clarinette pour magnifier le genre. Avec un album radicalement moderne que de son propre aveu il n’imaginait pas comme ça (il voyait au début un pur hymne à la clarinette classique et au fur et à mesure d’ajouts se retrouve avec un album jazz rock très puissant), Yom exerce un charme attractif indéniable grâce à une musique tantôt calme et joyeuse, tantôt électrique et saccadée. En dehors de ces deux extraits, on écoutera aussi la douceur de Highway to Constantinople, la longueur de Kadish for Superman et d’autres titres encore, tous plus entrainants les uns que les autres sur l’album With Love.
[audio:saving.xol]
Saving the world is easy, With Love
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Mar 18, 2012 | Livres et carnets, Sur les portulans |

Photo © Carole Darchy
Tyr, Sidon, beaux noms, creux aujourd’hui, où chante seul le bruit de la mer, vous êtes morts, embaumés sous les citronniers et les orangers. Dans les vergers irrigués d’eau du Liban, si fraîche qu’y vivraient les truites, derrière les murs de terre ruineux, le présent, lui aussi, s’est écroulé. Ces deux villages de pêcheurs, Sour et Saïda, furent une fois toute l’histoire du monde ; l’essence de l’esprit méditerranéen, de la science venue de Chaldée, l’art décoratif, l’industrie et le commerce de la race blanche vécurent sur ces deux promontoires, deux mille ans avant le Christ. Cèdres destinés aux plafonds du Temple de Jérusalem et aux flottes du Pharaon, c’est ici que vous passâtes, débités en madriers. Que les muftis, évêques maronites, les patriarches orthodoxes se disputent les vieux os blanchis de ces reines-sœurs.
Paul Morand, 1938
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Mar 17, 2012 | Histoires de gens |
C’est une époque dont on parle avec éloignement car si peu de choses nous y renvoient directement, une fracture du temps aussi douloureuse que la Shoah mais dont on témoigne moins car ceux qui en sont revenus n’en ont pas forcément fait état — il fallait bien oublier. Cette période fait partie des heures sombres de l’Europe, entre 1939 et 1953 où l’en envoyait des innocents (ou dissidents, mais quelle est la différence ?) “dans les mines de sel”, “en Sibérie”, à “Arkhangelsk”, des noms de lieux qui sonnaient comme des châtiments du jugement dernier. Russes, Polonais, ressortissants des anciens pays baltes annexés par la Russie Soviétique, Tadjidks, Moldaves, Biélorusses ou Ukrainiens, Ouzbeks ou Kazakhs autrefois tous réunis sous la même bannière rouge tachée d’une faucille et d’un marteau, sans distinction, étaient envoyés dans ces camps de la mort staliniens dont on a été jusqu’à nier l’existence ; les goulags.

Jonas Žemaitis-Vytautas, général des partisans avec ses compagnons d’armes,
autour de 1948.
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Mar 13, 2012 | Architectures |
Très belle aquarelle de Thomas Shotter Boys représentant l’hôtel de Cluny, peint en 1839. Avec une vue actuelle… (more…)
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