Nov 24, 2012 | Carnets de route (Osmanlı lale), Lungarno e Oltrarno (carnet de voyage à Florence) |
Épisode précédent : Lungarno e Oltrarno – Carnet de voyage à Florence 3 – Le feu et la glace
Je me réveille à 3h00 du matin comme avec la gueule de bois, la bouche sèche et une grande envie de boire. Je soupçonne que ce soit la pizza arrosée au Chianti qui ait bousculé mes habitudes culinaires, alors j’essaie de me rendormir et je me réveille à nouveau deux heures plus tard en ayant l’impression de n’être pas du tout reposé. Dans ma cellule de moine au plafond haut, j’ai comme le vertige, et je finis quand-même par me rendormir.
Je vais prendre mon petit déjeuner dans la salle commune où je me gave de petits cakes et d’un lait chaud qu’on croirait directement sorti du pis de la vache. Et puis du café, plusieurs tasses de café. L’Italie, c’est un peu le pays du café, alors quand vous demandez un café et qu’on vous amène un pisse d’âne digne d’un fast-food, vous levez les mains au ciel et vous dites tout haut « ma che cosa è ? ». La dame qui fait le service m’explique qu’il y a une différence substantielle entre café et expresso. Le café, c’est le café américain (tiens ? ils savent faire du café les Américains ?) qui n’est autre que le café cafetière qu’on connait chez nous et l’expresso c’est ce qui est l’âme de l’Italie, une décoction passée au percolateur à toute vitesse sur une petite dose de café qui a à peine le temps de se charger en caféine…
Je compte me diriger vers San Marco ce matin, revoir les fresques de Fra Angelico et notamment celle de la cellule 13 qui porte ce nom très poétique, Noli me tangere qui est à mon sens une des plus belles et des plus chargées en sens des fresques du moine dominicain. Je repasse donc devant San Lorenzo, nimbée de soleil, mais je me sens comme dévié et finalement je me dis que je vais entrer dans la basilique. Il y a un peu de queue mais je prends sur moi et je me sens dépité lorsque je me rends compte que l’entrée est payante… J’en parlerai plus tard, mais deux choses m’ont passablement énervé à Florence ; le fait qu’il faille payer pour entrer dans les églises et le fait qu’on ne puisse faire de photo nulle part à l’intérieur des monuments qui sont justement payants.
San Lorenzo donc, je n’y étais jamais entré. C’est encore Brunelleschi qui est coupable de cette architecture qui déploie sa perspective vers un chœur profond, autour de colonnes massives. C’est ici qu’on se rend compte à quel point les maîtres italiens se sont emparés de leur passé et ont porté l’idéal classique à son apogée. Je dis que c’est ici, mais c’est aussi dans plusieurs autres monuments florentins.
La nef est une des plus lumineuses qu’on puisse trouver dans une église et on pourra remarquer que cette impression de grandeur est accentuée par l’utilisation de cette pierre superbe aux reflets bleus qu’est la pietra serena, pierre endémique de la région de Florence. (more…)
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Nov 22, 2012 | Passerelle |
Pour ne pas se laisser gagner par l’ombre, pour ne pas sombrer dans la froidure de l’hiver, pour ne pas finir sec à l’intérieur, pour ne pas subir la mort de l’émotion, pour ne pas céder à la facilité, pour ne pas continuer à souffrir de la solitude, pour enterrer ceux qui nous ont blessé, pour ne plus rester au vent froid qui glace les os, pour continuer à écouter les petites voix qui nous parlent dans l’obscurité, pour continuer à s’émerveiller chaque matin au lever du soleil, pour continuer à tenter d’attraper au vol le bruissement d’aile d’un papillon et s’oublier dans les couleurs de son parement, j’ai décidé de me remettre à écrire…

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Nov 21, 2012 | Sur les portulans |
Il faut dire ce qui est, Istanbul avec ses mosquées, le Bosphore, ses navires sur la Corne d’Or, ses Stambouliotes en saroual et tarbouche, ça a un charme fou, d’autant plus sur les cartes postales en noir et blanc colorisées qui datent du début du XXème siècle.
Plongée dans le passé de la Turquie bien brossée pour l’occasion.
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Nov 20, 2012 | Passerelle |

Martin Heidegger, en quelques mots règle son compte à Aristote…
Il est né, il a vécu, il est mort.
Entre temps, il a philosophé.
Intéressons-nous donc à sa philosophie.
En même temps, Heidegger n’est pas réputé pour être un grand bavard…
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Nov 17, 2012 | Arts |
Ce tout petit tableau (33 x 22,5 cm) de Canaletto est exposé actuellement au Musée Jacquemart-André pour l’exposition Canaletto-Guardi. Il fait partie d’un petit lot de peintures exceptionnellement prêté par la Couronne du Royaume-Uni puisqu’il fait partie des collections personnelles de la Reine d’Angleterre. Il n’y aura peut-être pas dans cette vie d’autre opportunité de le voir exposé. Cette vue (veduta) est rare à plus d’un titre puisqu’on le sait, Canaletto avait pour sujet de prédilections ces vues de Venise que lui commandaient les riches visiteurs de Venise. Cette scène d’intérieur est donc une quasi exception. D’autre part, il est à noter que la scène se déroule lors d’une cérémonie religieuse, ce qui n’est pas le fond de commerce du peintre, et en l’occurrence, c’est la célébration du Vendredi Saint. Ce qui nous permet de savoir cela, c’est la présence sous le baldaquin visible dans le fond, d’un sarcophage reliquaire représentant le saint Sépulcre que l’on sort de son tabernacle le jeudi saint à la veille de Pâques.


Dans cette perspective exagérée qui permet de voir la basilique dans son ensemble, comme au travers d’un objectif grand-angle, on peut comprendre que le peintre a souhaité exprimer l’impression de grandeur donnée par l’espace du bâtiment religieux. On voit aussi qu’il a volontairement souhaité rendre la chaleur des lieux et de la lumière venant de chandelles en masquant ce qui fait principalement l’intérêt du lieu ; les mosaïques. Celles-ci sont à peine visibles, mais en revanche, la lueur des bougies se réverbérant sur la croix et le fil de l’encensoir créent une sensation de proximité et d’intimité, exacerbée par la lumière se réfléchissant sur la moitié supérieure des corps des fidèles.
De ce qui doit être une cérémonie pleine de ferveur se dégage au final une étrange ambiance silencieuse, solennelle, chaleureuse…

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