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Lun­gar­no e Oltrar­no – Car­net de voyage à Flo­rence 3 — Le feu et la glace

Lun­gar­no e Oltrar­no – Car­net de voyage à Flo­rence 3 — Le feu et la glace

Epi­sode pré­cé­dent : Lun­gar­no e Oltrar­no – Car­net de voyage à Flo­rence 2 – Lumière sur le Duomo

Quit­tant la place du Duo­mo dont les cloches se mettent à val­ser dans tous les sens, je des­cends la Via de Cal­zaio­li qui mène vers l’autre cœur de la ville, la Piaz­za del­la Signo­ria avec son Palaz­zo Vec­chio, majes­teux édi­fice de pierre moyen­âgeux bar­dé d’é­cus­sons. Dans cette rue donc, je vois un visage dont je n’a­vais pas sou­ve­nir, une Flo­rence de façade, semi-vitrine de luxe des quar­tiers riches, mais je me rabroue un peu vite en me disant que depuis le Moyen-Âge, cette ville a tou­jours été riche, sinon la créa­tion artis­tique n’y aurait pas été si foi­son­nante. Dans cette rue donc, je tombe sur un bâti­ment somp­tueux, une sorte d’o­ra­toire car­ré aux façades rem­plies de sta­tues enchâs­sées dans leur niche fine­ment cise­lée. C’est Orsan­mi­chele. Orsan­mi­chele doit son nom étrange au fait qu’il est construit sur l’emplacement de l’an­cien Saint-Michel-au-jar­din (San Michele in orto ou Orto San Michele et donc par éli­sion, Or’ San Michele) et ce n’est pas vrai­ment une église, mais plu­tôt un ora­toire qui a ser­vi éga­le­ment d’en­tre­pôt et donc de mar­ché au grain. L’in­té­rieur contient un taber­nacle assez riche que l’on doit à Orca­gna, mais ce qui est sur­tout remar­quable, ce sont toutes ces sta­tues de saints qui ornent sa façade qui sont en réa­li­té les saints pro­tec­teurs des cor­po­ra­tions de mar­chands de la ville (on en revient à ce que je disais tout à l’heure). Cer­taines d’entre elles ont été réa­li­sées par Dona­tel­lo, Ghi­ber­ti et Giam­bo­lo­gna. Le bâti­ment lui-même, mal­gré son aspect mono­li­thique, semble d’une légè­re­té impres­sion­nante au regard des den­telles de sculp­tures qui ornent les niches et les arcades.

Florence - jour 1 - 086 - Via de Calzaioli - Orsanmichele (more…)

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Keith Jar­rett — The Köln Concert (1975)

Il y avait bien long­temps que je n’a­vais pas écou­té un bel album de jazz, quelque chose qui néces­site que je tende l’o­reille et que j’ar­rête mes tra­vaux de pein­ture pour me poser et tout lais­ser en plan. Il y a des musiques si belles que le temps s’ar­rête et vous trans­porte ailleurs le temps d’une mélo­die. Le week-end der­nier, j’ai pas­sé une par­tie de ma jour­née à peindre et à écou­ter FIP. C’est là que j’ai décou­vert ce très bel album du jazz­man Keith Jar­rett, que je ne connais­sais en réa­li­té que de nom. Le mor­ceau a duré 26 minutes, vous com­pren­drez pour­quoi j’a­vais besoin de m’ar­rê­ter… c’est du Köln Concert de 1975 dont il est ques­tion… C’est sim­ple­ment excep­tion­nel, sur­tout au vu des condi­tions dans les­quelles cet album est né, dans une impro­vi­sa­tion totale à par­tir de quatre notes.

[audio:koln1.xol]

Keith Jar­ret — The Köln Concert (1975)
Ecm Records

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Lun­gar­no e Oltrar­no – Car­net de voyage à Flo­rence 2 — Lumière sur le Duomo

Lun­gar­no e Oltrar­no – Car­net de voyage à Flo­rence 2 — Lumière sur le Duomo

Épi­sode pré­cé­dent : Lun­gar­no e Oltrar­no – Car­net de voyage à Flo­rence 1 – le voyage en train

Dès mon arri­vée, j’ai l’im­pres­sion d’ar­ri­ver dans un autre monde. Un per­son­nage campe fer­me­ment sur le quai de la gare, le regard sévère, les pieds soli­de­ment ancrés sur le sol, les bras croi­sés. C’est comme un rap­pel qu’i­ci encore, la vie est ryth­mée par la religion…

Florence - jour 1 - 014 - Gare de Firenze - Santa Maria Novella

Je jette un coup d’œil à l’ar­chi­tec­ture un rien futu­riste de l’é­di­fice qui date de 1934 et je me vois pro­je­té des années en arrière, lorsque nous sommes arri­vés avec notre petit groupe dans cette même gare, au même endroit. J’a­vais sim­ple­ment 20 ans de moins.

En sor­tant du bâti­ment, on se trouve nez à nez avec la très majes­tueuse église San­ta Maria Novel­la dans laquelle se trouvent de petits tré­sors de la pein­ture renais­sante. Pour l’ins­tant, l’heure est à la prise de pou­voir, je veux aller dépo­ser ma valise à l’hô­tel. Il se trouve à deux pas de la gare dans une ruelle inter­dite à la cir­cu­la­tion, la via Faenza.

Sur un mur, quel­qu’un me demande si je vis bien. Oui, tout se passe bien pour l’ins­tant, merci.

Florence - jour 1 - 017 - Via Faenza (more…)

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Anto­nio Ber­ta­li, sonates à l’italienne

Dans la veine des com­po­si­teurs un peu confi­den­tiels se trouve un homme qui fut en son temps un com­po­si­teur pro­digue, même si son rôle res­ta plu­tôt anec­do­tique. En effet, Anto­nio Ber­ta­li ne reçut que le titre de maître de cha­pelle au cours de sa car­rière. Tan­dis que les com­po­si­teurs alle­mands ou autri­chiens de l’é­poque avaient ten­dance à s’ex­pa­trier vers l’I­ta­lie pour y rece­voir une for­ma­tion des plus grands maîtres, Ber­ta­li, lui, déci­da de quit­ter sa Vérone natale pour rejoindre Vienne et se mettre au ser­vice de l’empereur Fer­di­nand III. Si son œuvre s’est per­due pour par­tie dans la nature, il reste tout de même un des fon­da­teurs des bases de l’o­pé­ra ita­lien. Voi­ci une très belle sonate docue en trois mou­ve­ments, extraite de l’al­bum Valo­ro­so pro­duit en 2004, sous la direc­tion de Phi­lippe Pier­lot avec le Ricer­car Consort. A écou­ter sans modération.

[audio:bertali.xol] Read more
Lun­gar­no e Oltrar­no — Car­net de voyage à Flo­rence 1 — le voyage en train

Lun­gar­no e Oltrar­no — Car­net de voyage à Flo­rence 1 — le voyage en train

Lun­gar­no e Oltrar­no, le long de l’Ar­no et de l’autre côté de l’Ar­no, c’est ain­si que les Flo­ren­tins parlent avec ten­dresse de leur ville cou­pée en deux par un fleuve majes­tueux en appa­rence. Ce n’est fina­le­ment qu’un rivière qui a du mal à cou­ler et qu’on contient entre deux rete­nues d’eau arti­fi­cielles, his­toire que la belle ville ne se retrouve pas assise sur un fleuve à sec. Quoi qu’il en soit, on n’y ver­ra jamais autre chose navi­guer que de petites embar­ca­tions légères, de sottes petites barques pour les amou­reux romantiques…

Flo­rence et moi, ce n’é­tait pas une pre­mière fois. J’ai eu la chance de par­tir en voyage d’é­tude pour aller admi­rer les sculp­tures du Bar­gel­lo, ain­si que tout ce qui avait à voir avec notre pro­gramme d’his­toire de l’art, soit la Renais­sance. C’é­tait en 1992 il me semble, une éter­ni­té déjà. Ce n’é­tait que la pre­mière étape d’une vision d’en­semble de l’art puisque l’an­née d’a­près j’é­tais à Venise. Des années après donc, j’y retourne, dans une cer­taine confu­sion, ne sachant pas trop ce que je vais y faire ni ce que je vais voir, mais tout ce que je sais le matin même, c’est que je pars en train et que ça fait des années que je n’ai pas fait de grand voyage en train. Flo­rence, Venise, Madrid encore avant, j’ai l’im­pres­sion que ce temps remonte à une autre vie. Cette fois-ci, ce sera un TGV jus­qu’à Turin, et en pre­mière classe, s’il vous plait… Je crois que je n’ai voya­gé qu’une seule fois en pre­mière classe, et c’é­tait pour reve­nir de l’en­ter­re­ment de mon grand-père en Bre­tagne. Il faut dire ce qui est, c’est rude­ment confor­table, mais je ne suis pas cer­tain que ça vaille de le coup de payer le double pour ça. En même temps, il ne res­tait plus que ça…

Je prends le temps d’ad­mi­rer une France à 400 à l’heure, plate, belle sous le soleil, qua­drillée de verts qui se cousent entre eux comme des car­rés de patchwork.

Florence - jour 1 - 001 - Gare de Lyon (more…)

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