Jun 9, 2012 | Architectures, Arts, Livres et carnets, Sur les portulans |
Gaspare Fossati
Sainte-Sophie de Constantinople – Londres [1852]
Entre 1847 et 1849, le sultan Abdülmecit Ier commandite la restauration du plus beau et du plus grand monument de Constantinople, ce qui est alors encore la Mosquée Sainte-Sophie. Pour cela, il fait appel à deux frères, Gaspare et Giuseppe Fossati pour mener les travaux et toujours sur la demande du sultan, des gravures seront exécutées afin de rendre compte de l’état de la mosquée avant restauration. C’est ce que fera Gaspare en publiant en 1852 ce recueil de gravures montrant Constantinople entre deux ères, à l’aube de l’époque moderne encore très fortement imprégnée de la culture ottomane dans laquelle elle a baigné pendant près d’un demi millénaire. Voici la reproduction intégrale de ce livre de gravure avec la description des planches.
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Jun 2, 2012 | Carnets de route (Osmanlı lale), La rose et la tulipe (carnet de voyage à Istanbul), Sur les portulans |
Episode précédent : La rose et la tulipe, carnet de voyage à Istanbul 9 : Yerebatan Sarnıcı, domaine de Méduse

Difficile de passer devant sans être frappé par sa majesté, son immense stature, ses six interminables minarets qui semblent déchirer le ciel. La Mosquée Bleue, qu’on appelle ainsi en raison des milliers de carreaux de faïence provenant d’Iznik qui en parent l’intérieur et dont la dominante de couleur créé un ensemble bleu, se voit de loin et attire nécessairement le regard. Ses façades sont de marbre, de ce marbre qu’on retrouve partout dans la ville sous de multiples formes, dans tous les lieux publics, sur les places, les fontaines, les pavements des magasins, et même jusque dans les toilettes publiques, à Beyazit, où des dalles de marbre séparent les cabines des toilettes à la turque et à la Süleymaniye où le marbre occupe richement le moindre espace dans les toilettes souterraines de la mosquée. Ce marbre veinée de gris et de bleu, d’une exceptionnelle finesse, n’est pas là par hasard. La région n’a pas l’air spécialement pourvue en minéraux, et il faut en réalité aller du côté d’une île au nom étrange, Proconnèse (île aux chevreuils en grec), qu’en turc on appelle Marmara Adası et qui donna son nom à la mer qui borde Istanbul. Marmara, c’est tout simplement le marbre, celui qui affleure et donne sa majesté à l’Istanbul ottomane en la parant de blanc, un blanc qui éblouit et donne mal à la tête lorsque le soleil s’y réfléchit.
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May 25, 2012 | Carnets de route (Osmanlı lale), La rose et la tulipe (carnet de voyage à Istanbul), Sur les portulans |
Épisode précédent : La rose et la tulipe, carnet de voyage à Istanbul 8 : Kedi ve köpek (Chats et chiens)

Voici un lieu que j’avais déjà visité dans mes rêves et dans lequel je me suis enfoui, trente six pieds sous terre. La citerne enfouie sous terre est une des innombrables réserves d’eau que les Romains ont laissé comme patrimoine à une Constantinople ottomane et la plus grande de toutes. Un peu plus loin se trouve Birbin direk ou citerne de Philoxenos, la citerne aux mille colonnes (224 en fait), aujourd’hui à sec et ouverte à la visite quand ils ont le temps, et plus bas, au pied de l’ancien hôtel de ville, celle de Théodose. On pense que la ville en comptait environ 80 dans ce genre et on se rend bien compte avec la géographie de la ville que leur emploi était essentiel notamment en cas de rupture des aqueducs lors des sièges.
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May 24, 2012 | Carnets de route (Osmanlı lale), La rose et la tulipe (carnet de voyage à Istanbul), Sur les portulans |
Épisode précédent : La rose et la tulipe, carnet de voyage à Istanbul 7 : Le Grand Bazar (Kapalıçarşı) et la mosquée Bayezid II (Beyazıt Camıı)

Le chat au pied du minbar de Sainte-Sophie
S’il est une chose qui surprend à Istanbul, c’est l’omniprésence des chats. Véritables rois des rues, ils se faufilent partout sous les palissades, par les vantaux des caves et investissent les poubelles qu’ils retournent avec une certaine dextérité, habitent certainement en colocation dans les maisons abandonnées qu’on trouve à tous les coins de rue. Les seuls chiens que j’ai vus se trouvaient sur la rive asiatique, à Üsküdar. Les uns ou les autres sont les rois du pavé, et ce n’est pas rare de les voir étendus sur le passage des badauds, pas inquiétés pour un sou par la présence des humains. Mon fils a même sympathisé avec un jeune chat qui tous les soirs nous attendait près du café des sports sur la place de Kadırga Meydanı et qu’il avait surnommé… Constantinople.
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May 23, 2012 | Carnets de route (Osmanlı lale), La rose et la tulipe (carnet de voyage à Istanbul), Sur les portulans |
Épisode précédent : La rose et la tulipe, carnet de voyage à Istanbul 6 : Sokollu Mehmed Paşa Külliyesi (Kadırga)

On m’avait prévenu ! Le grand bazar, c’est une immense blague, c’est plein de touristes américains en bermudas qui viennent dépenser des fortunes pour couvrir de toc leur épouse en Gucci et Chanel. Effectivement, beaucoup d’argent qui passe d’une main à l’autre, beaucoup de monde, beaucoup de charlatans, beaucoup de vol institutionnalisé, bref, tout ce qui compose une parfaite carte postale pour cars de touristes chinois (exit les Japonais). Pourtant se rendre dans le grand bazar ne manque pas de charme. C’est un peu une plongée en apnée dans un monde de sirènes qui vous vantent leurs produits et vous prient instamment de visiter leur boutique pour commencer à vous vendre quelque chose, n’importe quoi, tout, pourvu que vous sortiez les Atatürk. Passée la noyade, on prend vite l’air renfrogné de celui qui ne cherche rien en particulier et souhaite qu’on lui laisse le passage, et comme avec les chiens de garde, surtout, ne jamais les regarder dans les yeux… On vous prévient, n’achetez rien sans l’avoir au préalable négocié, il existe des techniques pour cela… Pour éviter le monde, il faut éviter le grand bazar. Pourtant, c’est avec une certaine délectation que je me suis plongé dedans, je voulais connaître ça. (more…)
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