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Flo­ra au Grand Hôtel — Par­tie 8

Flo­ra au Grand Hôtel — Par­tie 5

Elle le ren­con­tra la nuit sui­vante, sur la digue. Elle n’arrivait plus à dor­mir. Depuis la lettre de Charles, depuis la scène devant la porte, quelque chose s’était déré­glé en elle. Elle res­tait éveillée jusqu’à l’aube, lisait le roman de Charles qu’elle avait ter­mi­né et recom­men­cé, pen­sait à l’écrivain du qua­trième, à ses cahiers, à ce livre sur les sou­ve­nirs qu’il ne finis­sait jamais.

Flo­ra au Grand Hôtel — Par­tie 8

Flo­ra au Grand Hôtel — Par­tie 2

Elle dor­mit mal, ce qui était pré­vi­sible. Le lit était trop grand, les draps trop fins, le silence trop vaste. Elle avait l’habitude des chambres de bonne, des mate­las étroits, des bruits de Paris par la fenêtre. Ici tout était oua­té, étouf­fé, luxueux. Elle se réveilla plu­sieurs fois, croyant entendre des pas dans le cou­loir, le grin­ce­ment d’un cha­riot, une voix qui l’appelait.

Flo­ra au Grand Hôtel — Par­tie 8

Flo­ra au Grand Hôtel — Par­tie 1

Elle des­cen­dit du train avec l’ap­pli­ca­tion de ceux qui ont appris leurs gestes pour les conve­nances. La main sur la rampe, le pied cher­chant le mar­che­pied, le regard déjà vers la sor­tie. Rien de natu­rel là-dedans. Tout était su, répé­té devant une glace, dans une chambre de la rue de Lis­bonne où les rideaux res­taient tirés l’après-midi.

La fosse aux cobras — Cha­pitres 9 à 12

Elle arri­va un ven­dre­di de février, par la porte vitrée, avec un sac à dos trop gros pour son corps et un car­net Moles­kine ser­ré contre sa poi­trine comme un bouclier.

La fosse aux cobras — Cha­pitres 5 à 8

Il arri­va un jeu­di de décembre, par le vol de Franc­fort, avec deux valises, un sac en ban­dou­lière bour­ré de cahiers et une barbe de trois jours qui lui don­nait l’air d’un homme qui a ces­sé de se sou­cier de son appa­rence depuis suf­fi­sam­ment long­temps pour que cette négli­gence soit deve­nue un style.

La fosse aux cobras — Cha­pitres 1 à 4

Le pla­teau n’é­tait pas en argent. Étain, peut-être, ou un alliage que per­sonne n’a­vait jamais su nom­mer, mais Nong l’ap­pe­lait le pla­teau d’argent parce que c’é­tait ain­si que le Dr. Henn l’a­vait appe­lé la pre­mière fois, en 1974, quand elle avait dix-huit ans et ne com­pre­nait pas un mot d’anglais.

L’o­deur de l’o­range — Cha­pitres 7 à 10

Le mer­cre­di, ils firent l’a­mour. Ce ne fut pas bru­tal, ce ne fut pas lent — ce fut quelque chose entre les deux, quelque chose qui avait la pré­ci­sion d’un geste répé­té mille fois en pen­sée et la mal­adresse d’un geste accom­pli pour la pre­mière fois.

L’o­deur de l’o­range — Cha­pitres 4 à 6

Il faut remon­ter. Il faut quit­ter jan­vier 2011, quit­ter la pous­sière du Majes­tic et les sirènes et les vidéos trem­blantes sur les écrans de télé­phone, il faut remon­ter le temps comme on remonte un escalier

L’o­deur de l’o­range — Cha­pitres 1 à 3

La pluie de jan­vier à Tunis n’est pas une vraie pluie. C’est autre chose — un voile gris, tiède encore, qui tombe sans convic­tion sur les façades de l’a­ve­nue de Paris et donne aux trot­toirs cet éclat trouble.

Sai­son humide — Cin­quième partie

Il avait plu toute la nuit. Une pluie régu­lière, obs­ti­née, sans colère — pas un orage, pas un déluge, juste la mous­son dans sa ver­sion la plus pure, la plus constante : un rideau d’eau conti­nu qui tom­bait du ciel comme si le ciel avait déci­dé de se vider et n’a­vait fixé aucune date limite.

Sai­son humide — Qua­trième partie

L’homme s’ap­pe­lait Del­vaux. Ou Devaux. Ou quelque chose comme ça — il mar­mon­nait son nom dans sa barbe comme s’il n’y tenait plus, comme si le nom n’é­tait qu’un vête­ment usé qu’on porte encore par habitude.

Sai­son humide — Troi­sième partie

Ils prirent l’ha­bi­tude des temples à midi. C’é­tait l’heure morte de Luang Pra­bang, l’heure où la cha­leur attei­gnait son paroxysme et où la ville entière se repliait sur elle-même comme un ani­mal qui cherche l’ombre.

Sai­son humide — Deuxième partie

La pluie avait un voca­bu­laire. Il leur fal­lut quelques jours pour l’ap­prendre, mais ils l’ap­prirent — non pas avec la tête, mais avec le corps, les oreilles, la peau.