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Dernières nouvelles du mondeLes nuits du Strand — Chapitre 1
Le ventilateur brassait l’air sans conviction. Une rotation lente, presque résignée, qui déplaçait la chaleur d’un coin à l’autre du bar sans jamais la dissiper. Lars regardait les pales tourner. Il comptait les tours parfois, quand l’ennui devenait trop dense.
Flora au Grand Hôtel — Partie 8
Elle fit ses malles à l’aube. Elle plia les robes que Charles lui avait offertes, rangea les gants, les chapeaux, l’ombrelle qu’elle n’avait jamais su tenir. Elle laissa un pourboire pour Marie sur la table de nuit, avec un mot qu’elle avait écrit la veille, un mot simple, quelques lignes seulement.
Flora au Grand Hôtel — Partie 7
Elle resta trois jours encore. Trois jours étranges, suspendus. Elle ne descendait plus dans le hall, évitait la salle à manger, prenait ses repas dans sa chambre. Marie les lui montait sans commentaire, avec parfois un sourire furtif, une fleur posée sur le plateau.
Flora au Grand Hôtel — Partie 6
Le lendemain, tout changea. Elle descendit tard, épuisée par la nuit blanche, encore habitée par la conversation sur la digue. Elle avait rêvé de lui, ou plutôt de ses mots. Cette idée que les souvenirs écrits devenaient autre chose, qu’ils duraient, qu’ils ne disparaissaient pas.
Flora au Grand Hôtel — Partie 5
Elle le rencontra la nuit suivante, sur la digue. Elle n’arrivait plus à dormir. Depuis la lettre de Charles, depuis la scène devant la porte, quelque chose s’était déréglé en elle. Elle restait éveillée jusqu’à l’aube, lisait le roman de Charles qu’elle avait terminé et recommencé, pensait à l’écrivain du quatrième, à ses cahiers, à ce livre sur les souvenirs qu’il ne finissait jamais.
Flora au Grand Hôtel — Partie 4
La lettre arriva le sixième jour. Marie la lui monta avec le petit déjeuner, posée sur le plateau à côté de la cafetière. Une enveloppe crème, l’écriture de Charles, cette écriture penchée qu’il avait apprise chez les jésuites et dont il était si fier.
Flora au Grand Hôtel — Partie 3
Trois jours passèrent ainsi. Elle prenait ses repas dans la grande salle, marchait sur la digue aux heures convenables, s’asseyait dans le hall avec son livre qu’elle ne lisait pas. Elle observait. Elle attendait.
Flora au Grand Hôtel — Partie 2
Elle dormit mal, ce qui était prévisible. Le lit était trop grand, les draps trop fins, le silence trop vaste. Elle avait l’habitude des chambres de bonne, des matelas étroits, des bruits de Paris par la fenêtre. Ici tout était ouaté, étouffé, luxueux. Elle se réveilla plusieurs fois, croyant entendre des pas dans le couloir, le grincement d’un chariot, une voix qui l’appelait.
Flora au Grand Hôtel — Partie 1
Elle descendit du train avec l’application de ceux qui ont appris leurs gestes pour les convenances. La main sur la rampe, le pied cherchant le marchepied, le regard déjà vers la sortie. Rien de naturel là-dedans. Tout était su, répété devant une glace, dans une chambre de la rue de Lisbonne où les rideaux restaient tirés l’après-midi.
La confrérie des eaux — Les Chroniques du Gellért — Chapitres 19 et 20
Une semaine passa. Grosz avait officiellement quitté Budapest pour des « raisons de santé ». La vie au Gellért reprit son cours. Un soir, Osman descendit seul aux bains secrets.
La confrérie des eaux — Les Chroniques du Gellért — Chapitres 16 à 18
Ce soir-là, Mademoiselle Brenner l’invita à un concert à l’Académie Liszt. « Vous résistez encore, lui dit-elle pendant l’entracte. Vous n’avez pas encore accepté ce que vous êtes. » « Parce que si je l’accepte, il ne reste rien d’autre. »
La confrérie des eaux — Les Chroniques du Gellért — Chapitres 13 à 15
Une semaine passa. Une semaine étrangement normale, après tout ce qui s’était passé. Osman reprit ses habitudes — les bains le matin, le thé avec Madame Zorić l’après-midi, les dîners dans la grande salle où les mêmes personnages jouaient les mêmes rôles.
La confrérie des eaux — Les Chroniques du Gellért — Chapitres 10 à 12
De retour au Gellért, Osman trouva l’hôtel en effervescence. Ferenc était réapparu. Le lift-boy avait repris son poste au paternoster comme si de rien n’était. Il portait son uniforme impeccable, actionnait les manettes avec sa précision habituelle, et citait Wittgenstein aux clients interloqués.
La confrérie des eaux — Les Chroniques du Gellért — Chapitres 7 à 9
Pamuk descendit l’escalier de service — pas le grand escalier de marbre, pas le paternoster, mais un escalier étroit, dissimulé derrière une porte de service que personne n’utilisait jamais. Osman le suivit, de plus en plus intrigué. Le chat semblait savoir exactement où il allait. Il descendait avec l’assurance d’un guide, s’arrêtant parfois pour vérifier que l’humain suivait.
La confrérie des eaux — Les Chroniques du Gellért — Chapitres 4 à 6
« Vous devez absolument venir », dit Nigel Ashworth-Pennington. C’était le troisième jour d’Osman au Gellért, et l’hydrologue britannique avait adopté l’Ottoman avec l’enthousiasme d’un golden retriever découvrant un nouveau maître. Il l’attendait chaque matin aux bains, le rejoignait pour le déjeuner, et lui exposait ses théories sur la plomberie romaine avec une passion qui ne faiblissait jamais.


