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Mines de Naica

Nai­ca est une petite bour­gade de la pro­vince du Chi­hua­hua au Mexique et sous la sur­face de son sol se trouve un réel bijou de la nature. Situées au-des­sus d’une intru­sion de mag­ma, les mines, déjà exploi­tées depuis long­temps, ont révé­lé il y a neuf ans de cela les gale­ries conte­nant les plus gros cris­taux de gypse (sélé­nite) décou­verts sur terre à ce jour. Le plus impo­sant d’entre eux mesure plus de 11 mètres de long et pèse 55 tonnes.

naica

Ce qui a ren­du pos­sible ces immenses concré­tions, c’est la pré­sence conju­guée de plu­sieurs para­mètres. Le fait que les exca­va­tions se trouvent sur une intru­sion mag­ma­tique a sur­chauf­fé à plus de 55°C pen­dant des mil­liers d’an­nées ces gale­ries nor­ma­le­ment rem­plies d’eau — laquelle a été vidée pour per­mettre l’ex­ploi­ta­tion de la mine et sera réin­tro­duite dès lors qu’elle sera ren­due à la nature — for­te­ment char­gée en miné­raux (des car­bo­nates de cal­cium et des sul­fures) et sur­tout, sous une pres­sion énorme (envi­ron 30 bars). Un site superbe que les exploi­tants s’ef­forcent de conserver.

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Le plus petit des communismes

Même quand on ne connait pas Alain Badiou ou qu’on a du mal à adhé­rer à ses idées, il a le mérite de faire en sorte qu’on ne peut faire autre­ment que de l’é­cou­ter quand il parle et d’é­non­cer des phrases qui font sens, qui marquent et qui par­fois même font sou­rire par leur saga­ci­té ; c’est là sa grande force.

BADIOU Alain

Pho­to © HANNAH/Opale

L’a­mour, c’est le plus petit des com­mu­nismes qui soit, le com­mu­nisme à deux… minimum…

Alain Badiou, chez Fré­dé­ric Taddeï
Ce soir ou jamais

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Sar­lat-la-Cané­da, ville d’ocre

Engon­cée au cœur d’une val­lée, Sar­lat (Sar­lat e La Cane­dat en occi­tan — nous sommes ici évi­dem­ment en pays d’Oc), capi­tale du Péri­gord Noir, est une petite ville médié­vale qui a su conser­ver en son cœur l’es­prit de ces places fortes, for­te­ment reli­gieuses et fon­ciè­re­ment riches. J’a­vais des sou­ve­nirs très pré­cis de cette ville, la mai­son natale d’Etienne de la Boé­tie qui en fut maire, la lan­terne des morts, l’Eglise Saint-Sacer­dos, L“Eglise Sainte-Marie qui n’a plus rien d’un église mais fait désor­mais office de mar­ché cou­vert grâce à la recon­ver­sion opé­rée par Jean Nou­vel, un autre enfant du pays, mais je ne me sou­ve­nais plus à quel point c’est un dédale de rues sombres et étroites dont on ima­gine aisé­ment que la plu­part devaient être de véri­tables coupe-gorge la nuit venue.

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Le jour où j’é­tais à Sar­lat, c’é­tait une belle jour­née comme on en fait dans le Sud-Ouest, chaude, très chaude ; la tem­pé­ra­ture était de 38 ou 39°C, je ne sais plus bien, et en déam­bu­lant au hasard dans le ville, nous cher­chions avant tout l’ombre et l’air qui avait défi­ni­ti­ve­ment quit­té les lieux. Ce qui m’a frap­pé avant tout, c’est la cou­leur de cette ville, d’un ocre jaune ins­crit sur tous les murs et la pré­sence ponc­tuelle et bien­ve­nue d’es­paces verts au beau milieu de ce milieu for­te­ment miné­ral et sec, ici une gly­cine for­mant une ton­nelle immense, là des catal­pas ombra­geant une place en espa­liers… Der­rière les échoppes à tou­ristes se déroule une vie calme dans les arrière-cours et les jar­di­nets, les ruelles qui semblent par­fois déser­tées par tout forme de vie, comme on peut le voir à Bruges ; l’im­pres­sion d’une façade, d’un décor de car­ton pâte inhabité.

Mes pho­tos sur Obsi­dienne et les mêmes, un peu plus grandes, sur Fli­ckr.
Loca­li­sa­tion sur Google Maps.

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Trois œuvres de Jirō Taniguchi

C’est assez étrange de se dire qu’en lisant pas mal de livres et sur­tout arri­vé à 35 ans, on en arrive à lire des man­gas. Il faut dire que ceux-ci, que j’ai décou­vert il y a quelques semaines sont d’un genre tout par­ti­cu­lier, à la fois ins­pi­ré par l’es­prit d’Osa­mu Tezu­ka (手塚 治), la finesse du trait de la Ligne Claire et la sim­pli­ci­té de la ryth­mique des films de Yasu­jirō Ozu (小津 安二郎).
Le des­sin de
Jirō Tani­gu­chi est d’une pure­té qu’on pour­ra trou­ver par­fois trop rigide pour ce type d’œuvre car il est d’une incroyable pré­ci­sion et plu­tôt que de recher­cher l’o­ri­gi­na­li­té de ses per­son­nages, ceux-ci ont sou­vent les mêmes traits et ne montrent guère leurs émo­tions, c’est la quête de réa­lisme d’un Japon tel qu’il existe que l’au­teur cherche à faire pas­ser, sans excès de folk­lore, ni de fan­tai­sie d’ailleurs.
Les livres de Tani­gu­chi sont des his­toires simples de gens simples, cer­tai­ne­ment auto­bio­gra­phiques, qui n’hé­sitent pas à flir­ter avec l’es­prit du réa­lisme fan­tas­tique d’un Dino Buz­za­ti inquié­té par la mort et la nos­tal­gie de l’adolescence.

Quar­tier lointain

Œuvre en deux tomes, Quar­tier loin­tain raconte l’his­toire d’un homme allant sur ses cin­quante ans. Sala­ry-man terne et fati­gué, déçu par la vie et la sienne tout par­ti­cu­liè­re­ment, il n’en attend plus rien et n’a plus rien à appor­ter à sa femme qu’il délaisse et ses enfants qui ne voient pas vrai­ment en lui un père pré­sent. Un matin, tan­dis qu’il part en dépla­ce­ment pro­fes­sion­nel, il se rend compte qu’il n’est pas dans le bon train. La gare où il des­cen­dra n’est autre que celle de la ville où il a gran­di et puis­qu’il est là, il se dit qu’il va se rendre sur la tombe de sa mère. Un moment de fai­blesse, de fatigue, il s’en­dort et se réveille au même endroit, mais dans le pas­sé, et dans la peau de celui qu’il était à 14 ans, exac­te­ment à l’é­poque à laquelle son père les a aban­don­né, lui et sa mère. Il se demande s’il n’est pas reve­nu dans le pas­sé pour faire en sorte que cela n’ar­rive fina­le­ment pas, ou tout au moins ten­ter de com­prendre ce qu’il s’est pas­sé. Les scènes où le nar­ra­teur se retrouve dans sa famille dis­lo­quée des années en arrière sont ter­ri­ble­ment poignantes.

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Le jour­nal de mon père

Un homme apprend la mort de son père qu’il n’a pas vu depuis 15 ans et se rend dans son vil­lage natal. Il ren­contre là toute la famille de son père avec qui il n’a plus eu de contact depuis bien long­temps non plus, notam­ment son oncle qu  l’a aidé à tra­ver­ser une période dif­fi­cile de sa vie, le divorce de ses parents. En l’oc­cur­rence, sa mère est par­tie, l’a­ban­don­nant avec son père et c’est toute la vie de celui-ci qui refait sur­face, un homme simple mais bon qui n’a jamais vrai­ment su dire les choses et que son fils redé­couvre avec regrets. Une œuvre triste, émou­vante sans être lar­moyante, d’une par­faite inten­si­té, réglée au mil­li­mètre près.

le journal de mon père taniguchi

L’homme qui marche

Ce livre est une pure mer­veille qui se passe qua­si­ment de dia­logues. L’homme qui marche est sim­ple­ment le récit d’un homme qui redé­couvre joyeu­se­ment le bon­heur de mar­cher dans la ville, d’ai­der des enfants à décro­cher leur avion en papier d’un arbre, de patau­ger dans les flaques d’eau, de se joindre à la marche tran­quille d’un vieil homme qui fait sa pro­me­nade quo­ti­dienne sans par­ler, de s’al­lon­ger sous un ceri­sier en fleur ou sim­ple­ment de s’ex­ta­sier sur les lumières de la nuit. Une pro­me­nade en ville, un livre sur le bon­heur d’être en vie.

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Ces trois livres sont dis­po­nibles aux édi­tions Casterman.

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