Shota Mitsuyasu
De la belle photographie japonaise, émouvante, colorée, d’une incroyable finesse.
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Read moreIl y a quelques jours, les lecteurs du Monde ont pu découvrir un article encadrant la photo d’un homme armé d’une sorte de harpon, un œil fermé et le visage froid, sans expression, impassible, mais non dénué d’un certain charme.
En 1848, travaillant sur un chantier ferroviaire, le contremaître Phineas Gage manipule de la poudre à l’aide d’une barre à mine (d’un bourroir en réalité) et la terre explose, propulsant l’outil qui lui traverse la joue, l’œil, puis le crâne pour finalement en ressortir intégralement.

Le miracle tient au fait que l’homme a survécu à l’accident et n’a rien perdu de ses facultés intellectuelles, ni de sa mémoire, du moins en apparence. Toutefois, le cas Phineas Gage, largement popularisé par le neurologue Antonio Damasio présente un cas intéressant d’abolition du jugement moral. Gage après son accident aurait terminé sa vie dans un flou de colères aussi soudaines qu’irrationnelles et se seraient montré incapable de prendre des décisions posées et réfléchies. Ce cas est un de ceux qui illustre le mieux les désordres comportementaux liés aux lésions des lobes frontaux, dont s’est notamment fait une spécialité le docteur Oliver Sacks (Cf. L’homme qui prenait sa femme pour un chapeau)
C’est grâce à la rencontre fortuite entre deux collectionneurs de photos et Internet (en l’occurrence Flickr) qu’on a enfin pu mettre un visage sur le nom de celui dont on n’avait jusqu’à présent que l’image du moulage de son crâne fait de son vivant.
L’Atlantique est pour moi comme un immense refuge aux visages multiples, comme une frontière entre l’imaginaire le plus subtil et des pays aussi différents que charmants. Où qu’il soit, je me plie à ses caprices et prend de lui tout ce qu’il peut me donner.
Quelques jours sur l’île d’Oléron déployés sur Obsidienne…
Arriver à Padirac a quelque chose de folklorique. C’est un tout petit village du département du Lot de 168 âmes au cœur de la Causse de Gramat, dans le Quercy. Des rochers affleurent partout dans ce paysage sec, parcouru par les moutons.
La route est une succession de petits villages après Souillac, où le ciel se déchire tout à coup en une immense zébrure blanche, dans un fracas assourdissant qui roule parmi les montagnes environnantes. Lorsque nous dépassons Padirac en suivant les panneaux d’indications, nous finissons par arriver dans une sorte de cul de sac entouré de parkings immenses, me donnant tout à coup l’impression de me retrouver à proximité d’un centre commercial. Il fait une chaleur lourde, vraiment assommante et se dire qu’on a fait tant de kilomètres pour arriver dans un parc d’attraction rajoute à une sorte de déception que la fatigue de la route entretient, mais il est tard, 17h30 et ce qui avait dû être une queue digne d’un supermarché soviétique laisse présumer que je n’attendrai pas plus d’un quart d’heure. J’y vais quand même, je n’ai pas fait toute cette route pour abandonner si près du but ; je veux que mon fils puisse voir ça.
Un type me donne un tape sur l’épaule et me tend deux billets qu’il a trouvé par terre et qui n’ont pas été validés. Je souffle un peu en me disant que je vais tout de même économiser 18 euros. Je m’avance vers le gouffre avant d’y entrer et ce que je vois me donne des sueurs froids. On dit que lorsqu’il fait chaud, on est plus sensible au vertige. Je suis venu ici quand j’étais adolescent avec mes grands-parents, mais étonnamment, j’ai des souvenirs plus présent des Eyzies ou de Sarlat ou même Collonges-la-Rouge que de ce lieu pourtant unique en son genre.
Nous prenons les escaliers pour descendre et tandis que nous progressons, je suis tout à coup pris d’une atroce crise d’angoisse, m’imaginant que la tour d’aluminium est en train de se dévisser à cause des vibrations. Enfin arrivés en bas, je découvre un monde végétal vivant à 70 mètres sous terre, dans l’ombre et l’humidité poisseuse, et deux grandes ouvertures béantes plongeants de chaque côté de cette immense anfractuosité de la terre. La galerie principale commence ici et l’on se dirige pendant une bonne centaine de mètres dans une galerie à sec où le plafond s’éloigne de plus en plus de la surface du sol jusqu’à un quai dans lequel on embarque pour parcourir le reste par la voie des eaux. La profondeur varie entre 1 et 5 mètres et la température de l’eau, même par cette chaleur de surface, ne dépasse pas les 10°C. Nous rejoignons le quai d’arrivée et nous sommes désormais à 105 mètres de profondeur.
La visite se poursuit avec un spectacle de toute beauté. Un colonne stalactitique de 75 mètres de haut ayant terminé sa croissance, des gours (sortes de barrages calcifiés retenant un eau d’une pureté quasiment absolue), un couronne de stalactites écrasés comme des crêpes située sous un dôme de 94 mètres de haut (la vitesse de chute des gouttes d’eau explique cette forme étonnante), et cette sensation de grandeur souterraine comme on peut en ressentir dans les cathédrales les plus grandes (au sommet du dôme, il ne reste plus que 9 mètres jusqu’à la surface du sol).
Cette salle du grand dôme est littéralement splendide, d’une beauté à couper le souffle. J’apprends également que dans cette cavité naturelle, dans sa partie immergée, vit une espèce endémique de crevette, ridiculement petite et au comportement approchant celui des êtres abyssaux.
Là aussi, ce sont des histoires, des Diana, des Holga, des robes rouges et des piscines…
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