Apr 2, 2011 | Arts |
Adolphe Williams Bouguereau, plus connu sous le nom de William Bouguereau est un peintre de style académique. L’académisme, comme son nom l’indique, est souvent considéré comme bourgeois et n’autorise que de très loin l’originalité et la fantaisie, car le nom lui-même signifie que l’on doit suivre les préceptes des académies, et en particulier de l’Académie de Beaux-Arts de Paris. Pourtant, on dit de Bouguereau qu’il fut un peintre de la femme, loin des sujets de son école. Contrairement à ses petits collègues académiques qui se complaisaient dans des scènes mythologiques ou historiques, lui peignait des corps troublants au regard langoureux, de femmes ou de jeunes filles, et même de jeunes angelots comme ci-dessous. Il n’échappa pas à la vague orientaliste de cette époque faste et peignit de jeunes bohémiennes… Encore une fois, je me livre à une interprétation hasardeuse, mais je crois voir dans les modèles de Bouguereau un point commun. Regardez bien tous ces modèles ; tous ont les sourcils sombres et le regard est comme transposé d’une toile à l’autre, un peu comme si ce n’était à chaque qu’un seul et même personnage. A l’image de certains écrivains qui n’ont jamais écrit qu’un seul et même roman au travers de leur œuvre ou de certains acteurs de théâtre qui n’ont jamais joué qu’un seul rôle, Bouguereau n’aurait-il jamais peint qu’une seule et même personne ?








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Apr 1, 2011 | Arts, Chambre acoustique |
J’aime bien les petites histoires comme celle de cette œuvre en douze parties qui fonctionne en version intégrale sur trois heures et trente minutes et qui lorsque dans sa première version fut jouée sur une vingtaine de minutes, et fut mal interprétée par son public. En effet, on dit que lorsque Philip Glass joua cette pièce pour la première fois à l’université de Yale, une auditrice lui demanda où se trouvaient les onze autres parties. L’auteur décida de redévelopper son œuvre pendant les trois années suivantes. C’est une des œuvres principales et manifeste de la musique minimaliste.
A lire, ce témoignage d’un marathonien qui ne s’est pas ennuyé une seule minute en plus de trois heures de spectacle…
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Mar 30, 2011 | Sur les portulans |
On appelle fleuve tout cours d’eau qui se jette dans la mer ou l’océan, or, en France, on est loin de n’avoir que cinq grands fleuves et on oublie souvent que la liste est plutôt longue…
En examinant le tableau, on se rend compte avec stupéfaction que le plus petit fleuve de France a une longueur de très exactement… 1 195 mètres. La Veules arrose le petit bourg de Veules-les-Roses et tire son nom de Wellas (1025. Pluriel vieil anglais de wella / wiella source, fontaine, cours d’eau comme les Wells d’Angleterre).

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Mar 27, 2011 | Arts |
Même si lorsqu’aujourd’hui on traverse le département de la Saône-et-Loire, on s’imagine être tombé dans un de coins les plus reculés de France, il faut avoir à l’esprit que c’est un des départements français dans lequel on trouve le plus d’ouvrages d’art roman et parmi les villes de ce département, on trouve Tournus, Mâcon, Paray-le-Monial, Autun et surtout Cluny qui fut le siège d’un puissant ordre bénédictin et le lieu de construction de la plus grande cathédrale romane jamais construite (190 mètres de long, 59 et 73 mètres au transept, 30 mètres sous les voûtes établies sur trois niveaux et enfin une coupole qui domine à 40 mètres à la croisée du grand transept) dont il ne reste aujourd’hui presque plus rien, l’Abbatiale de Cluny III.
Au Moyen-Âge, tous les ordres monastiques, dont on sait que la plupart d’entre eux étaient suffisamment à l’aise financièrement pour acquérir la plupart des biens fonciers du Royaume, possédaient à Paris un « hôtel », sorte de pied-à-terre permettant d’avoir toute latitude pour approcher le siège du pouvoir sans faire des allers et retours avec l’autre bout de la France. Le Musée national du Moyen-Âge tel qu’il existe aujourd’hui et que je connaissais autrefois sous le nom de Musée de Cluny est en fait l’hôtel des abbés de Cluny (le plus ancien hôtel particulier de Paris), construit au XIIIè siècle contre les vestiges du plus ancien témoignage du passé gallo-romain de la capitale, les Thermes de Lutèce, dont on peut voir encore à ce jour les murs en façade et les collections exposées dans ce qui était autrefois le frigidarium. Si ce bâtiment est devenu le musée du moyen-âge, c’est parce qu’Alexandre Du Sommerard, grand collectionneur du XIXè siècle s’y établit afin de conserver ses collections d’œuvres de cette époque. L’État a acquis ses biens et les conserve depuis sa mort.
Visiter le musée de Cluny, c’est se plonger dans un monde coloré et lointain, dans une riche collection d’orfèvrerie dont on peut admirer les pièces dans une salle rectangulaire confinée, dans une collection de vitraux superbes et récemment restaurée, au beau milieu des anciennes statues des rois de Juda et d’Israël qui ornaient autrefois la façade de Notre-Dame de Paris, détruites par les Communards en 1873 (prises pour les statues de Rois de France), et qui ont été retrouvées en 1977 sous terre lors du percement du parking de la Chaussée d’Antin, mais également les tapisseries de la Dame à la Licorne, les rondels (petits vitraux blanc et jaune d’or) de Jean Fouquet et des partitions anciennes…
L’intégralité des photos prises en mai dernier sur Flickr (je le précise tout de même, à toutes fins utiles, toutes les photos sont de moi).
Localisation sur Google Maps.












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Mar 25, 2011 | Arts |
Avertissement: billet à haute teneur en mots rares et précieux, sauvés de l’oubli.
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Lorsque j’étais encore étudiant, je m’étais constitué un répertoire, un bête répertoire de mots que je pouvais glaner au fil de mes lectures dans une démarche à plusieurs étapes.
- Récupérer les mots inconnus pour en trouver plus tard à l’aide d’un dictionnaire la définition.
- Collecter en seul endroit ces petites pépites.
- Perpétuer cette collection au travers des différents âges de ma vie et ne pas les oublier.
Résultat, j’ai perdu ce carnet. Tout au moins ai-je dû l’égarer dans un endroit si bien caché qu’on le retrouvera le jour où mes héritiers passeront mes biens par le feu. En attendant ce jour, voici un billet en forme de mini-lexique. Les liens renvoient la plupart du temps aux articles Wikipedia dont ils sont issus ou à leurs références.
Épithète de Vénus ou Aphrodite : qui sort de l’eau. (poème de Rimbaud) le plus célèbre exemple est La Naissance de Vénus de Botticelli.

Venus anadyomène, Alexandre Cabanel, 1863
Terme archéologique qui désigne la technique de reconstruction d’un monument en ruines grâce à l’étude méthodique de l’ajustement des différents éléments qui composent son architecture.
Il peut aussi s’agir d’éléments reconstitués en matériaux contemporains pour présenter un détail de construction donnant l’échelle d’un édifice.

Reliefs de l’arc de Septime Sévère, Leptis Magna, Libye
L’astragale est une moulure arrondie, sorte d’anneau ou de boudin, séparant le chapiteau de la colonne. Au Moyen Âge, l’astragale fait généralement partie du chapiteau (constituant ainsi sa base) et est séparé de la colonne par un joint. Dans l’art antique, c’est le contraire : l’astragale est toujours séparé du chapiteau. L’astragale désigne aussi une moulure régnant sur la façade. On parle de nez de marche en astragale, pour les marches ayant un débord en arrondi.
Le terme astragale vient du latin astragalus qui signifie « os du talon », lui-même dérivé du grec astragalos, qui signifie « vertèbre ».

L’évergétisme (ou, plus rare, évergésie) est un terme introduit au XXe siècle dans le lexique francophone par l’historien André Boulanger. Il dérive directement du verbe grec εύεργετέω signifiant « je fais du bien ». Dans sa définition originale, l’évergétisme consiste, pour les notables, à faire profiter la collectivité de leurs richesses. Il complète le clientélisme, lien individuel et personnel entre le patron et ses clients. L’historien Paul Veyne y a consacré son important ouvrage Le Pain et le Cirque.

Proconsul Marcus Nomius Balbus, évergète d’Herculanum
Une métope est un panneau à peu près rectangulaire, le plus souvent décoré de reliefs sous un bandeau horizontal. Dans la frise dorique, elle alterne avec les triglyphes. Une plaque assez mince porte les reliefs et reste indépendante de la partie postérieure, ou contre-métope. Une demi-métope est une portion de métope occupant l’angle d’une frise dorique depuis la Renaissance. En effet la frise dorique antique se retourne sur un triglyphe désaxé par rapport à la colonne.
Vient du grec « métopê », de « méta » : entre et « ôpê » : ouverture.

En architecture, on appelle modénature les proportions et dispositions de l’ensemble des éléments d’ornement que constituent les moulures et profils des moulures de corniche ainsi que les proportions et dispositions des membres de façade constituant le style architectural.

Le terme vient du grec poliorketikos, qui désigne ce qui est relatif à la technique du siège des villes et places fortes, ou l’art et la technique du siège. On l’applique aussi à la défense des villes contre les sièges. LES POLIORCÉTIQUES d’APOLLODORE DE DAMAS COMPOSÉES POUR L’EMPEREUR HADRIEN. Traduction du texte publié par M. Ch. WESCHER (Poliorcétique des Grecs. 1867, hep. impér., p. 135–193). Avec 37 figures extraites des manuscrits grecs.

Gravure d’époque du siège de Privas
Suffète est le nom des premiers magistrats de Carthage. Leur pouvoir ne durait qu’un an. Ils étaient à Carthage ce que les consuls étaient à Rome.

Hannibal Barca, suffète de Carthage
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