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Les nuits du Caire, Gil­bert Sinoué

Les nuits du Caire, Gil­bert Sinoué

This is Cairo....This is my hometown.

Pho­to © Mar­wa Morgan

Tout nou­vel­le­ment sor­ti dans une petite col­lec­tion chez Arthaud, le livre de Gil­bert Sinoué, Les nuits du Caire, est un vrai grand bol d’air frais. Le nar­ra­teur, un Égyp­tien chré­tien né au Caire mais qui a pas­sé sa vie en France, revient en pleine révo­lu­tion pour retrou­ver la femme qu’il a aimé qua­rante ans aupa­ra­vant dans l’es­poir de refon­der quelque chose. Sur son che­min, ceux qui ont fait la révo­lu­tion, les foules en colère, les isla­mistes qui l’en­lèvent avant de se rendre compte qu’ils ont connu son propre père… Son par­cours jus­qu’à l’ap­par­te­ment de sa bien-aimée, Myriam, sera jon­ché des ombres de son pas­sé, dans un Caire bou­le­ver­sé où il ne recon­naît plus rien.
Alors au bout du che­min, il ne reste plus rien, à part les souvenirs…

Lorsque je l’a­per­çus, ce fut comme un jaillis­se­ment de lumière, l’é­cla­te­ment d’un soleil. A un souffle de moi. Ses parents l’accompagnaient.
Elle ne pou­vait être réelle ! Cette blan­cheur ! L’é­clat de ce teint ! Ces joues de lys et de roses. Ce cou d’al­bâtre. Che­veux noirs de jais, tres­sés dans le pou­droie­ment des nuits du Caire. Lèvres ser­ties dans le rubis et le corail. Et ses yeux. Ses yeux cou­leur opale comme la mer.
Elle ne pou­vait être réelle.
Elle l’é­tait pourtant.
Et je m’embarquai dans un rêve fou.

Gil­bert Sinoué, Les nuits du Caire
Arthaud, 2003

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Mys­té­rieux por­trait de femme du Fayoum (l’in­ven­tion de la pein­ture de che­va­let et du pointillisme)

Ne vous est-il jamais arri­vé de ren­con­trer une pein­ture qui vous trouble à ce point que vous n’ar­ri­viez pas à chas­ser l’i­mage de votre mémoire ? Ne vous est-il jamais arri­vé d’être à ce point trou­blé par le visage d’une femme que vous n’au­riez jamais pu connaître puisqu’elle est morte il y a des cen­taines d’an­nées, éloi­gnée de vous par un gouffre d’in­tem­po­ra­li­té, mais que vous vous disiez tout de même que vous auriez aimé la connaître ? C’est à peu près l’im­pres­sion que j’ai eu la pre­mière fois que j’ai vu ce visage peint exhu­mé du Fayoum.

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Monu­ments égyp­tiens, bas-reliefs, pein­tures, inscriptions…

Encore une très belle pro­duc­tion dans la col­lec­tion des œuvres illus­trées d’Émile Prisse d’A­vennes, édi­tée en 1847 par Didot frères à Paris. On note­ra à la fin de l’ou­vrage des planches en cou­leur abso­lu­ment superbes. On regret­te­rait presque qu’il y ait aus­si peu de planches…

Monu­ments égyp­tiens, bas-reliefs, pein­tures, ins­crip­tions… etc, d’a­près les des­sins exé­cu­tés sur les lieux par E. Prisse d’A­vennes, pour faire suite aux Monu­ments de l’E­gypte et de la Nubie, de Cham­pol­lion le Jeune.

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Le mythe de Per­sée revisité

Cette pièce tout à fait éton­nante conser­vée au Louvre (numé­ro d’in­ven­taire E4850) repré­sente le dieu Horus à che­val tuant de sa lance un cro­co­dile nilo­tique, qui est en réa­li­té le dieu Seth sym­bo­li­sé. Élé­ment de fenêtre taillé dans le grès, cet objet date du IVè siècle après J.-C., soit en pleine période de l’Égypte chré­tienne, qu’on connait sous le nom de copte. Il est très inté­res­sant car il fait la liai­son entre trois civi­li­sa­tions au tra­vers d’un seul et même mythe tra­duit dif­fé­rem­ment, en impli­quant une thé­ma­tique récur­rente dans les reli­gions, la lutte du bien contre le mal :

  • Le pas­sé avec la Grèce ancienne, avec le mythe de Per­sée tuant la bête marine pour déli­vrer Andro­mède grâce à son épée magique.
  • L’é­poque contem­po­raine avec les dieux de la civi­li­sa­tion égyp­tienne, Horus et Seth. L’u­ti­li­sa­tion du che­val n’est pas fran­che­ment égyp­tienne et pro­vient plu­tôt de la Perse voi­sine, qui à cette époque a déjà sou­mis l’Égypte par deux fois.
  • L’é­poque chré­tienne en pleine expan­sion s’ap­pro­prie­ra cette thé­ma­tique par un curieux détour, pas­sant par l’Em­pire Romain. Par le biais de ses esclaves afri­cains qu’on retrou­ve­ra sur le conti­nent amé­ri­cain, elle géné­re­ra la figure du dieu guer­rier du vau­dou haï­tien Ogun, assi­mi­lé à Saint-Georges, ter­ras­sant à son tour le dragon.

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Denkmä­ler aus Ägyp­ten und Äthio­pien (Karl Richard Lepsius)

Entre 1842 et 1845, l’ar­chéo­logue Karl Richard Lep­sius sera char­gé direc­te­ment par l’empereur Fré­dé­ric-Guillaume IV de conduire une expé­di­tion en Égypte et au Sou­dan des­ti­née à pro­duire des rele­vés pré­cis des plus grands sites, ain­si qu’à rame­ner le plus d’ob­jets pos­sibles, comme c’est sou­vent le cas. Du pla­teau de Gizah au com­plexe funé­raire de Saq­qa­rah, du Fayoum à Thèbes en pas­sant par Der el-Baha­ri jus­qu’à Philæ, l’ex­pé­di­tion s’est ren­due jus­qu’au sud de la Nubie égyp­tienne, en Éthio­pie et jus­qu’aux confins de Méroé, la cité aux pyra­mides poin­tues. La somme de connais­sances rap­por­tée sera consi­dé­rable au tra­vers d’une œuvre majes­tueuse en 13 volumes : Monu­ments d’É­gypte et d’É­thio­pie d’a­près les des­sins rap­por­tés de l’ex­pé­di­tion scien­ti­fique orga­ni­sée dans les années 1842–1845 dans ces deux pays sur ordre de sa majes­té, le roi de Prusse, Fré­dé­ric Guillaume IV [« Denkmä­ler aus Ägyp­ten und Äthio­pien nach den Zeich­nun­gen der von Sei­ner Majestät dem Könige von Preußen, Frie­drich Wil­helm IV., nach die­sen Län­dern gesen­de­ten, und in den Jah­ren 1842–1845 aus­geführ­ten wis­sen­schaft­li­chen Expe­di­tion auf Befehl Sei­ner Majestät, 13 vol. »], Ber­lin, Nico­laische Buch­hand­lung, 1849 (réim­pr. Réédi­tion Genève : Édi­tions de Belles-Lettres, 1972).

Illus­tra­tions, copies topo­gra­phiques, cartes, repro­duc­tions, rele­vés de ter­rain et sur­tout, un extra­or­di­naire compte-ren­du entiè­re­ment manus­crit ; tout est dis­po­nible sur le site de la Mar­tin-Luther-Uni­ver­sität de Halle-Wit­ten­berg sous le nom de Lep­sius-Pro­jekt. Une œuvre fas­ci­nante, qui même si elle est inté­gra­le­ment écrite en alle­mand, pro­duit une somme docu­men­taire inestimable.

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