Impossible de dire quand ça s'arrête, ni quand ça reprend, ni quand ça ralentit ou que ça se termine, ni quand ça feint de repartir et que ça s'arrête. L'envie de voyage est comme certaines périodes de la vie, l'air de rien ; il est alors impossible de se poser pour...
Söylenmek #2
by Romuald Le Peru | Jul 1, 2014 | Söylenmek
Il s'est passé quelque chose hier soir. Christine, avec presque des sanglots dans la voix, les sanglots d'une dame fatiguée, m'embrasse et après la discussion que nous venons d'avoir, me dit à voix basse, sur le ton de la confidence : Donne-moi de tes petites...
Söylenmek #1
by Romuald Le Peru | Jun 29, 2014 | Söylenmek
J'entends l'inexploré... J'attends l'inexploré...
Wadi al-Salam, la cité des morts
by Romuald Le Peru | 25/08/2025 | Sur les portulans | 0 Comments
Il est des lieux où la vie et la mort cessent de s’opposer et se prennent par la main pour marcher ensemble, presque paisiblement. À Najaf, au sud de l’Irak, s’étend Wadi al-Salam, la « vallée de la paix » — le plus vaste cimetière du monde. Ses dimensions donnent le vertige : plusieurs kilomètres carrés de tombes, de mausolées et de galeries souterraines, comme une ville qui n’aurait jamais cessé de croître, mais dont les habitants ne parlent plus.
Komorebi : juste le soleil au travers du feuillage
by Romuald Le Peru | 21/08/2025 | Le chant de la terre | 0 Comments
Il existe des mots qui ne devraient jamais être traduits. Le japonais a ce talent d’enfiler des perles linguistiques pour dire l’indicible. Komorebi en fait partie : la lumière du soleil qui filtre à travers les feuilles. Trois syllabes pour saisir ce moment fugace où le vent, en bougeant les branches, joue au projectionniste avec le ciel.
Mille ans entre les murs : la Badia Fiorentina en silence
by Romuald Le Peru | 21/08/2025 | Sur les portulans | 0 Comments
Il faut parfois pousser une porte entrouverte pour entrer dans le cœur secret d’une ville. À Florence, derrière un porche discret de la Via del Proconsolo, se tient depuis plus d’un millénaire la Badia Fiorentina. Fondée en 978 par Willa, marquise de Toscane, cette abbaye est l’un de ces lieux où l’Histoire s’accumule comme des couches de peinture, chaque époque y ajoutant sa touche sans jamais effacer complètement la précédente.
Vapeurs sur le Bosphore
by Romuald Le Peru | 21/08/2025 | Sur les portulans | 0 Comments
On dit souvent qu’Istanbul est une ville de ponts. C’est vrai, mais réducteur. Avant que le béton ne se tende d’une rive à l’autre, il y avait déjà, sur l’eau, des silhouettes blanches striées d’orange qui faisaient le lien : les vapur. Ces ferries grinçants, crachotant de la vapeur comme des locomotives à moitié marines, ont longtemps été l’unique manière de relier l’Europe à l’Asie sans se mouiller les pieds.
Elizabeth Siddal, le vampire de Highgate
by Romuald Le Peru | 20/04/2025 | Arts, Histoires de gens | 0 Comments
Dans le Londres brumeux du XIXe siècle, une étoile rousse allait enflammer l’imagination des plus grands artistes de son époque. Elizabeth Siddal naquit le 25 juillet 1829, destinée à devenir bien plus qu’un simple visage immortalisé sur toile. Sa passion pour la poésie s’éveilla de la façon la plus romantique qui soit : en découvrant par hasard des vers de Tennyson sur un vulgaire bout de papier journal enveloppant une motte de beurre. Cette rencontre fortuite avec la beauté cachée dans le banal deviendrait la parfaite métaphore de sa propre existence.
Café du matin #13
by Romuald Le Peru | 20/04/2025 | Café du matin | 0 Comments
Saint-Denis. Un air de revenez‑y. Je n’ai pas mis les pieds ici depuis une éternité, certainement depuis que je faisais mes études à l’université. J’avais oublié à quel point la station de métro Basilique était étriquée et le quai peu large. L’embouteillage pour sortir, tout le monde se dirigeant vers l’escalator qui a du mal à absorber le flux. Un avant-goût de ce joyeux bordel qui m’attend dehors. A peine sorti de la station du métro, je suis assailli par une dizaine de vendeurs de cigarettes de contrefaçon qui tentent d’écluser leur cargaison en toute impunité…
Chronique du neuvième mois
by Romuald Le Peru | 01/03/2025 | Archéologie du quotidien | 0 Comments
Ceci n’est pas une histoire comme une autre. C’est l’histoire d’une expérience nouvelle pour moi, un nouveau paradigme, une plongée à moitié immersive dans quelque chose que je connais déjà et dont je ne n’ai jamais eu l’expérience intime. Neuvième mois du calendrier de l’hégire, Ramadan (رَمَضَان) est le mois sacré par excellence pour tous les Musulmans du monde.
Café du matin #12
by Romuald Le Peru | 07/01/2025 | Café du matin | 0 Comments
Le café a un goût amer. Je n’ai jamais vraiment aimé les premiers jours de l’année, et encore moins les premiers jours de reprise du travail, et certainement encore moins le jour de la rentrée, une fois que les fêtes sont passées, que la lumière s’est éteinte et qu’on retrouve les éclairages crus et impersonnels des chambres d’hôpital que sont nos bureaux, quand on n’en prend pas réellement soin.
N’attends pas la nuit pour dire que le jour a été beau
by Romuald Le Peru | 22/10/2024 | Archéologie du quotidien | 0 Comments
Prendre son temps. Prendre le temps pour soi comme s’il n’existait personne d’autre au monde. Histoire de se recentrer, d’évaluer pourquoi on est là, pourquoi on est au monde, se sentir un peu utile à l’ordre des choses et ne pas se dire qu’on ne fait que subir ce qui se passe. Après tout, nos actes ne sont-ils pas une part infime, mais réelle, de tout ce qui se produit chaque jour dans le monde ?
Café stambouliote #11
by Romuald Le Peru | 02/05/2024 | Café du matin | 0 Comments
Istanbul est une ville qui confine à la mélancolie, le fameux hüzün dont parle Orhan Pamuk. Dans la mystique soufie, le hüzün trouve son origine dans un sentiment de manque dû à notre trop grand éloignement de Dieu. On retrouve quelque chose de proche du hüzün dans la culture japonaise, associé à la noblesse de l’échec.