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Chro­nique du neu­vième mois

Chro­nique du neu­vième mois

Ceci n’est pas une his­toire comme une autre. C’est l’histoire d’une expé­rience nou­velle pour moi, un nou­veau para­digme, une plon­gée à moi­tié immer­sive dans quelque chose que je connais déjà et dont je ne n’ai jamais eu l’expérience intime. Neu­vième mois du calen­drier de l’hégire, Rama­dan (رَمَضَان) est le mois sacré par excel­lence pour tous les Musul­mans du monde.

N’at­tends pas la nuit pour dire que le jour a été beau

N’at­tends pas la nuit pour dire que le jour a été beau

Prendre son temps. Prendre le temps pour soi comme s’il n’existait per­sonne d’autre au monde. His­toire de se recen­trer, d’évaluer pour­quoi on est là, pour­quoi on est au monde, se sen­tir un peu utile à l’ordre des choses et ne pas se dire qu’on ne fait que subir ce qui se passe. Après tout, nos actes ne sont-ils pas une part infime, mais réelle, de tout ce qui se pro­duit chaque jour dans le monde ?

Petit réper­toire des rêves d’un long été

Petit réper­toire des rêves d’un long été

J’ai tou­jours aimé les jour­nées chaudes, brû­lantes, pen­dant les­quelles je m’esquinte la peau au soleil brû­lant, tou­jours avec excès, jamais avec modé­ra­tion, jusqu’à la nau­sée, aux trem­ble­ments fébriles. Une jour­née passe et je suis à nou­veau sur pied. J’ai des sou­ve­nirs de jour­nées tor­rides, cloî­tré der­rière les stores bais­sés, dans une semi-obs­cu­ri­té d’où on ne voit per­cer que quelques fins rayons de soleil sur le tapis.

Moka au bar au Bar Bam­boo Metropole

Moka au bar au Bar Bam­boo Metropole

L’Indochine n’existe pas. Elle n’existe plus que dans les manuels d’histoire et dans les romans de Mar­gue­rite Duras, dans les récits de Fran­çois Bizot et les mémoires de guerre de Jon Swain. L’idée de l’Indochine, c’est une image sur­an­née de teintes pas­telles, empruntes de colo­nia­lisme et d’une cer­taine nostalgie.

Moka au bar au cà phê hòa tan

Moka au bar au cà phê hòa tan

Une odeur de lait chaud me cueille au petit matin, sur­pris comme un vieux chat qui aurait lou­pé une marche, une odeur de lait chaud qui me fait ins­tan­ta­né­ment pen­ser au salon d’un hôtel de Londres, non loin de la gare dont le nom est asso­cié à l’ours. Pad­ding­ton. Odeur de café brû­lant… de tar­tines grillées… de confi­ture… odeur de bacon grillé et de scram­bled eggs…

On n’en a pas fini avec Byzance, ni avec Constan­ti­nople d’ailleurs…

On n’en a pas fini avec Byzance, ni avec Constan­ti­nople d’ailleurs…

Bir varmış, bir yok­muş. Voi­là. Nous y sommes. Les lubies d’une col­lègue qui revient de voyage, un guide tou­ris­tique datant de 2007 et qui contient quelques infor­ma­tions fausses (il exis­te­rait une syna­gogue toute en bois à Fener qu’on pour­rait visi­ter, elle n’existe plus depuis 1937 et était construite en pierre), la lec­ture de mes car­nets de voyages sur mon blog (…)

Sale gosse

Sale gosse

Je suis un petit con, du haut de mon âge avan­çant, de mes che­veux poivre et sel et de ma vue qui baisse, un petit con qui fait n’importe quoi, qui agit et réflé­chit après, mais ce n’est pas grave, ça se finit tou­jours bien. Même mal, tout se passe.

Une semaine sur terre. Jour­nal du confi­ne­ment III

Une semaine sur terre. Jour­nal du confi­ne­ment III

Nuit dif­fi­cile, des rêves qui n’en finissent pas, des rêves qui pour­rissent mes matins et qui jouent avec mes peurs. Je suis un grand trouillard, j’ai des pho­bies, et je me demande si la plus grande n’est pas celle des pro­fon­deurs océa­niques. Comme je le dis à ceux qui me disent que pour un fils de Bre­ton, c’est quand-même pas de bol, je réponds que dans ma famille, per­sonne n’est marin-pêcheur, ni même marin tout court, et nous nageons tous comme des enclumes.

Le déluge au Baron d’A­lep — Par­tie 3

Thi­rion res­ta incons­cient pen­dant deux heures. On l’avait trans­por­té dans sa chambre, et le méde­cin appe­lé par Maz­lou­mian avait diag­nos­ti­qué une com­mo­tion sans gra­vi­té. Il se réveille­rait avec un mal de crâne et un trou dans la mémoire, mais rien de plus.

Le déluge au Baron d’A­lep — Par­tie 2

L’inscription ara­méenne disait : « Ceci appar­tient à la mai­son de Nabû-kudur­ri-usur, que nul ne le prenne. » Nabû-kudur­ri-usur. Nabu­cho­do­no­sor, en grec. Le roi de Baby­lone, celui qui avait détruit Jéru­sa­lem et dépor­té les Juifs, celui dont le nom réson­nait encore dans les malé­dic­tions bibliques. Mathilde avait relu ses notes trois fois pour être certaine.

Le déluge au Baron d’A­lep — Par­tie 1

Le train de Tau­rus entra en gare d’Alep avec trois heures de retard, ce qui n’étonna per­sonne. Mathilde Ver­dier des­cen­dit sur le quai dans la lumière décli­nante de novembre, sa valise à la main, son sac de tra­vail en ban­dou­lière. Elle por­tait un tailleur gris qui avait été élé­gant au départ de Bey­routh et qui ne l’était plus.

La can­ta­trice du Kämp — Cha­pitres 10 à 12

Hel­sin­ki. 1955. Elle trouve le por­trait le len­de­main de sa visite à Sibe­lius. C’est par hasard. Elle se pro­mène dans les cou­loirs du Kämp, ces cou­loirs qu’elle connaît par cœur et qu’elle redé­couvre, chan­gés et identiques.

La can­ta­trice du Kämp — Cha­pitres 7 à 9

Ber­lin. 1923.L’inflation est folle. Un dol­lar vaut quatre bil­lions de marks. On trans­porte l’argent dans des brouettes pour ache­ter une miche de pain. Les gens brûlent les billets pour se chauf­fer — c’est moins cher que le bois.

La can­ta­trice du Kämp — Cha­pitres 4 à 6

Saint-Péters­bourg. 1910. Elle arrive par le train de nuit, celui qui part d’Helsinki à onze heures du soir et qui tra­verse la fron­tière à l’aube. La Fin­lande est encore russe, à cette époque. Un Grand-Duché de l’Empire, avec ses propres lois et sa propre mon­naie, mais russe quand même. Le Tsar est le Grand-Duc. Les sol­dats russes patrouillent dans les rues. Et les artistes fin­lan­dais vont à Saint-Péters­bourg comme on va à la capi­tale, parce que c’est là que tout se joue.

La can­ta­trice du Kämp — Cha­pitres 1 à 3

Le fer­ry accoste à huit heures du matin. Novembre. Il fait encore nuit. Alma Löf­gren des­cend la pas­se­relle avec cette len­teur qu’elle a apprise à trans­for­mer en majes­té. Soixante-quinze ans. Une canne à pom­meau d’argent qu’elle n’utilisait pas il y a dix ans et qu’elle uti­lise désor­mais, non par néces­si­té mais par coquet­te­rie — une canne de diva, une canne de femme qui a chan­té Isolde et qui entend qu’on s’en souvienne.

Les nuits du Strand — Cha­pitre 6

Le der­nier jour. Lars s’est réveillé avec la lumière. Louise était déjà habillée, assise au bord du lit, son télé­phone à la main. — Mon vol est à qua­torze heures.

Les nuits du Strand — Cha­pitre 5

Le len­de­main, tout a bas­cu­lé. Lars s’est réveillé avec le bruit. Des cris, des klaxons, quelque chose qui res­sem­blait à des pétards mais qui n’en était pas. Il s’est redres­sé d’un coup. Louise était déjà debout, à la fenêtre.

Les nuits du Strand — Cha­pitre 4

Le matin est venu trop vite. Lars s’est réveillé seul dans le lit. Les draps à côté de lui étaient frois­sés, encore tièdes. Il a enten­du l’eau cou­ler dans la salle de bain, et il est res­té allon­gé, à regar­der la lumière fil­trer par les persiennes.