Oct 9, 2011 | Arts, Chambre acoustique |
Teseo (Thésée — HWV 9) est un long opéra de Georg Friedrich Haendel (j’ai appris il y a peu que le compositeur allemand s’était fait naturaliser britannique). Long car en 5 actes, ce qui est exceptionnel pour l’époque. Il n’a été joué que peu de fois depuis que son compositeur est décédé, en raison d’une grande complexité de mise en œuvre. Le thème est classique, une histoire d’amour et de rancœur ; le fils Teseo (Thésée) et le père Egeo (Égée) se disputent l’amour d’Agilea tandis que la magicienne Medea (Médée) est également amoureuse de Teseo (ouais). Au terme de rebondissements sans fin, le père et le fils se retrouveront. Créé le 10 janvier 1713, c’est un opéra écrit en italien.
Deux extraits du Teseo orchestré par Konrad Junghänel. Étonnamment, les deux rôles d’hommes, Thésée et Égée sont interprétés par des contre-ténors dans cette version audio (sur la photo, c’est une mezzo-soprano qui tient le rôle de Thésée). On ferme les yeux, et on écoute.
Acte I — Aria (Egeo): Ricordati, oh bella
[audio:Egeo.xol]
Acte II — Arioso (Medea): Dolce riposo, ed innocente pace
[audio:Medea.xol]

Photo © Haendel Festspiele
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Oct 6, 2011 | Arts, Chambre acoustique |
Le célèbre missionnaire basque Saint François-Xavier (dont le vrai nom est tout de même Francisco de Jasso y Azpilicueta) a débarqué sur les côtés du Japon, en août 1549, à Kagoshima dans le but de convertir ces terres extrêmes au culte du Dieu unique (et accessoirement d’ouvrir quelques routes commerciales profitables avec ces peuples qui n’étant pas chrétiens se trouvaient être dans le plus grand dénuement spirituel, donc sauvages) avec le succès qu’on connaît puisque les Japonais sont pour la plupart… bouddhistes shintō. Le pari de convertir un peuple dont la religion tient presque de la philosophie animiste et qui place en toute chose un esprit doué de volonté propre était un vrai challenge.
Il reste aujourd’hui au Japon quelques églises garnies de tatamis, mais il y a tout de même quelques 537 000 japonais qui se déclarent aujourd’hui Kirishitan (chrétien).
Jordi Savall et l’ensemble Hespèrion XXI, ainsi que la Capella Reial de Catalunya se sont associés pour restituer l’ambiance musicale de cette période au travers d’une expérience mettant en scène des musiciens “occidentaux” sur les pièces de musique sacrée et des musiciens japonais pour les pièces de l’époque dite du commerce Namban ou Nanban (ou période du commerce avec les barbares du sud — 南蛮貿易時代).
Nanban (南蛮, littéralement « Barbare du Sud », aussi retranscrit Namban) est un mot japonais qui désigne à l’origine la population d’Asie du Sud et du Sud-Est, suivant un usage chinois pour lesquels les peuples « barbares » situés dans les quatre directions ont une désignation spécifique en fonction de celle-ci. Au Japon, le mot prend un nouveau sens pour désigner les Européens lorsque ceux-ci arrivent au Japon à partir de 1543, d’abord du Portugal, puis d’Espagne, puis plus tard des Pays-Bas et d’Angleterre. Les Néerlandais, Anglais et Russes sont alors plus souvent surnommés Kōmō (紅毛), ce qui signifie « cheveux rouges ». Le mot Nanban est alors considéré comme approprié pour les nouveaux visiteurs, dans la mesure où ils viennent du Sud par bateau, et dans celle où leurs manières sont considérées comme non sophistiquées par les Japonais. (Wikipedia)

Voici une très belle pièce de cet album, composée par Cristóbal de Morales, une pièce méditative représentative de ce superbe travail orchestré par Jordi Savall.
Regum cui, invitatorium.
[audio:morales.xol]

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Oct 4, 2011 | Livres et carnets, Sur les portulans |
Parfois, je ne cherche pas, mais je trouve quand-même…

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Oct 2, 2011 | Sur les portulans |

Au XVIIIè siècle, la marine sort de sa vision empirique de la construction des navires et les chantiers navals perfectionnent leurs méthodes, en optant pour des bateaux moins décorés (les proues et ornements en tout genre alourdissants la coque, les parements des sabords, du château de poupe, des pilastres et des balcons, sans parler des couronnements…), que ceux des flottes des XVIè et XVIIè siècle, où le prestige d’une armée se mesurait à la beauté de ses ors et à la charge de ses sculptures de chêne telles qu’on pouvait en voir sur les galions.
C’est notamment sur les chantiers navals de Deptford, en Angleterre, que les prestigieux navires de la Royal Navy firent place peu à peu à des navires plus légers, moins décorés, de plus faible tonnage et surtout beaucoup plus élancés : les frégates. C’est sur ces chantiers qu’on changea également la façon de mailloter les carènes. Jusqu’alors, on protégeait la carène avec de la bourre, de la poix et de la chaux, voire du verre pilé et on la maillotait avec des clous à tête large. L’inconvénient de cette méthode, à une époque où les expéditions dans les mers chaudes deviennent monnaie courante, est que les coquillages et les algues en tout genre se fixent en nombre sur la carène, l’alourdissant et le freinant. On voit alors apparaître les premières couvertures en cuivre, permettant de diminuer la surface d’adhérence pour les coquillages et ainsi prévenir du pourrissement. On sait alors le succès que connurent ces frégates sur toutes les mers du monde…

Toutes les illustrations proviennent du site du National Maritime Museum de Londres.
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Oct 1, 2011 | Livres et carnets |

Voilà bien une expression que j’ai souvent utilisée, mais dont je ne me suis jamais posé la question de l’origine. « De but en blanc » signifie dans le langage imagé de façon abrupte, soudaine, avec une idée de “droit au but”. Dans la langage de l’artillerie navale, le but en blanc traduit bien cette idée, car le but (ou butte) est le monticule sur lequel on plaçait le canon pour tirer (et non le but à atteindre) et le blanc correspond au cœur de cible qu’on peignait en blanc pour les exercices. « De but en blanc » est donc le chemin le plus court de la trajectoire du canon depuis le canon à la cible. Alors, me direz-vous, existe-t-il une trajectoire plus ou moins courte pour un boulet de canon ? A priori, on imagine mal le boulet faire une autre trajectoire que celle qui est la plus courte, en passant peut-être par un ou deux virages, un salto arrière et une triple axel. En fait, il existe des tirs plus ou moins tendus et pour une cible à moyenne portée, une infinité de trajectoires plus ou moins tendues. Le but en blanc est une trajectoire optimale, comme on peut le voir sur la figure 9 de l’illustration ci-dessous, l’intersection entre la ligne de tir et la ligne de mire naturelle, calculée par rapport à la charge de poudre utilisée, au poids du boulet et à la longueur du fût.
Voici également la définition que j’en ai trouvé.


Toutes les illustrations sont extraites de mon très beau et passionnant dictionnaire de la marine à voile, par Bonnefoux et Paris (1856) aux éditions de la Fontaine au Roi (1994), que mes grands-parents m’ont acheté à Caen en 1996.
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