Oct 1, 2011 | Livres et carnets |

Voilà bien une expression que j’ai souvent utilisée, mais dont je ne me suis jamais posé la question de l’origine. « De but en blanc » signifie dans le langage imagé de façon abrupte, soudaine, avec une idée de “droit au but”. Dans la langage de l’artillerie navale, le but en blanc traduit bien cette idée, car le but (ou butte) est le monticule sur lequel on plaçait le canon pour tirer (et non le but à atteindre) et le blanc correspond au cœur de cible qu’on peignait en blanc pour les exercices. « De but en blanc » est donc le chemin le plus court de la trajectoire du canon depuis le canon à la cible. Alors, me direz-vous, existe-t-il une trajectoire plus ou moins courte pour un boulet de canon ? A priori, on imagine mal le boulet faire une autre trajectoire que celle qui est la plus courte, en passant peut-être par un ou deux virages, un salto arrière et une triple axel. En fait, il existe des tirs plus ou moins tendus et pour une cible à moyenne portée, une infinité de trajectoires plus ou moins tendues. Le but en blanc est une trajectoire optimale, comme on peut le voir sur la figure 9 de l’illustration ci-dessous, l’intersection entre la ligne de tir et la ligne de mire naturelle, calculée par rapport à la charge de poudre utilisée, au poids du boulet et à la longueur du fût.
Voici également la définition que j’en ai trouvé.


Toutes les illustrations sont extraites de mon très beau et passionnant dictionnaire de la marine à voile, par Bonnefoux et Paris (1856) aux éditions de la Fontaine au Roi (1994), que mes grands-parents m’ont acheté à Caen en 1996.
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Sep 28, 2011 | Arts, Chambre acoustique |
Delphine Galou (“Radamisto” (Xenobia) -
Händelfestspiele Karlsruhe — 2009)
Je poursuis ma quête des œuvres baroques les plus belles, les plus spectaculaires, et je trouve dans l’acte I de l’opéra de Haendel (dans l’acte II se trouve le très fameux Lascia ch’io pianga — permettez que je pleure — dont Farinelli aurait fait, selon la légende, un pur moment de plaisir) ces deux arias du très récitatif Radamisto (HWV 12a/12b).
Radamisto, c’est une histoire tragique d’un amour contrarié par un tyran qui convoite la femme d’un autre et se range à la raison en s’en détournant pour revenir vers son épouse.
L’enregistrement est celui d’Alan Curtis avec Il Complesso Barocco (2009)1.
Le premier aria est Stragi, morti, sangue ed armi, un air martial et entraînant, pompeux de l’amoureux tyrannique Tiridate.
Le second est Tu vuoi ch’io parta, beaucoup plus doux et lancinant, une complainte de la femme bafouée et fidèle Polissena, un des plus beaux morceau de l’opéra.
[audio:Aria- Stragi morti sangue ed armi.xol]
[audio:Aria- Tu vuoi chio parta.xol]
Note :
(1) Donc, rien à voir avec la photo.
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Aug 31, 2011 | Passerelle |

Paimpol, août 2011
Ce qu’on garde pour soi,
l’expérience nous prouve qu’on n’en fait rien.
Nicolas Bouvier
A quoi servent les nouvelles constructions ? Une construction est un agencement de savoir-faire et de connaissances, d’aspirations et de dispositions mentales qui nous permettent de développer des univers dans lesquels on éprouve sa propre vie, en dehors de toute immanence. C’est certainement ce genre de choses qui, en ce qui me concerne, me permet de me lever tous les matins et de continuer à désirer pour ne pas me noyer dans le quotidien. Je ne sais plus quel écrivain disait qu’il fallait perpétuellement placer son désir en toute chose, sans quoi notre bonheur nous rendra malheureux, et c’est précisément ce qui maintient en vie, remplir des manques, ne pas se laisser envahir par la frustration de l’impossibilité d’agir ou d’accomplir.
Je suis toujours en recherche de ces désirs et lorsqu’un désir est comblé, je fais toujours en sorte de maintenir quelque chose dans la visée de mon désir pour ne pas retomber dans l’apathie.
Aujourd’hui je commence à regretter un temps où ma présence sur l’espace public d’internet au travers de mon blog était forte et prégnante, une présence au travers de laquelle je pouvais adopter une posture qui remplissait certains vides de mon existence. Le déclin de ma présence n’a pas pour autant signifié que ce vide était rempli par autre chose et dans une certaine mesure, j’en suis persuadé de plus en plus a posteriori, cela m’a affecté. J’ai essayé divers stratagèmes comme vider toute parole de ma présence ou concentrer mes recherches sur des sujets pour lesquels je ne montrais pas forcément un intérêt pointu, en vain.
Je me pose aujourd’hui une nouvelle fois la question de savoir comment mettre en forme mes petites constructions, sans copier l’existant, sans élaborer de grands axes de progression qui seront au final aussi vide que le grand vide. Il y a fort à parier qu’on y entendra beaucoup parler de ce que je fais, de mon métier et des réflexions qui sont portées au sein de mon exercice, car si aujourd’hui je travaille dans l’insertion professionnelle, ce n’est pas un hasard ; apprendre et toujours se passionner ne trouve pas de finalité si l’on ne restitue pas, si on ne partage pas ses petites constructions pour que la transmission se fasse, et donne naissance à de nouvelles autres petites constructions…
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Aug 31, 2011 | Passerelle |

Le perroquet suédois cesse de voler. Il a vécu deux ans à un rythme relativement calme.
Il a commencé à voler à une période de ma vie où la passion du travail s’étant évanouie, j’avais le pouvoir de me poser et d’écrire de belles choses, j’avais le temps et la disponibilité d’esprit pour me permettre le songe de l’écriture douce. Et puis pendant ces deux dernières années, une cassure dans ma vie. Et un nouveau travail, beaucoup plus passionnant, de nouveaux objectifs, la perspective de me lancer dans de nouveaux défis, beaucoup plus gratifiants… Mais les bonnes choses ont une fin.
C’est toujours une fêlure au cœur que de laisser autant de choses derrière soi. Tant pis. Je suis fier de ce que j’ai accompli, je l’ai aimé ce blog, j’ai aimé écrire ici, mais à présent, je vais poser mes bagages ailleurs. La perroquet suédois est mort, vive Electrolotus…
Le temps pour moi de récupérer tout ce qui se trouve ici pour l’archiver et pouvoir le remettre à disposition plus tard, la fermeture définitive aura lieu aux alentours du 3 septembre.
D’autre part, j’ai reçu il y a peu une invitation pour gérer un forum sur la littérature, ce qui vous l’imaginez me ravit (à tous les sens du terme) : une nouvelle occupation qui risque de me prendre un peu de temps et dont je vous tiendrai informé dès lors qu’il sera ouvert.
Bon vent !
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Jul 28, 2011 | Arts |

Il suffit parfois de regarder autour de soi et on se trouve satisfait, au moins pour un temps. Je viens de découvrir une brochure du Conseil Général mettant en avant le patrimoine de la région et notamment quelques peintres méconnus du grand public. Parmi ceux-ci, Norbert Gœneutte (1854–1894), peintre qui s’est illustré à Auvers-sur-Oise, patrie d’adoption de Van Gogh, auprès de qui il est enterré. Il fait partie de ces artistes peu connus qui ont pourtant donné leur vie à leur art, morts trop jeunes, trop tôt…
Ci-dessus, une vue de l’avenue de Clichy à Paris, une vue incroyablement belle donnant corps au Paris de la fin du XIXè siècle.
C’est le temps des vacances, il est temps de laisser place vacante et de faire le plein de culture pour revenir en septembre avec le plein de collections…
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